CHAUVIGNY EN 1553

 

 Sommaire

 

INTRODUCTION

Chauvigny avant 1553 - Un instantané en août 1553 - Le registre G 8 189 des archives départementales - Un extrait du registre - Économie de l'ouvrage

La ville et les faubourgs : Les enceintes - Les voies - Les quartiers - Les églises et les châteaux - Les maisons et les jardins dans la ville - Les faubourgs

Les charges des immeubles : Leur nature - Transmission et litiges - La valeur des cens et des rentes -  Tenanciers et fermiers - Notes du chapitre

Les personnes :  Les noms -  Les hommes d'Église - Les notables - Les nobles - Les autres habitants - Les alliances - Les relations avec l'extérieur - Notes du chapitre

Eglises et chapelles : La collégiale Saint-Pierre - Saint-Martial - Saint-Just - Saint-Léger - Saint-Pierre des Eglises - Les chapelles - Eglises et communautés extérieures - Notes du chapitre

Fiefs et seigneuries : La seigneurie de l'évêque - Le fief du prieuré - Le fief de Verre - Le fief de la Talbâtière - Le fief de Migné - Le fief d'Artiges - Le fief de Flins - Le fief de l'Age - Autres fiefs et censives - Notes du chapitre

LA HAUTE VILLE

Rue St-Pierre - Rue Porte Chevreau est - Rue du Laurier - Rue des Puys - Près l'église St-Martial - Rue Porte Chevreau ouest - Marchés - Quartier du Donjon

LA BASSE VILLE

Rue de l'ancien pont nord - Rue Faideau nord - Rue de l'Ancien Pont sud - Rue Faideau sud - Rue du moulin Saint-Léger - Rue Faideau sud (suite) - Rue du moulin Saint-Just - Rue du Berry ouest - Rue du Berry est - Rue de la Paix ouest - Rue Vassalour - Rue de la Paix ouest (suite) - Rue de la Paix est - Rue de Châtellerault ouest - Rue du Port - Rue de Châtellerault est - Rue Pouzillard - Cimetière de Saint-Léger - Quartier des Châtelliers - Rue du Marché nord - Rue du Marché sud - Quartier des Barrières - Mal localisés en ville

LES FAUBOURGS

Faubourg nord - Faubourg nord-ouest -  Faubourg ouest (rive gauche de la Vienne) - Faubourg sud - Faubourg est

DIVERS

Petit Peu - Rue de la Grande Ecole nord - Les Pruniers - Entre les Pruniers et les Barrières -  Marais - Immeubles mal localisés

 TABLEAU SOMMAIRE : Haute ville - Basse ville - Faubourgs - Divers

INDEX : Des noms de personnes - Topographique et toponymique - Général

 

Il n'existe pas d'étude sur la topographie historique de Chauvigny. On s'est intéressé séparément aux châteaux, aux églises, aux murs et aux portes d'enceintes, aux maisons anciennes, aux hôtelleries, aux moulins, aux souterrains, mais non au développement de la ville au cours des siècles. Charles Tranchant a bien publié des notes sur les voies, carrefours et places, relevées par l'archiviste Rédet en dépouillant les titres et les registres du chapitre local, mais sans les exploiter dans la perspective de l'évolution de la localité. Le présent travail est un essai de reconstitution de Chauvigny au milieu du XVIe siècle, plus précisément en août 1553, destiné à fixer un stade de cette évolution. Il nous a paru utile de le faire précéder d'une vue générale sur les siècles antérieurs, évidemment limitée, et en partie hypothétique en ce que nous avons cherché à tirer parti d'indices autant que de documents irréfutables.

Chauvigny avant 1553

Si l'on s'en tient à la signification de son nom, la petite ville de Chauvigny a pour origine une "villa" gallo-romaine appelée Calviniacum. Ainsi, elle ne se distingue pas de nombreux bourgs, voire de simples villages ou hameaux, qui sont comme elle issus de centres d'exploitation de l'époque impériale. Dans son entourage immédiat, Aillé, Boussec, Pressec, Tessec et Virec sont aussi d'anciennes "villas" mais qui n'ont engendré que de modestes groupements humains. L'ancien Calviniacum doit son développement urbain à sa situation sur une grande voie ouest-est, au passage de la Vienne, qui en a fait une ville étape. Cependant cette position n'est pas la seule explication : un ruisseau affluent de la rivière, qui suit la même direction que la voie, a permis de construire des moulins dont les roues ont tourné durant de longs siècles, faisant de Chauvigny un petit centre d'artisanat et de commerce. Mais c'est l'aptitude à la défense du site où s'est développée la ville haute qui a été déterminante pour la fixation du point de passage de la Vienne, dans les temps troublés du haut Moyen Âge. En effet, un embryon urbain s'était d'abord développé à quelques centaines de mètres au sud, à l'endroit où la voie impériale de Poitiers à Bourges franchissait la Vienne, au lieu appelé actuellement les Églises, et ce groupement humain a disparu. On perçoit ainsi une concurrence entre l'éperon triangulaire de la ville haute, facile à "barrer" au nord, et la vallée des Églises, en partie inondable, que les ingénieurs ont fait traverser par une voie militaire parce que cette voie trouvait un accès naturel et facile à la Vienne, sur l'autre rive, par une gorge à pente raisonnable située à hauteur des Églises. Il est évident que l'abandon de cette voie et du lieu des Églises est en relation avec la disparition de "la paix romaine" et l'avènement d'une longue période d'insécurité qui a privilégié le site de la ville haute, site que des fouilles récentes ont d'ailleurs montré occupé dès l'époque néolithique.

Le terroir chauvinois a possédé cinq églises : Saint-Pierre et Saint-Martial en ville haute, Saint-Léger et Saint-Just [aujourd'hui Notre-Dame] en ville basse, autre Saint-Pierre aux Églises, sans compter un petit édifice à Aillé, désigné tantôt comme chapelle, tantôt comme église et même centre paroissial. Le découpage des paroisses met en évidence l'antériorité de l'église Saint-Pierre des Églises; en d'autres termes, on restitue une grande paroisse primitive s'étendant de part et d'autre de la Vienne, dont l'église est actuellement bien isolée dans son petit cimetière protégé des crues de la rivière par une terrasse. De quand date Saint-Pierre des Églises ? Les études les plus récentes tendent à proposer le Xe siècle pour les fresques bien connues qui en ornent le choeur mais la fondation est certainement plus ancienne. Est-ce l'église du groupement humain qui s'est constitué ici, au contact de la voie romaine, comme le supposait R. Crozet ? On ne saurait privilégier cette hypothèse, les fouilles de la Société de Recherches du Pays Chauvinois n'ayant pas révélé d'occupation postérieure au IVe siècle. Il faut attendre de posséder une meilleure connaissance archéologique du site pour avoir des chances d'y voir plus clair.

Quant au processus de segmentation de la paroisse d'origine, la restitution en est évidemment hasardeuse. Il semble toutefois que Saint-Pierre de la ville haute soit la seconde fondation, en relation avec la faveur dont jouissent les centres défensifs dans le haut Moyen Âge. Cette réplique du petit édifice des Eglises, dédiée au même saint, prendra rapidement le pas sur l'église mère; elle sera pourvue d'un collège de chanoines et on la reconstruira à l'époque classique avec des dimensions en rapport avec son importance. Saint-Léger doit correspondre à la création d'une ville basse, le long du bras nord du ruisseau canalisé pour recevoir des moulins; fondée au Xe siècle au plus tard, elle apparaît en pleine lumière aux environs de 1025, avec son cimetière, quand l'évêque de Poitiers, seigneur de Chauvigny, décide d'ériger une nouvelle église à proximité. Celle-ci, dédiée d'abord au Saint-Sépulcre, peu après à Saint-Just, est fondée comme église monacale, avec le droit de sépulture mais non le droit paroissial. L'évêque Isembert 1er la confie aux moines de Saint-Cyprien de Poitiers, avec mission d'édifier un "bourg", c'est-à-dire un nouveau quartier, dans un terroir délimité au nord et au sud par les deux bras du ruisseau, à l'ouest par le cimetière de Saint-Léger et à l'est par un pré du domaine épiscopal. Une fondation demeure dans l'ombre, celle de Saint-Martial, qui s'explique peut-être par un accroissement de la population de la ville haute.

Le Calviniacum gallo-romain n'était d'accès facile qu'au nord. Dans les autres directions, on se heurtait à de rudes pentes s'élevant au-dessus de terrains plus ou moins marécageux parcourus par les bras d'un ruisseau prompt à se gonfler démesurément à la fin d'une longue saison de pluies. Sur la rive gauche de la Vienne, un chemin venant de Gençay par Fleuré, Tercé et Pouillé, aboutissait à la Maladrerie. Il semble bien qu'il continuait en ligne droite jusqu'à la rivière, pour franchir celle-ci à la hauteur du sentier des Champs Marsay et gagner ensuite l'actuelle ville haute par la pente ardue de la rue de la Grande École.

Jusqu'en 1833, l'artère principale de Chauvigny a été l'ensemble rue de l'Ancien Pont - rue Faideau, qui apparaît clairement sur les plans de la ville comme une voie menant le plus directement possible de l'ancien pont au château principal, au nord du ruisseau. Ce pont est signalé aux environs de 1085 mais le passage de la Vienne en ce lieu, de quelque manière qu'il se fût effectué, est certainement antérieur. Le voyageur venant de Poitiers, après avoir rejoint le chemin de Gençay en vue de la ville haute, gagnait la Maladrerie et empruntait un court tronçon du chemin de Bonnes à Morthemer avant d'accéder au pont. L'emplacement de ce dernier, qui obligeait à un détour, a été choisi pour permettre un accès direct au château à partir de la rive gauche, alors que le franchissement primitif de la rivière a été effectué en vue d'un accès analogue au sommet de l'éperon. Ce nouveau parcours, justifié par l'emplacement de la forteresse, présentait l'avantage de permettre le développement d'un "bourg" le long du ruisseau.

A l'époque de la fondation de l'église Saint-Just, vers la fin du premier quart du XIe siècle, un chemin part de l'extrémité est de la rue Faideau, en direction du sud; il conduit directement à Saint-Martin-la-Rivière. Il est doublé par un autre qui conduit aux Eglises en contournant à son départ le terrain donné aux moines de Saint-Cyprien de Poitiers et en empruntant dans sa partie finale une section de la voie romaine. Le premier a été coupé dans la traversée de ce terrain, à la suite de la construction de l'église; la rue du Moulin Saint-Just et la rue de la Varenne en sont les vestiges. Le second a été abandonné comme voie directe de Chauvigny aux Eglises mais son tracé se reconnaît dans une portion de la route de Montmorillon, le chemin de Chantegreliou et le chemin d'accès aux Eglises à droite de la route de Saint-Martin. Actuellement il est presque délaissé depuis l'endroit où il rejoint la voie romaine jusqu'à son intersection avec la route de Saint-Martin. A une époque indéterminable mais très ancienne, il a été relié au chemin de la Varenne par une voie qui rejoignait ainsi le premier chemin de Saint-Martin; c'est l'actuelle rue du Bas-Bourg. Quant à la rue de Saint-Martin qui, dans le Haut- Bourg, double la précédente à une distance qui ne dépasse pas la profondeur d'une maison, nous ne percevons pas en quelles circonstances elle a pu être ouverte.

Les relations avec Saint-Savin ont de tous temps été difficiles. La sortie de la ville s'effectuait par la chaussée de l'étang, à partir du grand château et du quartier des Barrières, ou par la rue Jean Arnault, à partir de la porte de l'Aumônerie. Dès le Poirier, le grand chemin du Berry se heurtait à de pénibles dénivellations, notamment dans la traversée d'une vallée sèche sujette à de brusques afflux d'eau en saison pluvieuse. Dans les temps modernes, une déviation radicale qui empruntait le chemin de la Fontaine et traversait la forêt de Mareuille n'a pas résolu le problème. Chauvigny a dû attendre le percement de la Bellevue pour que ses communications avec le Berry soient enfin convenables.

L'aménagement des quartiers et l'organisation du système défensif ne peuvent être qu'entrevus, surtout à l'aide des archives de la collégiale Saint-Pierre, et ce à partir du XIVe siècle seulement. Les Châtelliers, dans la paroisse Saint-Léger, sont désignés en 1314. Dans le haut Moyen Age, on appelait châtelliers des ruines considérées à tort ou à raison comme des vestiges de constructions militaires; rien ne permet actuellement d'expliquer le nom de ce quartier. Les Barrières apparaissent en 1322, avec le "grand étang" et la porte Coppin qui délimite au nord ce quartier fortifié. Le Donjon, qui est en ville haute le coeur de la forteresse, est mentionné en 1368 et peu après, en 1381, l'occasion nous est offerte de découvrir la porte Brunet, sur l'enceinte extérieure de la ville haute.

La partie de la ville basse qui a été la plus récemment bâtie est le terroir donné à Saint-Cyprien de Poitiers vers 1025; comme nous le verrons, le "bourg" prévu par Isembert 1er n'existe encore pas en 1553. Par contre le chemin du "carroir Piet" aux Eglises a attiré de bonne heure les constructions parce qu'il constituait une voie de sortie vers Saint-Martin-la-Rivière, après le sectionnement du chemin direct mentionné plus haut. En 1309, dans son aveu du fief de la Talbâtière, Hamon de Chauvigny signale quelques maisons au contact du ponceau sur le Montauban; c'est l'amorce de la rue de la Paix, qu'il ne désigne pas. Le nom de la voie apparaît en 1370 : vicus de Trilia, c'est-à-dire "rue de la Treille". Son peuplement a déterminé la création d'une paroisse Saint-Just, inexistante encore quand l'évêque Gauthier de Bruges (1279-1305) faisait dresser un état du diocèse. Comme elle constituait l'essentiel de la partie habitée de la paroisse, elle a été ensuite appelée rue Saint-Just. Quant aux murs de cette partie de la ville, qui dessinent un angle aigu ouvert en direction du nord, ils ont évidemment été édifiés pour protéger cette rue. L'aumônerie qui a donné son nom à la porte a été fondée avant 1295, par un seigneur de Montléon, vraisemblablement à la sortie de la ville, selon un usage observé ailleurs. Elle était contiguë à cette porte, contournée sur deux côtés par les murs et les douves et délimitée sur un troisième par un canal de ceinture de marais.

Ces maigres données ne permettent évidemment pas de reconstituer chronologiquement le développement urbain mais il faut bien s'en satisfaire, en attendant d'éventuelles indications complémentaires.

Il est admis aujourd'hui que le terroir de la ville haute était un domaine de l'évêché de Poitiers et que le château principal appartenait aux évêques parce qu'il avait été édifié dans ce domaine. On ignore cependant quand et comment l'évêché a été introduit dans la place et dans quelles conditions la forteresse a été édifiée et gardée à haute époque. Pour Vivonne, autre château épiscopal, nous avons quelques précisions sur la situation aux environs de 1015 : on voit alors le comte de Poitiers convenir avec l'évêque Gilbert de la désignation d'un soldat pour commander la place; c'est ainsi que les évêques perdront la domination directe à Vivonne. Ils perdront également cette domination à Angles où les Lusignan seront introduits dans des conditions d'ailleurs mal connues, au moins depuis l'épiscopat de Pierre II. A Chauvigny, aucun indice ne permet de supposer que les prélats ont jamais abandonné le contrôle direct du château.

Par contre, on y observe une grande fragmentation en fiefs qui surprend quelque peu : trois tours, comme on disait aux XIIe et XIIIe siècles, trois châteaux selon l'expression actuelle, se partageaient avec le château des évêques l'étroit espace appelé le Donjon. La "tour Oger", devenue "le château de Montléon", a été tenue par une famille qui apparaît en relations avec les évêques dès le Xe siècle mais sans qu'on puisse déterminer la nature de ces rapports. Le château d'Harcourt est bien connu comme patrimoine des vicomtes de Châtellerault mais on n'y rencontre ces derniers qu'à partir du XIIIe siècle. Quant au château de Gouzon, il doit son nom à une famille du Bourbonnais qui l'a obtenu par alliance, tardivement. On est donc réduit aux hypothèses au sujet des origines de ces fiefs. René Crozet a supposé que les détenteurs étaient des "hommes du comte installés à côté de l'évêque". Il est évident que l'organisation de la place forte n'a pu se réaliser sans l'assentiment du comte mais une installation autoritaire des hommes de ce dernier nous semble exclue. Nous inclinons à croire que la segmentation est le résultat de concessions faites à des membres de la famille des trois évêques qui se sont succédé d'oncle à neveu entre 975 et 1086 : Gilbert, Isembert 1er et Isembert II. Ce dernier (1047-1086) était apparenté aux vicomtes de Châtellerault parce que son père avait épousé la veuve d'un vicomte qui avait deux fils; c'est probablement à lui que les Châtellerault doivent leur introduction dans la place de Chauvigny, par conséquent avant 1086. D'autre part, Isembert II avait un cousin germain, Isembert Sendebaud, qui est à l'origine d'une famille Sennebaud qu'on rencontre à Chauvigny jusqu'au milieu du XIIIe siècle. Ce cousin a cherché à lui succéder à l'épiscopat, en vain, mais il a dû recevoir en "bénéfice", comme on disait alors, une partie du domaine épiscopal qui est à l'origine du fief de Gouzon.

Un instantané en août 1553

Notre présentation de Chauvigny en 1553 se fonde sur l'analyse d'un document d'une richesse exceptionnelle, un état des cens et des rentes perpétuelles dont étaient grevés à cette date les immeubles de la ville et des faubourgs. On ne s'étonnera pas que nous n'ayons pas étendu nos investigations à d'autres sources, notamment aux archives de la collégiale Saint-Pierre, aux titres de l'évêché de la même époque et aux minutes de notaires : dénombrements de fiefs, si précis soient-il, comptes de seigneuries, déclarations de censitaires ou transactions n'apporteraient éventuellement que des compléments de détail dont l'intérêt serait sans commune mesure avec le travail de recherche qu'ils exigent. Nous présentons donc un instantané de Chauvigny au mois d'août 1553, peu avant les troubles religieux, instantané qui n'est pas exempt de zones d'ombre mais qui pourra être retouché à l'occasion. Il présente au moins l'intérêt de mettre en lumière la disposition topographique, l'état de la propriété foncière, les institutions locales et la composition de la population, du moins en partie.

 Le registre G 8 189 des archives départementales

Nous ignorons quand sont parvenues à Chauvigny des lettres patentes datées du 14 juillet 1553 par lesquelles le roi ordonnait aux "maire, gouverneur ou échevins" de procéder à l'enregistrement des cens et des rentes perpétuelles de la ville et des faubourgs, conformément aux déclarations des intéressés, et comment les officiers de la baronnie ont transmis les ordres royaux aux nombreuses personnes et collectivités concernées. Les déclarations ont été reçues et enregistrées du 9 au 19 août 1553, à en juger d'après le dates sous lesquelles elles figurent et d'après une mention liminaire : "icelles [déclarations] commancées à estre fournyes le neufiesme jour d'aougst dict an [1553] et finyes le dix neufiesme jour dudict mois d'aougst de la mesme susdicte année". Cependant celles qui sont reproduites sous la date du 19 août sont trop nombreuses ou trop longues pour avoir été transcrites en une journée. Plusieurs déclarations écrites, parmi les plus étoffées, sont datées de ce même 19 août qui semble avoir été le terme fixé pour l'enquête. Quelques-unes sont même datées des derniers jours du mois : 28 et 31. Quoi qu'il en soit, le sénéchal de la baronnie, Aimé Lucas, son lieutenant, Mathurin Doré, l'un et l'autre "commissaires" désignés pour les recevoir, et le greffier, Guy Begaud, n'ont pas dû avoir la tâche facile pour interpréter et transcrire, en un laps de temps limité, des déclarations orales parfois confuses, hésitantes ou imprécises, dont le nombre allait croissant au fur et à mesure que s'approchait le terme prescrit. Ils ont travaillé même le dimanche 13 août, où Pierre Maisonnier, avocat et bourgeois de Poitiers, s'est présenté pour effectuer une déclaration orale, et le jour de l'Assomption, où Cosme Goupil est venu déposer la déclaration écrite de René Berthelot, signée la veille à Poitiers, qui a été transcrite dans la journée. Dans les périodes de répit que lui laissaient les interventions des déposants, le greffier a copié les déclarations écrites, tantôt le jour de leur dépôt, tantôt plus tard.

Le registre original a disparu; celui des archives départementales en est une copie. Les circonstances dans lesquelles la copie a été délivrée au chapitre local sont ainsi mentionnées : "lequel extraict a esté dellivré à messieurs les chantre, chanoines et chapittre de Chauvigny, suivant l'ordonnance et commission et au désir des causes en icelle portées, de monsieur de Lauzon, juge séneschal de ceste dicte ville de Chauvigny, enjoignant à mestre Pierre Doré le Jeune, entre les mains duquel sont de présant lesdictes déclarations, d'en dellivrer ledict estraict ausdictz sieurs et laquelle commission a esté mise et escripte au long, au pied de ce dict extraict signé dudict Doré, lequel a lesdictes déclarations qui luy ont esté mises pour cest effet entre les mains par Anne Begaud, vesve de feu Me Abel Doré, icelle dicte Begaud fille de Me Jacques Begaud filz et hérittier de Me Guy Begaud, greffier, qui avoict receu ledict papier desdictes déclarations".

En fait, l'ordonnance du sénéchal, qui nous aurait fait connaître la date de la copie, et les instruments d'authentification, en particulier la signature de Doré, ne figurent pas dans le registre, de sorte que celui-ci n'est peut-être qu'une copie informe de l'"extrait" délivré au chapitre. Pour situer l'"extrait" dans une fourchette de dates, il faudrait connaître la chronologie des sénéchaux de Chauvigny. Ch. Tranchant donne une liste pour le XVIIe siècle, dans laquelle figurent Jacques et Pierre Delauzon, mais sans autre précision. On voit cependant que c'est à la génération des petits-enfants du greffier Guy Begaud que le chapitre a obtenu sa copie. Jacques Begaud, fils de Guy et lui aussi greffier de la baronnie, qui a dû recevoir de son père le registre original, est décédé avant 1623. Sa fille Jeanne, qui semble être une cadette, n'était pas encore mariée en 1643 mais Anne, à qui a été dévolue la garde du registre, pouvait être veuve plus tôt. En somme, l'"extrait" est datable de la première moitié du XVIIe siècle.

Le registre des archives départementales, relié en basane, compte 133 feuillets de papier au format 27 X 41, numérotés à partir du second, le premier étant réservé à la présentation du texte. L'écriture est ample et régulière. La ligne ne mesure que 14 cm. Les déclarations sont séparées par des espaces. Il manque le texte des quatre premiers feuillets de l'original qui avaient disparu; il s'agit des déclarations du premier jour qui peuvent concerner vingt à vingt-cinq cens ou rentes.

En principe chaque cens ou rente a été déclaré deux fois : par le bénéficiaire et par le débiteur. En fait certaines charges ne sont connues que par une seule déclaration, à causes d'omissions, de défauts de déclaration ou de l'absence des premiers feuillets de l'original. Il semble que le court délai prévu pour l'enquête ait surpris certaines personnes, notamment celles qui étaient éloignées de Chauvigny ou qui avaient à présenter d'assez longues déclarations écrites, rédigées à partir d'archives plus ou moins bien tenues. D'autre part, il n'existe pas de déclaration pour l'évêque baron qui était de loin le principal seigneur foncier. On ne peut ainsi contrôler tous les "devoirs". D'ailleurs, quand ce contrôle est possible, on constate parfois des divergences sur les montants, les termes, les parts dans les indivisions, voire la nature des charges, divergences imputables à des erreurs de déclarants, à des différends entre les intéressés, à de mauvaises interprétations par le greffier de déclarations orales plus ou moins confuses, ou tout simplement dues à des fautes de transcription. Tout compte fait, malgré ses imperfections, ce document est riche d'enseignements, plus riche qu'un dénombrement détaillé de fief, qui ne mentionnerait pas les rentes foncières et qui ne concernerait qu'une partie de l'espace urbain.

Un extrait du registre

Afin de donner une idée de la présentation, voici une courte déclaration orale et un extrait de déclaration écrite :

"Au dixiesme jour d'aougst, l'an mil cinq cens cinquante troys.

Ledict jour Mathurin Blouin a déclaré debvoir au seigneur baron de cette ville de Chauvigny, à cause de sa dicte baronnye, la quarte partye de vingtz solz tournois de rente foncière par chaiscun an, chaiscunes festes de Nouel et sainct Jehan Babtiste par moictyé;

Plus déclare debvoir six solz trois deniers tz faisant la quarte partye de vingt cinq solz tz aux chantre, chanoines et chapitre de cette ville, par chaiscun an, à chaiscunes festes de Nouel et sainct Jehan par moictyé, le tout desdictes rentes dheues pour raison de la maison où ledict Blouin se tient, assize en cette dicte ville, tenant à la maison de Pierre Ferron, d'aultre au fondys et jardrin de Guillemine Pain, vesve de feu Jehan de la Roche. Dont ledict." (fol. 1r).

"Je, Guillemette Sarrazin, vesve de feu Pierre de la Chaussée, tant en mon nom que comme tutrice naturelle et ayant l'administration de Jeanne et Louise de la Chaussée, mes filles, et Laurens de la Chaussée, pbre, déclarent [sic] à vous, Messieurs les Commissaires ordonnez et deputez de par le Roy nostre Sire à recepvoir les déclarations des cens et rentes féodalles et foncières et non racheptables deubz pour raison des maisons et jardrins de la ville et faulxbourgz de Chauvigny, suivant l'édict dudict seigneur, tenir les maisons et jardrins cy après articulez et confrontez, subjectz aux cens et rentes y contenuz et désignez, ensemble les rentes à moy, dicte Sarrazin, dheues sur les lieux ci dessoubz articulez et confrontez comme s'ensuict;

Premièremant tenons la maison en laquelle nous faisons nostre demeurance, avec le jardrin estant par le derrière d'icelle, assys en la paroisse de Sainct Just dudict Chauvigny, tenanz d'une part à la maison de Légier Rousseau et d'aultre à la maison de Mathurin Bouchet, pour laquelle nous payons par chescun an, es festes de Nativittez Nostre Seigneur et sainct Jehan Babtiste par moictyé, aux sieurs des Gisliers, douze solz six deniers tz de rente et deux deniers de cens;

Item moy, dicte Sarrazin, tiens ma maison, grange et jardrin estant par le derrière d'icelle, assys en la paroisse Sainct Légier dudict Chauvigny, tenant d'une part au cuvyer et jardrin de Me Jacques Mouttard, d'aultre à la maison de Me Jean Doré qui fut de Gilles Guibourt, et d'aultre au jardrin de Guillaume Lévesque, pour lesquelles maison, grange et jardrin je doibz par chescun an à Messieurs les chantre, chanoynes et chappitre Sainct Pierre de ceste ville de Chauvigny, es festes de Nativittez Nostre Seigneur et sainct Jehan Babtiste par moictyé, treize solz quatre deniers tz d'une part, et douze solz six deniers tz aussy de rente par chescun an, en chescune feste de l'Annonciation Nostre Dame, à Me Guillaume de Voilhé de la ville de Poictiers et troys deniers de cens à monseigneur l'évesque de Poictiers, seigneur baron dudict Chauvigny;

Item je tiens... Item je tiens...

Item m'est dehu pour raison de la maison et jardrin de Michelle Doleau en laquelle elle faict sa demourance, assise en ladicte paroisse St Just dudict Chauvigny, tenant d'une part à la maison de Martin Le Donné et d'autre à la maison des hoirs feu Guillaume Thévenet, treze solz quatre deniers tz de rente foncière par chescun an, en chescune feste sainct Michel;

Item me doibvent cinq solz tz aussy de rente foncière par moictié, Simon Dorin à cause de ses enffens et Guillemyne Gallerneau, par chescun an, chescune dicte feste sainct Michel, pour leurs maisons, lesquelles furent de feuz messire Jehan Desmazeaux, prestre, et Jacques Servoze, assistantz de ladicte paroisse St Just dudict Chauvigny, tenans d'une part à la forge dudict Dorin et d'autre à la maison de Françoys le Rouge, arbalestyer;

Plus me doibt...

Et n'ay la puissance de pouvoir admortir aulcune des rentes par moy dheues cy dessus déclarées, de laquelle déclaration vous requiers acte, mes dictz sieurs les Commissaires ordonnez par ledict seigneur à recevoir lesdictes déclarations, par cette présente signée par moy, dict de la Chaussée... " (fol. 16r-17r).

Économie de l'ouvrage

Notre travail commence par une synthèse des principaux enseignements du registre : topographie, charges des immeubles, aperçu de la population, institutions ecclésiastiques et civiles. A cette vue d'ensemble, nous avons joint une énumération des immeubles recensés, que nous avons classés suivant les grandes divisions exprimées dans l'enquête : haute ville, basse ville, faubourgs. Comme les faubourgs apparaissent mal individualisés, nous avons arbitrairement divisé l'espace hors des murs en cinq "faubourgs" désignés d'après leur orientation. D'autre part, l'imprécision de certaines localisations et notre ignorance du tracé complet des enceintes nous ont contraint à réunir à part un certain nombre d'immeubles sous le titre "divers". Ces divisions sont notées, en abréviations, respectivement HV, BV, F et D.

A l'intérieur de chacune d'elles, maisons et jardins ont été localisés dans leur rue, ruelle ou venelle, avec plus ou moins de précision, suivant la qualité des déclarations. En effet, dans des quartiers bien définis mais à la voirie complexe, comme les Barrières et les Châtelliers, les déclarants mentionnent régulièrement le quartier mais moins souvent la voie, et s'ils désignent celle-ci, c'est en des termes parfois trop obscurs pour nous. De plus, comme la notion de rue est alors imprécise, nous n'avons pu retenir les définitions divergentes des rues dans les déclarations; les immeubles sont classés selon les rues actuelles avec leurs noms d'aujourd'hui. Chaque immeuble fait l'objet d'un article numéroté où sont mentionnés, dans l'ordre : entre parenthèses les numéros des folios où figurent la ou les déclarations, puis la nature de l'immeuble, le nom du tenancier, sa profession si elle est connue, les éléments de localisation et les différentes charges. A ces constantes peuvent s'ajouter des discussions ou des précisions comme, par exemple, les noms d'anciens tenanciers ou les services assurés par les églises en contre-partie de la perception de certaines rentes.

Enfin, des index aussi précis que possible terminent l'ouvrage, qui devraient permettre toutes recherches concernant les personnes, les lieux et les "matières".

 

 LA VILLE ET LES FAUBOURGS

 

Les enceintes

Actuellement les habitants de Chauvigny distinguent la "ville haute" et la "ville basse"; en 1553 ils faisaient de même, à cette différence près que les termes étaient inversés : ils parlaient de "haute ville" et de "basse ville". La distinction était aussi plus nette parce que la notion de fortification s'ajoutait à celle d'altitude; la haute ville était délimitée par une enceinte qui a disparu. Il ne reste en effet que peu d'éléments visibles du système défensif de la place : quelques pans de murailles soutenant des murs de terrasses ou servant d'assises à des murs de maisons, une tour d'angle remaniée, deux portes mutilées et les traces de deux autres, le tout en ville haute. Le ruisseau de l'Hôpital et le Montauban, qui servaient de douves en ville basse, rappelaient encore naguère le dessin d'une partie de l'enceinte mais ils sont actuellement presque entièrement recouverts. Cependant les observations faites au XIXe siècle et les indications du plan cadastral de 1833 permettent de restituer des parties manquantes, de sorte que Pierre Sailhan a pu proposer un tracé pour l'ensemble du dispositif.

Il demeure pourtant des incertitudes que notre document n'élimine pas. On ignore tout de la liaison entre l'enceinte de la ville haute et la porte de Châtellerault par laquelle on pénétrait en ville basse. De même, entre cette porte et la Vienne, le tracé n'est assuré que le long d'une partie de l'ancien sentier des Champs Marçay. Une douve est signalée en limite d'un jardin, au Moutardier, mais on ne peut la localiser avec précision. Par contre, on entrevoit de nouveaux éléments. En ville haute, entre la porte située en haut de la rue des Rampes et la tour appelée aujourd'hui le Donjon, des "douves du Donjon" sont mentionnées en confrontation de deux immeubles; elles délimitaient au nord le quartier qui était alors appelé le Donjon. En ville basse, une porte dite porte Neuve ou porte Neuve des Barrières est signalée à plusieurs reprises, dans la rue des Barrières, à hauteur du moulin bas. Elle donnait accès au quartier des Barrières en venant de la rue du Berry. Ce quartier apparaît ainsi bien délimité par quatre portes, les trois autres étant la porte en partie conservée de la rue des Trois Rois, la porte Coppin, sur le chemin de la Fontaine, et celle de la chaussée de l'étang, qui est appelée "porte des Barrières" sur le plan cadastral de 1833. Ce dispositif semble avoir été une annexe du Donjon, à en juger d'après la mention suivante d'un document de l'an 1377 : "capitainne en Danjon et Barrères de Chauvigné".

Toutes les portes ne sont pas nommées dans le registre. Les deux de la rue des Trois Rois n'y figurent pas, celle de la chaussée de l'étang non plus. Par contre celle de la rue Porte Chevreau y comporte trois désignations : porte Chevreau, porte Renault et porte Arnault. En fait ces dénominations se réduisent à deux, porte Renault et porte Arnault étant deux formes d'une même expression. A l'origine c'était la "porte Renault" ou la "porte à Renault"; comme "à Renault" était prononcé "à R'nault", on a interprété "Arnault". Plusieurs de ces portes ont en effet conservé des noms de familles qui sont inconnues en 1553, à l'exception de la porte Brunet, près de laquelle est signalée une maison qui a appartenu récemment "aux Brunet et Péagier".

Les voies

Le réseau des rues, ruelles et venelles est à peu près celui du plan cadastral de 1833. C'est postérieurement à cette date qu'ont été réalisées les percées qui ont bouleversé la structure urbaine : rue de Saint-Savin, boulevard des Châteaux, rue de la Puye, prolongement de la rue de Châtellerault jusqu'à la place du Marché, voie du tramway, dite localement "sus le Tram", qui est devenue l'avenue Jean Jaurès.

En 1553, la transversale sur le grand chemin de Poitiers à Saint-Savin suit les rues de l'Ancien Pont, Faideau, du Berry et de la Paix. Après la sortie de la ville par la porte de l'Aumônerie, le chemin passe par la rue Jean Arnault et la rue du Poirier. En ville basse, la seule autre voie de quelque importance est la rue de Châtellerault. L'accès à la ville haute n'est facile qu'au nord. Dans les autres directions il faut gravir les rudes pentes des rues étroites de la Grande Ecole et des Trois Rois ou de sentiers plus ou moins aménagés en escaliers appelés "échelles de pierre". Vers l'est, le sentier dit l'Usset tire son nom d'une petite porte située en contre-bas du château de Gouzon.

Les rues sont rarement désignées d'un seul nom parce qu'elles ne sont pas officiellement définies. Chaque habitant a sa vision de l'espace urbain et localise sa maison selon cette vision, en prenant pour repères des carrefours, des portes, des églises, des châteaux, des places... Ces localisations posent des problèmes quand les voies ne sont pas droites ou se situent dans un réseau complexe, comme en Barrières. Une difficulté supplémentaire est introduite par la référence à des maisons qui doivent être bien connues alors mais qu'il faut identifier. Ainsi une maison est dite "en Donjon" et dans la "ruette pour aller es maisons qui furent à Me Gabriel du Pressouer". Un immeuble sis à l'angle des rues de la Grande Ecole et Pouzillard est localisé dans "la venelle descendant de la maison de Me Pierre Delafousse au puits Zillard" et dans "le chemin ou venelle du puits Zillard à la maison de feu Jean Charet et de ladite maison au querrui du Boiceau". Ces exemples ne sont pas isolés; ils permettent de concevoir les difficultés auxquelles on se heurte, au XXe siècle, dans la mise en oeuvre des localisations du registre. L'ensemble de ces localisations présente cependant un certain intérêt pour l'étude de la perception populaire de l'espace.

Les noms encore en usage sont : rue des Barrières, de Châtellerault, des Châtelliers, du Laurier, des Pruniers. La venelle ou rue du puits Zillard est devenue la rue Pouzillard et la venelle du Vassalour s'est transformée en rue Vassalour. Les autres noms ont disparu : rue de la Treille ou rue Saint-Just ou rue de l'Aumônerie [rue de la Paix], rue de la Ribauderie [rue des Corderies], rue du Moutardier [rue du Port], rue de la Porte Brunet [partie de la rue Saint-Pierre].

Les carrefours sont appelés localement querreux, querruis et querrois. Quelques-uns seulement portent des noms. Au bas de la rue des Trois Rois, le querreu Piet conserve le souvenir d'une famille Piet qui n'est plus représentée mais qui est connue par plusieurs documents; une maison y est dite de Notre-Dame la Piette parce qu'elle supporte une rente pour une chapelle du même nom qui est desservie en l'église Saint-Léger, chapelle probablement fondée par la famille Piet. A l'intersection de la grand rue et de la rue de Châtellerault est le querreu Trilloton où réside un maréchal nommé Léger Trilloton. Il n' y a plus de Saunereau au querreu Saunereau, à l'extrémité nord de la rue de Châtellerault, qui est aussi appelé querreu du Boiceau. Le querreu Miot, que nous n'avons pu identifier, portait aussi un nom de personne.

Les quartiers

Trois quartiers sont bien individualisés dans l'esprit des habitants. En ville haute, le Donjon est le coeur de la forteresse, avec son enceinte propre et ses trois châteaux. Au pied du grand château, le quartier des Barrières est lui aussi fermé par plusieurs portes, comme nous l'avons signalé. Quoique non fortifié, celui des Châtelliers est nettement délimité, entre le Talbat au nord, la Vienne à l'ouest, le Montauban au sud et le cimetière de Saint-Léger à l'est. On rencontre ainsi fréquemment des localisations des types "on Donjon", "es Barrières", "es Châtelliers" ou "aux Châtelliers".

Au nord du Donjon, les deux places contiguës du Petit Marché ou Vieux Marché et du Grand Marché sont au centre d'un quartier moins bien défini. Ces places, les seules de la ville, paraissent bien exiguës aujourd'hui, quoique débarrassées de constructions qui en réduisaient la surface. Au bord de la Vienne, à l'extrémité de l'actuelle rue du Port, le Moutardier apparaît comme un groupe de quelques maisons parmi des jardins. Un port y est signalé, qui devait être un aménagement de la rive, pour les barques qui permettaient de franchir la rivière en cas d'insuffisance du pont.

Les églises et les châteaux

Les églises Saint-Pierre et Saint-Martial avec leurs cimetières, les châteaux de Gouzon, de Montléon et d'Harcourt avec leurs enceintes, occupent une place non négligeable dans l'étroit promontoire où s'est édifiée la ville haute. A vrai dire, si l'église Saint-Pierre est imposante, son cimetière est réduit; aussi ne s'étonne-t-on pas qu'il ne soit pas désigné dans les confrontations. Par contre, celui de Saint-Martial est nommé pour sa partie située au sud de l'église. Aux abords du château de Gouzon s'élèvent des maisons présentées comme tenant aux murailles ou aux douves, et même situées à l'intérieur du "baile". Le château d'Harcourt est flanqué au nord d'une maison tenant à ses douves, qui est celle du sénéchal Aimé Lucas. Celui de Montléon n'est nommé qu'une fois, en confrontation de la maison d'un chanoine de Saint-Pierre. Quant à la tour de Flins, elle n'occupe qu'un emplacement modeste, en dehors du Donjon.

En ville basse, les églises Saint-Léger et Saint-Just ne sont distantes que d'une centaine de mètres. Leurs cimetières contigus s'étendent des Châtelliers jusqu'au droit de la rue du Moulin Saint-Just. Celui de Saint-Léger, qui est le plus grand, est signalé au contact des Châtelliers à l'ouest, le long de la voie qui unit ce quartier à l'église au nord, au contact du mur d'enceinte au sud, sur la longueur de la place de Trino. Celui de Saint-Just ne peut être repéré qu'au nord, près de l'église; au sud il est en contact avec les jardins du prieuré. Plus petit, il doit suffire à une modeste paroisse urbaine ne comportant de maisons que dans la rue de la Paix et à l'extrémité est de la rue du Marché. Presque tout l'espace entre le Talbat et le Montauban est occupé, outre le cimetière, par les bâtiments et les dépendances du prieuré et des jardins de particuliers.

Les maisons et les jardins dans la ville

Le document ne désigne que sommairement les immeubles, dont l'importance et la disposition nous échappent presque toujours : maison, grange, maison et jardin, jardin ou chènevière... On peut cependant remarquer quelques "grands maisons".

En ville haute, l'espace disponible pour les constructions privées est utilisé au mieux. On dénombre un peu plus de 100 maisons, auxquelles s'ajoutent quelques étables et granges. Une maison sur cinq dispose d'un jardin annexe, qui est certainement de peu d'étendue, le plus souvent. Seuls quatre ou cinq jardins ou vergers sont déclarés à part.

Pour la ville basse, le nombre des maisons avoisine 300 et celui des jardins ou chènevières annexes 95, de sorte que près d'une maison sur trois a un jardin contigu. Si l'on ajoute quelque 45 jardins isolés, on obtient un total d'environ 140 jardins. Ce sont les rues du Marché, du Port, Pouzillard et de Châtellerault qui comportent le plus de jardins isolés.

Les faubourgs

Nous ignorons comment ont été déterminées les limites des faubourgs. Il n'est d'ailleurs pas certain que la notion même de faubourg ait été très répandue : le mot est toujours employé au pluriel, dans l'expression immuable "es faubourgs", et seul le faubourg de l'Aumônerie, au sud, est fréquemment désigné sous ce nom.

Au nord de la ville haute on a pris pour limite la rue de Bretagne. Ici on se réfère à la chapelle de Notre-Dame de Grâce, à la porte Renault ou à la porte Brunet et les noms usuels sont des noms de terroirs : Graillé, au sud de la rue de Bretagne, et les Perrets, à l'ouest de la rue Porte Chevreau. On dénombre 18 maisons, plus ou moins dispersées, le reste étant occupé par des jardins ou vergers et quelques granges, dont celle du chapitre. Notons également que René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, possède maison et métairie, à l'angle de la rue Porte Chevreau et de la venelle de Miton [impasse Porte Chevreau].

Sur le chemin du moulin des Dames, un petit groupe de 6 maisons, près de la porte de Châtellerault, est appelé "le bourg neuf", mais le nom, qui n'apparaît qu'une fois, n'est peut-être pas très usité. Entre le chemin et la Vienne, des jardins et chènevières occupent les terroirs de Champ Marsay et de la Nougeraie, seuls noms usuels dans le secteur.

Le faubourg ouest, sur la rive gauche de la Vienne, ne peut être perçu que confusément, parce que les maisons y sont rares. Deux seulement sont mentionnées, en face du pont, le reste consistant en chènevières, prés, jardins, "terres", treilles sur les coteaux. Ici le terme faubourg n'est pas employé. On se réfère surtout au pont : "au bout des ponts", "lez les ponts", "hors les ponts".

Au sud, entre la Vienne, le Montauban, le ruisseau de l'Hôpital et la rue du Pavillon, le faubourg est bien délimité topographiquement mais il est inexistant dans les esprits. C'est qu'il n'y a aucune maison. On y trouve une saulaie sur le bord de la Vienne, des chènevières et jardins, et surtout une grande pièce de terre, le champ Balavoine, dont le nom est aussi un nom de terroir. A l'angle nord-ouest du champ Balavoine, l'étang d'un ancien moulin à tan, appelé l'étang de Saint-Just, sert de vivier. Un autre nom apparaît à l'ouest, entre la saulaie et le champ Balavoine : la Fuie. Au sud de la rue Vassalour, entre la rue Neuve du Bas-Bourg et le ruisseau, le terroir de Paradis est également inhabité; on n'y voit que chènevières ou jardins.

Quant au faubourg de l'Aumônerie, ses éléments localisables se situent en face de la porte du même nom, autour de l'hôtellerie du Cheval Blanc, entre la rue Jean Arnault et la rue Noire. D'autres sont présentés comme au contact du cimetière de l'Aumônerie, qui sera plus tard appelé cimetière de Saint-Henri. Le puits du lieu, qui se trouvait dans la rue du Bas-Bourg, est désigné dans une confrontation. Une quinzaine de maisons, dont la moitié au moins avec jardins annexes, quelques granges, environ 25 chènevières ou jardins isolés, une petite ferme, sont ainsi déclarés dans ce faubourg. A l'écart, sur le chemin de Saint-Savin, le Poirier se présente comme un groupe de deux maisons avec leurs "appartenances".

A l'est de la ville, sur le chemin de la Fontaine, au pied des deux principaux châteaux, ce sont encore des noms de terroirs qui viennent à l'esprit des déclarants : la Clouterie ou Berlanderie et Boursillande. A la Clouterie cinq ou six maisons sont édifiées parmi des jardins; l'une d'elles doit une rente de 1200 "clous à latte". Plus loin, sous la tour de Flins, en Boursillande, ce sont des jardins, chènevières, vergers, un morceau de vigne, sur une pente aménagée en terrasses. De l'autre côté du chemin, on rencontre une maison et un pré près de la porte Coppin, puis un petit groupe de maisons en face de la Clouterie.

Au nord-ouest de la ville haute, entre les rues de la Porte Chevreau et de la Grande Ecole, nous ignorons la limite entre ville et faubourg. Dans la partie haute de cette dernière rue, le terroir du Petit Peu est partagé entre des jardins et vergers, une pièce de terre cultivée partie en vigne et partie en safran, et une maison. Plus bas, la Grande Ecole est une maison particulière avec six journaux de vigne attenants. En face de la porte de Châtellerault, une grande pièce de terre, partie en vigne et partie en labourage, s'allonge en bordure du sentier du Tureluret.

Au total les faubourgs comptent plus de 50 maisons mais ils sont essentiellement occupés par des jardins de citadins, quelques champs, prés et vignes, et deux exploitations agricoles dont la principale est la métairie de René Pignonneau, près du Petit Peu. Pour l'ensemble ville et faubourg, on dénombre plus de 480 maisons. Ce nombre est supérieur aux 425 feux recensés en 1773, mais il n'est pas certain que la notion de faubourg soit la même dans les deux cas. Toujours est-il qu'en 1780, d'après le terrier de la baronnie, le quartier des Barrières était beaucoup moins peuplé qu'en 1553, de même que la partie ouest de la rue des Rampes et la partie est de la rue de la Paix. De plus, à cette époque, il n'y avait plus de maisons au terroir de la Clouterie. Cependant la rue du Marché était alors bâtie et de nouvelles constructions venaient d'apparaître dans le faubourg de l'Aumônerie, de sorte que la comparaison entre la population de 1553 et celle de 1780 ne peut être faite avec précision.

 

 LES CHARGES DES IMMEUBLES

Leur nature

Au XVIe siècle, les immeubles urbains sont normalement frappés d'un cens, à l'exception de ceux, peu nombreux, que les seigneurs fonciers ont conservés en leurs mains et qui font partie de leur fief. Tous les cens ne sont pas déclarés en août 1553, loin s'en faut, soit par oubli des tenanciers, soit par négligence des bénéficiaires, mais on peut quand même faire l'inventaire de l'ensemble des immeubles, grâce à la généralisation des rentes perpétuelles. L'origine de ces rentes n'est qu'exceptionnellement indiquée. Ce sont les devoirs aux églises qui sont les mieux connus : fondations d'anniversaires ou de chapelles, legs par testament... Parmi les particuliers, René Berthelot se signale en indiquant les principales dispositions du bail par lequel son feu père a concédé l'hôtellerie de l'Ecu de France au père de l'hôtelier du moment. Les plus nombreuses de ces rentes doivent résulter de transactions foncières avec règlement différé mais on aimerait connaître au moins les dates des baux afin de saisir leur étalement dans le temps.

Le système pose la question de la propriété. La notion de tenure, qui domine au Moyen Age, n'est pas oubliée mais elle semble en nette régression, le juriste René Berthelot étant le seul à user exclusivement du verbe tenir dans l'énumération des maisons qui lui doivent des rentes. Guillemette Sarrazin emploie simultanément "tenir" et le possessif : "Item, moy, dicte Sarrazin, tiens ma maison, grange et jardrin...". Le possessif est présent aussi bien dans les déclarations des seigneurs fonciers, qui disent ou écrivent "sa maison", que dans celles des tenanciers qui disent "ma maison". Il est constant dans les confrontations : "la maison de feu Jean Moine", "la maison de Sébastien Rousseau". René Pignonneau se dit même "propriétaire" d'une maison pour laquelle il doit un cens au baron, mais ce mot n'apparaît qu'exceptionnellement. C'est le verbe appartenir qui concurrence l'adjectif et le génitif possessifs : "maison à elle appartenant", "maison appartenant à Françoise Bryssaud", "vieille maison appartenant aux déclarants". Ainsi les immeubles sont unanimement considérés comme "à" ceux qui paient les cens et les rentes. C'est donc une notion d'appartenance ou de possession qui s'exprime généralement, mais avec quelques nuances, notamment quand les cens et rentes "seigneuriales" d'une part, les rentes "foncières" d'autre part, ne sont pas dus par les mêmes personnes. On constate alors des divergences dans l'attribution de l'appartenance. Les seigneurs fonciers considèrent que les immeubles sont à ceux qui paient les cens et les rentes seigneuriales mais les voisins attribuent les mêmes immeubles aux occupants qui assument la charge des rentes foncières. Par contre, lorsque ces occupants sont des fermiers - les locataires du temps -, les déclarants sont unanimes pour ne pas leur attribuer l'appartenance.

Dans leur grande majorité, les redevances sont en espèces : livres, sous et deniers. Cependant les charges en nature ne sont pas exclues. Ainsi certaines rentes consistent uniquement en grains; elles sont en général assises sur des moulins. Nous n'avons relevé qu'un bian : une maison de la rue de la Paix est grevée d'un denier de cens au baron et d'un "bian, qui est une journée à faucher, le jour que le dit seigneur baron fait faucher son pré de Groussard". Il n'est peut-être pas unique, attendu que les déclarations ne portent en principe que sur les cens et les rentes.

Transmission et litiges

Le caractère perpétuel des redevances entraîne leur transmission, par voie d'héritage, de vente, de donation ou d'échange. Les successions provoquent des divisions des cens et des rentes en même temps que des divisions du patrimoine, à la fois chez les bénéficiaires et chez les débiteurs, divisions parfois génératrices de conflits. Tel héritier qui doit une portion de rente refuse de la payer parce que, à la suite d'un arrangement qu'il a oublié ou feint d'oublier, il ne jouit pas de la portion correspondante de l'immeuble. Tel autre aliène sa portion, introduisant ainsi un élément étranger à la famille dans un groupe qui assume globalement la charge de l'intégralité de la rente au regard du bénéficiaire. Dans certains cas, il se crée des hiérarchies de créances, des situations inextricables pour de simples particuliers, qui font le bonheur des nombreux hommes de loi, les "praticiens".

Aussi n'est-on pas étonné de rencontrer des mentions de non paiement et de litiges. A propos de telle rente, le chapitre note : "et n'en veulent rien payer". En déclarant à son bénéfice une rente sur une maison de la ville haute, le notaire Jean Charles signale que Charles Dada a été condamné à en payer le quart "par le juge de Chauvigny", mais qu'il a fait appel "en la cour des assises dudit Chauvigny". Les déclarations relatives à une autre maison de la ville haute nous apprennent qu'une sentence du "lieutenant de Poitou" a attribué à deux personnes, chacune pour une moitié, une rente réclamée par une troisième qui a fait appel au parlement de Paris. C'est également "à la cour de parlement de Paris" qu'un procès est pendant entre Denis Bigot et les enfants issus d'un premier mariage de sa femme. D'autres litiges sont en instance devant "le conservateur des privilèges royaux à Poitiers", "le conservateur des privilèges royaux de l'Université de Poitiers"...

La valeur des cens et des rentes

Les cens sont légers, certains étant exprimés en deniers, de sorte que ce sont les rentes qui constituent l'essentiel des charges foncières. 9% des maisons doivent jusqu'à 5 sous, 24% de 5 à 10 sous, 40% de 10 à 20 sous, 16% de 20 à 30 sous, 4% de 30 à 40 sous, 3% de 40 à 50 sous, 4% plus de 60 sous. Il apparaît que les tranches les plus importantes sont dans l'ordre : de 10 à 20 sous, de 5 à 10 sous, de 20 à 30 sous. Ainsi 89% des maisons supportent une charge de 30 sous au maximum.

Ces sommes sont faibles, de sorte que les rentes peuvent être de constitution assez ancienne. Aussi ne s'étonne-t-on pas que treize personnes seulement déclarent ne pouvoir les amortir, c'est-à-dire s'en libérer en payant en une seule fois la valeur d'environ 18 annuités (1). Parmi elles sont deux tisserands, respectivement pour 10 s et 28 s 9 d, deux veuves, deux prêtres, les deux sergents de la baronnie, un couvreur, et, aussi, un "maître", Antoine Faveraud, pour 30 s 4 d et quatre boisseaux de froment.

Pour la même raison, ces rentes urbaines ne constituent qu'un faible apport aux revenus des bourgeois et petits seigneurs. René Berthelot, "conseiller du roi, lieutenant, juge et magistrat criminel en la sénéchaussée de Poitou", déclare six rentes, parmi les plus élevées, qui lui rapportent 19 livres en espèces, compris 11 livres sur l'hôtellerie de l'Ecu de France; ce ne sont pas ces revenus qui lui permettent d'entretenir son hôtel de la rue de la Chaîne, à Poitiers. Maître Claude Guérin, avocat à Poitiers, ne perçoit qu'une cinquantaine de sous pour un fief qui se compose d'une quarantaine d'immeubles. La liste du chapitre, qui est de loin la plus longue, représente un total d'environ 85 livres en espèces, rentes dues à la mense capitulaire et à la mense commune réunies. Cette somme représente la valeur de huit chapes de chanoines : une vingtaine d'années auparavant, en 1534, un chanoine a promis de fournir au même chapitre une chape de velours de 10 livres, qu'il devait offrir, selon l'usage, à titre de "joyeux avènement" (2). Encore les prix ont-ils probablement progressé entre temps.

Les "grands maisons" désignées comme telles ne sont pas les plus grevées. Celle dite "des Mesnagier", à un angle de rues du querreu Piet, doit 47 sous, celle "des Allemands", dont les dépendances s'étendent entre la rue du Berry, la rue des Barrières et le ruisseau descendant du moulin Millier, 45 sous. Cependant, pour des maisons sises au contact des marchés, en ville haute, des tenanciers avouent 60 sous et 80 sous. Nous ne pouvons expliquer ces différences, faute de connaître les dates des contrats et l'importance des immeubles qualifiés simplement de maisons.

Les plus lourdes charges sont évidemment supportées par les immeubles de rapport, hôtelleries, maisons à four et moulin à tan. L'Ecu de France doit 14 livres et des suffrages, les Trois Piliers 12 livres, la Corne de Cerf 6 livres et des suffrages, l'Image Saint-Jacques un peu plus de 5 livres; par contre le Cheval Blanc n'est redevable que de 35 sous et 2 chapons. Les maisons à four représentent un niveau inférieur à celui des hôtelleries mais se situent dans la plus haute tranche des maisons : un peu plus de 4 livres pour le four du Petit Marché et celui de la rue de Châtellerault, de 3 livres pour celui du Grand Marché. Le moulin à tan, seul moulin baillé à rente par l'évêque baron, doit 4 livres de cens et rente "foncière", sans plus.

Tenanciers et fermiers

Plus de la moitié des tenanciers, précisément 64%, ne déclarent qu'une maison. Comme certains n'en ont qu'une fraction, c'est 71% qui ont au plus une maison. Les autres se répartissent ainsi : 2 maisons, 19%; 3 maisons, 5%; 4 maisons, 2%; 5 maisons, 1%.

On dénombre environ 345 tenanciers à titre individuel ou collectif, qui n'occupent que 325 maisons, parce que certains, qui n'ont qu'une fraction de maison, habitent avec des "parsonniers". Il reste ainsi quelque 150 maisons disponibles pour être affermées, soit un peu moins du tiers de l'ensemble. On connaît les noms de 25 "exploitants" à titre de ferme, de sorte que 125 d'entre eux environ échappent à toute investigation.

 Notes du chapitre

1. En 1543, une rente de 70 sous est remplacée par le paiement d'une somme de 62 livres 10 sous, ce qui équivaut à un taux de 5,60 % (Raveau Paul, L'agriculture et les classes paysannes au XVIe siècle, p. 277).

2. Archives départementales de la Vienne, G 8 18.

 

LES PERSONNES

 

En parcourant le registre, on fait connaissance avec plusieurs centaines de personnes soumises à l'obligation de la déclaration, qui se sont présentées devant les commissaires, ont envoyé des "procureurs" ou sont désignées par d'autres si elles ne se sont pas manifestées. Ce sont surtout des hommes, chefs de famille, membres du clergé, tuteurs de mineurs, représentants de communautés en biens. Les femmes ne déclarent que si elles vivent seules, en particulier les veuves non remariées, mais elles sont généralement nommées quand l'immeuble ou la rente est de leur patrimoine.

A ces noms s'ajoutent ceux d'assez nombreuses personnes décédées : hommes ou femmes dont les héritiers sont demeurés dans l'indivision ou ne sont peut-être pas tous connus, dans des mentions du genre "les héritiers de défunt untel", fondateurs de messes anniversaires, voire de chapelles, révélés par les déclarations des gens d'église, parents de mineurs sous tutelle, anciens bénéficiaires ou débiteurs de cens ou de rentes, nommés par des déclarants qui ont une génération de retard. On peut ainsi parfois remonter jusqu'au début du siècle et, dans quelques cas, esquisser un tableau généalogique pour deux ou trois générations ou suivre la dévolution des biens par héritage depuis les grands parents ou grands oncles des déclarants. Des communautés de droits ou de devoirs entre des personnes de noms différents suggèrent des alliances, mais celles-ci ne sont que rarement discernables.

Les noms

Nous n'insistons pas sur les noms de familles, dont certains se maintiendront pendant plusieurs siècles ou seront conservés par la toponymie locale, tels Delauzon, de Saugé, Doré, Fournier, Gardemaud, Mayaud, Pignonneau... Nous avons dénombré environ 70 prénoms d'hommes et 30 prénoms de femmes, uniquement pour les personnes vivantes. Jean et Jeanne dominent largement, avec respectivement 20% et 24%. Loin derrière arrivent Pierre (7,3%) et Perrette/Perrine (12%), puis François (6,5%) et Françoise (8%). Le parallélisme disparaît ensuite, Mathurin (5,7%) faisant pendant à Marguerite (7%), pour reparaître avec Jacques (5,5%) et Jacquette (4%). Pour chaque sexe, sept prénoms représentent plus de la moitié de l'ensemble, les deux derniers étant Louis et Guillaume d'une part, Guillemette et Marie d'autre part.

Le goût dominant de la première moitié du XVIe siècle n'a donc rien de bien original. On remarque en particulier que les saints poitevins Hilaire et Radegonde n'ont guère de succès, Hilaire n'étant représenté que par trois hommes et deux femmes, Radegonde par une seule femme. Quant aux saints patrons des églises locales, ils ne sont pas plus en vogue; hormis saint Pierre, qui a un caractère universel, on ne rencontre que saint Léger : 3% des hommes se prénomment Léger.

Certains prénoms apparaissent sous une forme familière, qui est souvent un diminutif : Bastien pour Sébastien, Colas pour Nicolas, Gillet ou Giret pour Gilles, Hilairet pour Hilaire, Huguet pour Hugues, Petit Jinot pour Jean, Michellet pour Michel, dont la forme locale est Micheau, Perrin pour Pierre. Au féminin, Colette est la seule forme employée pour Nicolette. Nous signalerons à part le masculin Sauvage, en concurrence avec Sylvestre et Sauvestre, mais pour une seule personne; on sait que les termes sauvage et sylvestre signifient l'un et l'autre à l'origine "habitant de la forêt".

D'autre part, on relève une vingtaine de surnoms, dont la signification n'est pas évidente : Baudroux [sale], le Bouffard, Caillet, de l'Age, Gallimade, Gouzat, Merigot, Petit Bon, Pinson, Poitou, Porcheron, Ragot, Sanglier, Vigouais.

Les hommes d'Eglise

On en dénombre une trentaine, qui sont pour une moitié au moins issus de familles locales, familles de notables mais aussi foyers qui semblent plus modestes. Leurs résidences sont réparties dans les différents quartiers, y compris le quartier populeux des Barrières. Si le chantre de Saint-Pierre, Pierre Diboron, porte un nom isolé, le chevecier Jacques Fournier, les chanoines Blais Deshoullières, Guillaume Forgier, Louis Pillot et Bertrand Rideau, le prieur de Saint-Just René Delauzon, ont des parents dans la ville ou y ont reçu un patrimoine.

Seize prêtres au moins ont une maison, parmi lesquels dix ont des parents sur place ou sont héritiers d'habitants décédés : Etienne Bernard, André Berthet, Jacques Daulphin, frère du maréchal Lucas Daulphin, Laurent Delachaussée, Léger Ferron, frère du marchand boucher François Ferron, Joseph Forgier, François Gaschard, Jean Hesneau, Gilles Mothois, Jean Yvonnet.

Les notables

Près de trente "maîtres" sont désignés comme vivants et autant comme décédés. Les professions sont connues pour quatorze de la génération vivante : dix gradués de l'Université et quatre hommes de métiers. Les gradués, dont quelques-uns sont dits "licenciés es droits", sont les quatre officiers de la baronnie - le sénéchal Aimé Lucas, qui a droit à la qualification de "noble homme", son lieutenant Mathurin Doré, le procureur fiscal Jacques Moutard et le greffier Guy Begaud -, les notaires Gabriel Boyer et Jean Charles, les "praticiens" Charles Dada et Julien Vergnault, le "procureur" Pierre Bonnestat et le "greffier de la cour ecclésiastique" Pierre Delafousse. Les maîtres de professions sont le barbier René Gilbon, l'apothicaire Jean Sibillet et les hôteliers Jean Dubois et Jean Pierre. Ce dernier, qualifié "sieur des Trois Piliers", apparaît comme une figure locale, avec son hôtellerie, deux maisons, des pièces de terre et des jardins, sans compter des immeubles tenus avec des cohéritiers dont il est le chemier. Il a affermé les domaines des héritiers d'un élu de Poitiers, Me Jean Jeusne, et il est fabriqueur de Saint-Léger, l'église de sa paroisse.

Les autres "maîtres", dont les professions nous échappent, sont Louis Chaigneau, Jean Doré, frère du lieutenant du sénéchal, Nicolas Drouilhard dont un fils est étudiant en l'Université de Poitiers, Antoine Faveraud, gendre de feu maître Pierre Bonnestat, Jean et Joseph Forgier dont le second est héritier de maître Antoine Forgier, Antoine Fournier, fils de Françoise de Tongrelou, Luc Gilbon, Jean Guérin, Jacques et Jean Mothois, Martial Moutard, François Remigeaud le Jeune et Mathurin Simonnet.

Les hommes de loi sont trop nombreux pour exercer uniquement sur place leur art de la procédure. Pierre Bonnestat est procureur fiscal du prieuré de la Puye. D'autres combinent probablement défense, représentation, conseil juridique, administration de biens, fermes ou affaires, tout en gérant leurs propriétés foncières. Ainsi maître Louis Chaigneau est qualifié par ailleurs de "marchand".

Cette qualification, souvent attachée à la pratique des affaires en général, n'est attribuée d'autre part qu'à "sire François Ferron". Cependant il est probable que "sire Jacques Boitie" et l'"honnête personne sire Pierre Mayaud" ont des activités analogues. Ce dernier est cousin des frères Jacques et Pierre Mayaud qui déclarent maisons, grands jardins et rentes. Jacques semble être le Jacques Mayaud "marchand", marié à Françoise Boitie, héritière des métairies de Vaucour et des Brelaisières, dans la paroisse des Eglises (1). Louis Delauzon, fabriqueur de Saint-Léger, est connu lui aussi d'autre part comme marchand (2). Paul Raveau a signalé les activités d'un autre "marchand de Chauvigny", François Maurat, qui est décédé avant la période des déclarations. François Maurat achetait de nombreuses terres, et souvent avec une rente, toujours la même, que lui devait "un serrurier de la localité, son voisin". Il rachetait cette rente, en général à huitaine, et l'utilisait ensuite pour un nouvel achat (3). En août 1553, sa veuve, Adrienne Boitie, déclare en qualité de tutrice de ses enfants mineurs; parmi ses immeubles figure une étable, dans la rue Saint-Pierre, qui tient précisément à la maison où réside le serrurier Vincent Gervais. Raveau suppose que la rente était fictive; toujours est-il qu'aucun immeuble déclaré de Vincent Gervais ne supporte une rente en faveur d'un particulier.

Aux noms mentionnés ci-dessus, il convient d'ajouter les Bonniot et les Chevreul, qui ont eu des "maîtres" à la génération précédente, et les Berthonneau, qui se partagent l'hôtellerie de l'Image Saint-Jacques. Au total, cette petite bourgeoisie locale de pratique et d'affaires représente vint-cinq ou trente familles.

Une partie se tient en ville haute, autour et aux abords des deux places, et accapare les jardins et les vergers de la rue de Bretagne. Dans la rue des Puys et au commencement de la rue Porte Chevreau, on rencontre successivement, de bas en haut, les maisons où résident Me Pierre Bonnestat, Perrette Bonniot, veuve Mathurin Ferron, la veuve Jacques Bonniot, Me Jean Doré, Me Mathurin Doré. En face de ces derniers, de l'autre côté de la rue Porte Chevreau, demeure Louis Doré. Me Antoine Faveraud se tient à l'entrée de la rue du Laurier.

Au contact du Grand Marché, devant les douves du château de Gouzon, voisinent Me Antoine Fournier, la veuve de Me Pierre Bonnestat, la veuve de Me James Bonnestat et le notaire Me Jean Charles. Me Charles Dada, qui demeure près de la porte Brunet, n'est guère éloigné. Cependant le sénéchal Aimé Lucas a préféré le quartier du Donjon dans sa partie résidentielle, au contact du château d'Harcourt.

En ville basse, ces notables ne s'écartent guère de la grande voie transversale. Un petit groupe s'est constitué dans la rue de l'Ancien Pont, du côté sud, qui comprend Jeanne Mayaud, veuve Pierre Berthonneau, à l'hôtellerie de l'Image Saint-Jacques, Me Julien Vergnault, Joachin Maurat, Julien Delauzon et Gilles Ferron. Non loin de là, au début de la rue Faideau, Me Jean Forgier habite un maison avec une grande cour qui possède le seul puits du secteur.

Plusieurs membres de la famille Mayaud sont réunis entre les rues du Moulin Saint-Léger et du Moulin Saint-Just, où ils disposent de maisons, granges et jardins. A peu de distance, au querreu Piet et aux environs immédiats, on rencontre les demeures de Me Nicolas Drouilhard, de Jacques Boitie, de François Ferron, et la "grand maison des Mesnagier" que ce dernier tient à ferme des héritiers de Me Jacques Mesnagier. Ensuite, les gens en vue se font plus rares en avançant en direction de l'Aumônerie. Il faut atteindre la rue de la Paix où résident Me Jean Mothois, son fils Louis, le notaire Gabriel Boyer et Me Mathurin Simonnet.

Les nobles

A l'exception de Jean Chasteigner, seigneur de Flins, c'est la petite noblesse qui a des intérêts dans la ville où elle ne semble guère se manifester, mis à part René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, dans la paroisse des Eglises, qui a une maison en Donjon et une métairie au faubourg nord, près du Petit Peu. Il se présente en personne devant les commissaires, pour déposer une déclaration écrite précise (fol. 107v-109v). Léon Pignonneau, sieur de Boisgigon, dans la paroisse de Fleix, a une maison en Donjon mais il ne déclare pas. Il en est de même de Claude de Rocquet, "sieur de Longesve", qu'un déclarant dit pourtant demeurer à Chauvigny, et de François de la Bussière, sieur du Chillou. Quant à la famille des Tongrelou, seigneurs de Saint-Martin-la-Rivière, qui a fondé une chapelle en l'église Saint-Léger, elle est sur le point de s'éteindre et paraît avoir abandonné la ville. L'aînée des filles de Pierre de Tongrelou, nommée Françoise, a d'abord épousé Laurent Fournier mais, devenue veuve, elle s'est remariée avec Me Denis Bigot, procureur à Montmorillon. La seconde, Mathurine, qui a épousé Antoine Clabat, juge de Saint-Loup-sur-Thouet, est peut-être décédée. Quant à la troisième, autre Françoise, femme de Guillaume Lévesque, elle ne semble guère s'intéresser à ses deux maisons de la rue du Berry et à son grand jardin qui s'étend derrière ces maisons, pour lesquels elle ne fait aucune déclaration.

 Les autres habitants

Hormis les notables, nous ne connaissons qu'une soixantaine de gens de métiers, ce qui est fort insuffisant pour définir une orientation économique de la ville. Les listes professionnelles les plus importantes sont celles des tisserands et des bouchers, qui ne dépassent pas six unités chacune. Aussi n'est-il pas question d'examiner un éventuel regroupement de métiers par rue ou par quartier, comme on en observe dans certaines villes. On signalera cependant que, des six boucheries, quatre sont en ville haute, qui est bien moins peuplée que la ville basse mais qui réunit beaucoup des principaux consommateurs de viande que sont les notables.

Une autre coutume de la France ancienne est la tradition des métiers dans les familles. On peut l'observer ici pour quelques professions. Louis Chaigneau a succédé à Jean Chaigneau comme huilier; Jean de Saugé le Jeune est boucher, comme l'était feu Laurent de Saugé. Mathurin et Micheau Bernard sont selliers, Jean et Pierre Cornoueille tisserands, Jean et Mathurin Gardemaud bouchers, Guillaume et Jean Paizay couteliers, Jean Ragain l'Aîné et Jean Ragain le Jeune sergents de la baronnie.

La ville haute apparaît surtout comme résidentielle, malgré ses deux places du Marché qui n'ont attiré aucune hôtellerie. C'est en ville basse que se concentrent les activités de service, notamment le long de la transversale. Le voyageur venant de Poitiers, une fois passée la "porte des ponts", découvre immédiatement sur sa droite l'hôtellerie de l'Image Saint-Jacques qui lui offre les ressources d'un vivier. Il passe ensuite devant la forge de Lucas Daulphin et l'hôtellerie des Trois Piliers, dès avant d'avoir atteint le querreu Trilloton où résonne l'enclume du maréchal Léger Trilloton. Dans la rue Faideau il peut s'arrêter chez le sellier Micheau Bernard, le chirurgien-barbier Martin Deshoullières ou le mercier Jean Roullin, qui se tient en face de l'importante hôtellerie de l'Ecu de France dont les dépendances atteignent le cimetière de Saint-Léger, par delà le ruisseau. Plus loin il passe devant la boutique d'un autre sellier, Mathurin Bernard, celle de l'apothicaire Denis Laurandeau près du querreu Piet. Après avoir tourné à droite, il s'engage dans la rue du Berry où se tient un autre chirurgien-barbier, René Delahaye. De là il aperçoit l'hôtellerie de la Corne de Cerf qui fait face à la rue du Marché. La rue de la Paix lui offre moins d'occasions de s'arrêter mais, s'il a hésité à faire étape dans une des hôtelleries précédentes, il peut encore loger au Cheval Blanc, situé immédiatement après la sortie de la ville, en face de la porte de l'Aumônerie, et auprès de laquelle se tient le maréchal Jean Moreau.

Il faut aussi mentionner les industries nées de la présence des ruisseaux, meunerie et tannerie. Les deux moulins des Barrières et le moulin de Saint-Léger sont des moulins à blés. Près de la Vienne, le moulin à tan alimente quelques tanneries, situées en Barrières et dans la rue du moulin Saint-Léger. Cependant nous n'avons trouvé aucune trace d'une activité qui a laissé son empreinte dans plusieurs terroirs, l'extraction de la pierre.

Les alliances

Autant qu'on puisse en juger, les alliances ne se nouent pas uniquement entre gens d'un même milieu. Certes des filles Boitie épousent l'une un Mayaud, l'autre un Maurat, tous deux hommes d'affaires comme l'est vraisemblablement Jacques Boitie. Certes des notables s'unissent à des filles de notables : Mathurin Ferron à Perrette Bonniot, Jacques Moutard et François Texier respectivement à Perrette et Florence Fournier. Mais Flaive Chevreul apporte à son mari Geoffroy Archambault la seule maison qu'il déclare; Jeanne Delauzon se tient avec son époux, le couvreur Pierre Meignen, dans une maison qui lui appartient en propre. Perrette Delauzon a reçu de feu Nicolas Delauzon une maison en ville basse où elle réside et des rentes sur quatre autres; son mari, André Delavau, ne déclare en plus qu'une rente sur une chènevière. Simon Négrier ne tient que les deux maisons de sa femme, feue Hilaire Ferron, au nom de leurs enfants mineurs. Mentionnons enfin une union entre un homme de métier et une fille de la petite noblesse, qui a été signalée par Paul Raveau (4 ) : le couturier Jacques Vassou, qui réside dans la rue du Berry, a épousé Françoise de Lespine, soeur de l'écuyer Christophe de Lespine qui a des biens aux Barballières, dans la paroisse de Bonnes; en 1543, ce dernier a donné au couple la somme de 62 livres 10 sous, en remplacement d'une rente de 70 sous qu'il devait assurer à sa soeur.

Les relations avec l'extérieur

Un certain nombre de personnes qui résident hors de Chauvigny ont des intérêts dans la ville et les faubourgs. C'est le cas de Charles Barré, marchand de Châtellerault, qui est apparenté à feu Antoine Barré dont la veuve, Jeanne Cornoueille, se tient en ville haute où elle a plusieurs maisons. Simon Raguit, un autre marchand de Châtellerault, a recueilli une fraction de la succession d'un habitant du quartier du Donjon, Gabriel du Pressouer. Léger Rousseau, marchand lui aussi, qui réside au "château de Loreil", possède quatre immeubles et il y a au moins cinq Rousseau à Chauvigny. François Jolivet, qui vit à Melle, a une rente sur une maison de la ville basse qui est contiguë à une autre ayant appartenu à feu Jacques Jolivet. François Poignard, autre marchand, est établi à Niort mais sa déclaration est faite par son fils Mathurin, qui réside à Chauvigny. Jacques Vacher, installé à Saint-Maixent, est proche parent de Jeanne Vachière, l'épouse de Louis Bonnestat. Quatre au moins de ces six personnes sont des hommes d'affaires qui semblent avoir quitté leur pays d'origine pour l'exercice de leur profession.

Mais c'est surtout avec Poitiers que les relations sont multiples. Une quinzaine de personnes de la capitale du Poitou ont des maisons et surtout des rentes, à Chauvigny : magistrats, procureurs, avocats, bourgeois. La famille Porcheron s'impose à notre attention avec deux de ses membres, François et Louise. Feu maître François Porcheron, "sieur de Saint-James" et procureur du roi, a été maire de Poitiers. Louise Porcheron, qui se présente comme dame de la Stère [paroisse des Eglises] et de Pressec [paroisse de Jardres], est vraisemblablement sa soeur (5). La veuve de François, Renée Favereau, déclare en qualité de tutrice de ses enfants mineurs, la "grand maison des Allemands", vingt-huit rentes pour un total d'environ vingt livres en espèces, plus des suffrages, et tout ou partie de la censive urbaine de la Talbâtière (fol. 127r-131v). Louise déclare de son côté trois maisons affermées et quatre rentes. De plus, Renée Favereau a des revenus personnels, en commun avec sa soeur Florence mariée à Nicolas Delbenne, revenus qui proviennent de la succession de son père, Me Michel Favereau, en son vivant sieur de Lavau, dans la paroisse de Bonnes.

Claude Guérin, avocat, tient un fief urbain appelé fief de Verre. René Berthelot, conseiller au parlement, lieutenant du sénéchal de Poitou, et Jean Beaulin, procureur es cours royales, déclarent chacun plusieurs rentes, parmi lesquelles les plus élevées de la ville, respectivement sur l'hôtellerie de l'Ecu de France et sur celle des Trois Piliers. François Boursaud, procureur, Marguerite Nicault, veuve Pierre Brunet, également procureur, les héritiers de Jean Juisne, en son vivant élu, Guillaume de Voillé, alias de Vrillac, avocat, ont une ou plusieurs maisons. François Foucquet, avocat, Pierre Louhé, Pierre Maisonnier, avocat et bourgeois, Marguerite Cheronneau, veuve Guillaume Pasquier, également bourgeois, possèdent des rentes, faibles il est vrai. Maître François Boinet, qui est écuyer, est mieux pourvu en rentes, qu'il a reçues en héritage en comparsonnerie, mais il ne semble pas en faire grand cas.

C'est à cette bourgeoisie poitevine d'office et de robe que trois églises de Poitiers sont redevables de quelques rentes. Saint-Cybard a une rente sur la maison des Allemands qui est aux héritiers de François Porcheron. Saint-Didier a la sienne sur une maison de la ville basse qui supporte d'autre part une rente foncière en faveur de Louise Porcheron. Il en est de même de Sainte-Radegonde sur deux maisons aux héritiers de Jean Juisne.

L'origine des droits des habitants de Poitiers n'apparaît pas précisément. On pense au mouvement général des notables poitevins en direction de la campagne, qui n'est pas nouveau au milieu du XVIe siècle, et aux retraits périodiques dans de petites villes lors des épidémies. Cependant il faut aussi considérer l'attrait de Poitiers pour les fils de famille de Chauvigny qui ont pris leurs grades à l'Université, qui sont relativement nombreux et pour lesquels la capitale de la province offre plus d'avantages que la petite ville natale. Il n'est pas impossible que le procureur Pierre Brunet soit issu d'une famille qui est bien connue depuis qu'on a exhumé le testament du clerc Jean Brunet le Jeune, en date du 8 mars 1382, par lequel il élisait sa sépulture en l'église Saint-Pierre et ordonnait qu'on élevât sur cette sépulture une belle tombe portant son effigie (6). Un autre clerc, Simon Brunet, a fondé une chapelle de Notre-Dame en l'église Saint-Martial. De son côté, le procureur François Boursaud porte un nom qui n'est pas rare à Chauvigny. Mais on ne peut aller au-delà des suppositions. On notera cependant que les droits des Guérin et des Berthelot remontent au moins à la génération précédente : MeLouis Guérin a précédé Me Claude Guérin pour le fief de Verre et le père de René Berthelot a baillé à rente l'hôtellerie de l'Ecu de France au père de l'hôtelier de 1553.

Parmi les habitants de Poitiers qui ont subi l'attrait de Chauvigny, le procureur et homme de lettres Jean Bouchet, né à Poitiers en 1476, est le plus connu. On le suit comme procureur du chapitre de Chauvigny de 1537 à 1554. Il a épousé une fille de Chauvigny, Françoise Bonniot, proche parente du chantre François Bonniot décédé en 1539, de Jean Bonniot qui a légué une rente au chapitre, et de Jacques Bonniot dont la veuve, Perrette Moine, habite en 1553 au bas de la rue des Puys. Sa femme lui a apporté un domaine au Bois-Sennebaud et un autre au Breuil, tous deux "à cheval sur les deux paroisses de Jardres et de Chauvigny". Il a acquis des biens dans les fiefs du chapitre et de l'évêque. En 1521, fuyant Poitiers touché par la peste, il s'est retiré "au ravissant séjour de Chauvigny", avec sa femme et ses enfants, partageant son temps entre la chasse, la pêche et la poésie, résistant aux sollicitations des bourgeois d'Issoudun qui le pressaient de s'installer dans leur ville (7). En 1553 il est très âgé et ne fréquente probablement plus guère les bords de la Vienne. Toujours est-il qu'il ne se manifeste pas comme déclarant et qu'on ne peut déceler parmi ses droits qu'une rente sur une maison de la ville basse.

En somme, au milieu du XVIe siècle Chauvigny apparaît essentiellement comme une petite ville de passage, en relations avec Poitiers, sur le grand chemin de cette ville à Saint-Savin. Hormis le service de Dieu, les offices, la pratique et les affaires, qui n'occupent guère plus de soixante-dix personnes, les activités connues consistent surtout en prestations de services. Les seules industries perceptibles sont la meunerie, qui doit avoir pour corollaire le commerce des grains, et la tannerie, qui n'est représentée que par cinq établissements. Le tissage mis en évidence est celui de la toile de chanvre, alimenté par les nombreuses chènevières; encore se limite-t-il peut-être aux besoins domestiques des habitants de la ville et des environs. Notre connaissance, fondée sur l'étalage de titres et sur la mention de quelques professions, au hasard de l'initiative des déclarants, est très imparfaite. Elle est nulle pour plus de la moitié des habitants.

 Notes du chapitre

 1. Mayaud (Bernard), "Une famille chauvinoise, les Mayaud, du XVe au XVIIIe siècle", dans Le Pays Chauvinois, tome II, n° 18, décembre 1979, p. 12.

2. Beauchet-Filleau, Dictionnaire des familles du Poitou, tome IV p.296, article Goupil.

3. Raveau (Paul), op. cit., p. 247.

4. Ibid., p. 277-278.

5. Pour la famille Porcheron, voir Morillon (A.-M.) et Richard (Christian), "Un manoir du XVIe siècle : Pressec, commune de Jardres", dans Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome XVI, 2e trimestre 1981, p. 136-137

6. Archives départementales de la Vienne G 8 18.

7. D'Arboval (H.), Chauvigny-sur-Vienne, Tours, 1924, p. 12-14.

 

EGLISES ET CHAPELLES

 

Les cinq paroisses de Chauvigny sont concernées par l'enquête mais elles sont rarement désignées dans les déclarations [pour 7% environ des immeubles], de sorte que nous ne pouvons que faire quelques remarques à leur sujet. Celle de Saint-Martial s'étend, au sud de l'église, au-delà de la partie nord de la rue des Puys qui marquait la limite méridionale de la commune de Saint-Martial : deux maisons sises entre le Petit et le Grand Marchés, au contact des douves du quartier du Donjon, sont dites en Saint-Martial. Saint-Pierre est mentionnée en Donjon, aux Pruniers, au sud de l'usset en ville, et à la porte Coppin. Saint-Léger couvre la majeure partie de la ville basse, ne laissant à Saint-Just que la rue du Marché, la rue de la Paix et partie de la rue du Berry, au sud du ruisseau. Quant à Saint-Pierre des Eglises, elle n'est signalée que pour un immeuble du faubourg sud, près du cimetière de l'Aumônerie.

La collégiale Saint-Pierre

L'église Saint-Pierre est le siège d'un chapitre qui, le 8 août seulement, charge son receveur, René Coutant, d'aller à Poitiers pour s'enquérir de la façon dont le chapitre cathédral procède pour satisfaire aux dispositions des lettres patentes du 14 juillet. Aussi les deux déclarations du chapitre sont-elles datées du 19 août, dernier jour prévu pour les enregistrements. Toutes deux sont signées de "Ferron scribe du chapitre" et du notaire Jean Charles. Elles ont été transcrites l'une à la suite de l'autre (fol. 73v-75r et 75v-82v).

La seconde fait état de la composition et des obligations du chapitre. Celui-ci comprend dix chanoines et douze bacheliers, conformément aux statuts édictés en 1282 par l'évêque Gauthier de Bruges (1). Il existe aussi quatre enfants de choeur, appelés clergeons. Ces vingt-six personnes sont tenues d'assurer quotidiennement le service divin à matines, grand messe et vêpres, et de célébrer annuellement cent vigiles et quinze cents messes, tant chantées que basses.

Comme au temps de Gauthier de Bruges, les dignitaires sont le chantre et le chevecier. Le chantre, Pierre Diboron, déclare deux rentes pour les revenus de sa "chantrie" : 2 s 6 d sur un petit jardin du faubourg nord, à charge de dire "chaque année un libera" et 3 bétuzes de méture dues par l'évêque sur son moulin de Saint-Léger, payables en quatre fois, à charge de dire ou faire dire dix messes par an (fol. 90v). Il n'est pas question de maison qui soit réservée au titulaire de la charge; d'après des confrontations, Pierre Diboron habite hors des murs, dans l'actuelle rue Saint-Pierre, mais à quelques pas seulement de la porte Brunet.

Le chevecier, Jacques Fournier, dispose de "la maison de la chevecerie de Saint-Pierre", sise en Donjon, près de l'église, et du "jardin de la chevecerie", situé au-dessous des maisons de la rue Saint-Pierre, auquel on accède par le sentier de l'Usset. Les rentes de sa charge, assises sur deux maisons de la ville basse, ne lui rapportent que 27 s 6 d (fol. 51v). Il ne fait pas de déclaration à titre personnel, bien que le chapitre lui attribue un jardin hors ville, à la porte Brunet, et qu'une maison avec verger soit désignée comme lui appartenant, en confrontation d'une maison du Donjon.

Hormis le chantre et le chevecier, quatre chanoines seulement sont désignés comme tels. Nous rappelons ici leurs noms : Blais Deshoullières, Guillaume Forgier, Louis Pillot et Bertrand Rideau. Les bacheliers ne sont pas identifiables; leur charge n'étant pas honorifique, elle n'est jamais mentionnée. Les enfants de choeur ont "leur maison", en ville haute, près de la grand boucherie; c'est un immeuble qui doit au chapitre une rente de 20 s qui leur est réservée. Le receveur du chapitre est un prêtre, René Coutant, qui se dit bachelier dans son testament, en 1560 (2). Le scribe, qui signe "Ferron" les deux déclarations, n'est pas connu plus précisément. D'autre part le chapitre a des "chapiers" attitrés; une rente de 3 s 4 d sur des vergers est comptabilisée à part, "pour leurs gages".

On distingue une mense capitulaire, qui est réservée aux dignitaires et aux chanoines, et une mense commune, à laquelle participent les bacheliers; c'est pourquoi il y a deux déclarations. La mense capitulaire perçoit un peu plus de 12 livres en 16 articles, aux termes de Noël et saint Jean-Baptiste par moitié, et de saint Michel. A ces rentes en espèces s'ajoutent deux rentes en blés : 3 mines et 4 boisseaux de froment d'une part, 3 mines de méture d'autre part, dus par l'évêque, "fondateur de ladite église", sur le château d'Harcourt. Pour ces dernières rentes, les chanoines sont tenus de dire, "chaque vendredi de l'an, une messe de l'office de la Croix et une vigile, messe en note et libera, sur la sépulture de haut et puissant feu Monsieur le baron d'Harcourt, qui aurait donné et légué lesdites rentes".

Les ressources de la mense commune sont beaucoup plus importantes : plus de 68 livres en espèces, en 99 articles, aux mêmes termes, auxquels s'ajoutent Pâques, l'Annonciation et la saint Mathias. Trois rentes en blé rapportent annuellement 1 mine et 3 bétuzes de froment, la bétuze valant 4 boisseaux. Cette précision est fournie trois fois. L'une de ces rentes est due par l'évêque sur ses moulins des Barrières, savoir 1 mine sur le moulin de Millier et 1 bétuze sur le moulin de Rochereou. Les autres, qui sont chacune de 1 bétuze, sont à la charge de Pierre Vidard et de Me Pierre Bonnestat.

Il s'en faut que toutes ces rentes soient déclarées à leur débit par les particuliers. Le chapitre mentionne d'ailleurs qu'il est en procès pour neuf d'entre elles. Il en signale deux autre comme impayées ou payées partiellement. Plus de vingt sont présentées comme des legs en rétribution de services religieux.

Les "maisons canoniales", qui font partie du fief du chapitre, n'étant pas sujettes à déclaration, le receveur René Coutant ne déclare comme charge qu'un cens et une rente sur une maison des Barrières qui a probablement été donnée par un nommé Jean Chausseau.

Nous signalerons enfin la mention suivante qui figure à la fin de la déclaration pour la mense commune : "et ne pourroient bailler plus ample déclaration au moyen que la plus grande part de leurs tiltres et enseignements ont estez pris et bruslez par cas fortuyt, protestant d'augmenter ou diminuer la présante déclaration sy et quand ilz seront advertys plus amplement de la qualité desdictes rentes" (fol. 82v).

C'est le prêtre René Coutant, déjà nommé comme receveur du chapitre, qui, en qualité de vicaire, déclare les revenus de la cure (fol. 85v) : trois rentes seulement, pour un total de 29 sous. Nous ignorons s'il dispose de "la maison de la cure de Saint-Pierre", avec jardin, située dans la rue Saint-Pierre, près du sentier de l'Usset. D'autre part, on apprend que René Coutant est en conflit avec le prêtre Mathurin Hesneau au sujet d'une maison proche de l'église qui est occupée par ce dernier : en déclarant devoir une rente sur cette maison au "curé de Saint-Pierre", Mathurin Hesneau signale que ce dernier "se jacte et se vante de lui oster ladicte maison parce qu'elle n'est décrétée" (fol. 25r).

Quatre chapelles sont désignées; pour deux seulement sont mentionnés les autels où elles sont desservies. Jacques Allain, prêtre, est titulaire de la chapelle Sainte-Anne, qui comporte une messe par mois et lui rapporte 27 sous par an en trois articles; il ajoute qu'il dispose d'un "petit tect", comme étant de la fondation de la chapelle, mais sis hors du territoire soumis à déclaration (fol. 55v). Fulgent Brangeard est fermier de la chapelle Saint-Hiérosme qui consiste, comme la précédente, en un service d'une messe par mois. A ce titre il perçoit une rente de 25 sous sur une maison de la ville basse, à laquelle s'ajoute un devoir non soumis à déclaration qui représente au plus 39 sous par an. Joseph Forgier, prêtre, est chapelain de la chapelle Notre-Dame fondée à l'autel du même nom. Il déclare à son profit 53 sous en trois articles mais il ne mentionne pas son service, ni une rente de 6 boisseaux de froment déclarée par un particulier (fol. 86v). Enfin une chapelle Saint-Martin desservie à l'autel du même nom n'est signalée que par des débiteurs de rentes sur plusieurs maisons; l'ensemble représente une somme de 56 sous.

Saint-Martial

Le curé, Jean de la Bussière, est assisté de deux vicaires, André Berthet et Jacques Faveraud, prêtres, qui déclarent en son nom, "par procuration spéciale" (fol. 41r) : une rente de 13 sous 4 deniers due par le curé à l'abbaye de la Merci-Dieu, sur "les maisons presbytérales" de l'église, une rente d'un setier de froment, "savoir 8 boicellots", d'origine non indiquée, due à la cure sur deux maisons de la rue du Laurier et une autre de 15 sous sur un appentis et un petit jardin près de l'église, pour laquelle le curé ou ses vicaires sont tenus de célébrer, chaque vigile et fête de Notre-Dame et le jour de la dédicace de l'église, une messe fondée par feu messire Laurent Chauveau, oncle de messire Bertrand Rideau qui tient l'immeuble.

Il existe trois chapelles Notre-Dame dans l'église. L'une, qui a été fondée par feu messire Simon Brunet, est desservie par Pierre Pignon, qui doit trois messes par semaine, pour 22 sous de rente en deux articles (fol. 21v). Une autre, qui est "en patron lai", est tenue par Bertrand Rideau, prêtre et chanoine, qui doit lui aussi trois messes par semaine, pour 45 sous de rente en deux articles (fol. 12r). Il n'existe pas de déclaration pour la troisième, dont l'existence se déduit du fait que Pierre Pignon ci-dessus est dit "l'un des chapellains des troys chappelles Nostre Dame en l'église St-Martial". Signalons aussi qu'une maison de la ville haute tenue par Bertrand Rideau est désignée comme "de la chapelle de Chabannes", qui n'est pas désignée par ailleurs; elle est grevée d'une rente en faveur de Pierre Pignon.

Saint-Just

L'église Saint-Just est le siège d'un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers. Le prieur est René Delauzon. Sa déclaration est présentée par le prêtre Léger Ferron en qualité de procureur (fol. 66v-68v). Elle concerne le fief du prieuré, que nous présentons plus loin, et une rente de 10 bétuzes de froment due par le baron, à la charge par le prieur de célébrer chaque année, à la saint Michel, "un anniversaire de vigile et une messe à note et un libera", et d'entretenir une lampe brûlant jour et nuit dans l'église, "en souvenir audit seigneur ou ses officiers".

Le nom du curé ne figure pas dans la déclaration pour la cure, qui est signée par un nommé Lévesque, en qualité de procureur (fol. 84v-85r). Cette déclaration comporte des rentes constituées par legs sur six immeubles, et d'autres, dites foncières, sur sept immeubles, pour un total de 6 livres environ. La plupart de ces immeubles sont dans la paroisse Saint-Just. La maison de la cure, appelée "chapellenie de Saint-Just", se trouve à l'extrémité est de la rue du Marché, au sud; un jardin tout près en dépend.

Une chapelle de Saint-Jean-Baptiste est desservie par Jean Yvonnet, prêtre, qui déclare un revenu de 12 sous en deux articles (fol. 17v), auquel un particulier ajoute 7 sous 6 deniers.

 Saint-Léger

La cure appartient en propre au chapitre qui l'a affermée à Cyprien Rabault, prêtre, en qualité de vicaire. Celui-ci déclare les rentes "par le commandement de messieurs les chantre, chanoines et bacheliers" (fol. 114v-118r) : plus de 14 livres et un chapon, en 27 articles, comportant une douzaine de services religieux. La maison de la cure, avec cour et jardin, est en façade du quartier des Châtelliers, au contact du cimetière.

Il existe une fabrique dont les revenus sont déclarés par les fabriqueurs Jean Pierre, Denis Dupuys et Louis Delauzon (fol. 113r-114r) : 3 livres et demie en sept rentes foncières.

On dénombre six chapelles. Deux sont desservies à l'autel Notre-Dame, sous le vocable de Notre-Dame. L'une est dite de Notre-Dame la Piette; le chapelain est François Masson le Jeune, qui déclare deux rentes foncières de 60 sous chacune, assises sur une seule maison située au querreu Piet qui, pour cette raison, est appelée maison de Notre-Dame la Piette (fol. 54v). L'autre est dite de Notre-Dame de Lutèce [pour "de liesse"]; elle n'est connue que par une rente de 20 sous sur un immeuble de la ville basse, qui est déclarée par les débiteurs; le chapelain semble s'appeler Peninon. Une chapelle de Saint-Eutrope est desservie par le prêtre François Gaschard qui déclare 47 sous et une bétuze de froment en trois articles (fol. 73r); un déclarant lui attribue en plus 2 sous 6 deniers. Une chapelle de Saint-Pierre, dite aussi de Saint-Martin-la-Rivière ou des Tongrelou, a été réservée à Pierre Clabat, écolier à Poitiers, fils de Mathurine de Tongrelou et petit-fils de Pierre de Tongrelou, seigneur de Saint-Martin-la-Rivière; Clabat déclare 5 livres 14 sous de rentes en quatre articles (fol. 125r-v). Une chapelle du Saint-Sépulcre est tenue par Blais Deshoullières, prêtre et chanoine de Saint-Pierre, qui déclare 20 sous et une bétuze de froment en deux articles (fol. 50r). La dernière, dédiée à Saint-Jean-Baptiste et Saint-Jean-l'Evangéliste, est désignée seulement par le débiteur d'une rente de 60 sous.

 Saint-Pierre des Eglises

Bien que fort éloignée, cette église est mentionnée parce que la maison de la cure, dite "chapellenie des Eglises", est située en ville, au bas de la rue des Corderies, et parce que la cure dispose d'une rente de 5 sous sur une maison des Barrières, déclarée par le chantre et les chanoines de Saint-Pierre, "comme curés". La déclaration est signée "Ferron scribe du chapitre" (fol. 83v-84r).

Une rente foncière de 20 sous sur une autre maison des Barrières est déclarée par le tenancier au profit d'un "chapelain de l'autel Sainte-Catherine en l'église de Saint-Pierre des Eglises", qui n'est pas désigné par ailleurs. D'autre part, une rente de 10 sous sur une troisième maison des Barrières est déclarée par l'occupant au bénéfice de "Me Mathurin Bouchet, chapelain de la chapelle Saint-Maurice desservie en la chapelle Saint-Maurice des Eglises". Nous n'avons trouvé aucune autre mention de cette chapelle.

Les chapelles

Antoine Blai, étudiant en l'Université de Poitiers, déclare en qualité de "chapelain de la Madeleine de Chauvigny et aumônier" (fol.102r-103r). Il tient la chapelle, l'aumônerie et appartenances, pour lesquelles il doit au baron 10 sous à Noël ou à la fête de Saint Savin et 60 sous à muance de seigneur. L'aumônerie est "sujette à loger les pauvres passants". Le chapelain doit dire trois messes par semaine dans la chapelle de la Madeleine et dispose d'environ 5 livres et demie et une bétuze de froment de rente annuelle, en neuf articles. Les déclarants lui attribuent en plus une cinquantaine de sous et une poule en six autres articles.

La chapelle Saint-Michel du grand château est desservie par Mathurin Bouchet, prêtre, dont la déclaration (fol. 118r-v) ne fait pas état de rentes à son profit mais d'un cens qu'il doit au baron pour "la maison de sa chapelle", sise en Donjon, dans la rue des Rampes.

La chapelle de Notre-Dame de Grâce, située dans le faubourg nord, hors de la zone soumise à déclaration, est souvent nommée pour indiquer des directions, mais nous n'avons aucune information à son sujet.

 Eglises et communautés extérieures

Quelques églises de Poitiers et quelques communautés ecclésiastiques des environs ont des intérêts dans la ville.

La cure de Saint-Paul de Poitiers a une rente de 4 sous 2 deniers sur une maison de la rue de Châtellerault, déclarée par le vicaire Guillaume Fradin, prêtre (fol. 126r). La chapelle de Feurtault desservie en l'église Saint-Cybard de la même ville, à l'autel Notre-Dame, dispose d'une rente de 20 sous sur la maison des Allemands, déclarée par le chapelain, François Cherpentier (fol. 30r). La confrérie Notre-Dame de Saint-Didier déclare 4 livres de rente foncière sur l'hôtellerie de l'Image Saint-Jacques et 10 sous sur une maison de la rue Faideau, par les soins de son receveur, le prêtre François Fradin, et d'un procureur de Poitiers (fol. 82v-83r). Enfin une rente de 15 sous sur deux maisons de la ville basse est déclarée par le fermier des domaines des héritiers d'un élu de Poitiers, au bénéfice du chapelain de la chapelle Bastard en l'église Sainte-Radegonde (f. 99v).

Le prêtre Blais Deshoullières fait une courte déclaration comme procureur de "messire Jehan Cardinault, prêtre, commandeur de Chauvigny, membre dépendant de la Maison-Dieu de Montmorillon" : 67 sous en 3 articles (f. 100r-v), à quoi s'ajoute une rente de 5 sous déclarée seulement par un tenancier. L'implantation à Chauvigny de la Maison-Dieu de Montmorillon remonte au moins au début du XIVe siècle : en 1309 une "terre de la Mayson Dé" est désignée en Varenne (3).

Le couvent de Notre-Dame de l'Etoile possède deux maisons entre l'église Saint-Pierre et l'impasse Saint-Pierre, dont l'une, qui est appelée la maison de l'Etoile, est tenue du baron à cens et rente féodale. Il dispose de 9 rentes pour un total de 9 livres environ. Sa déclaration est présentée par frère Jean Rivareau, prieur et procureur syndic (f.88r-v).

Le prieuré de Notre-Dame de la Puye détient le moulin aux Dames, sur le chemin de Châtellerault, qui est hors de la zone soumise à déclaration, mais Denis Laurandeau déclare en faveur de particuliers un devoir de 60 "boicellots" de blé, à savoir 20 de froment, 20 de seigle et 20 de baillarge, assis sur ce moulin (fol. 126v). D'autre part, Me Pierre Bonnestat, procureur fiscal du prieuré, déclare deux rentes de 4 boisseaux de froment dues par le baron sur son moulin de Millier, et 4 deniers de "cens noble" plus 12 sous de rente sur une maison de la rue Saint-Pierre (fol. 7v).

L'abbaye de la Merci-Dieu ne présente pas de déclaration mais on connaît trois rentes déclarées à son profit, sur trois maisons voisines en ville haute, chacune d'un montant de 13 sous 4 deniers. Il est probable que cet ensemble ne constitue qu'une seule rente de 40 sous assise sur trois immeubles.

Il n'existe pas non plus de déclaration pour le prieuré du Teil-aux-Moines, dans la paroisse de la Chapelle-Viviers, mais Louise Porcheron déclare lui devoir 5 sous de cens et 20 sous de rente sur une maison de la rue Faideau.

 Notes du chapitre

 1. Tranchant (Charles), op. cit., p. 187.

2. Archives départementales de la Vienne, G 8 18.

3. Archives Historiques du Poitou, tome x, 1881, p. 286.

 

FIEFS ET SEIGNEURIES

 

On ne peut saisir les seigneuries foncières qu'imparfaitement parce que les cens, modiques, sont souvent oubliés par les censitaires dont certains, d'ailleurs, semblent bien avoir commis des erreurs dans la désignation des bénéficiaires. De plus, des seigneurs présentent des listes incomplètes ou ne distinguant pas clairement les "devoirs" selon leur nature, voire mentionnant des cens suspects. Certains n'ont même pas fait de déclaration, ce qui est le cas du principal, l'évêque baron. De son côté, René Pignonneau néglige de déclarer au dessous de 12 deniers, alors que beaucoup de cens n'atteignent pas cette somme. Aussi ne connaît-on les cens que pour 47% des immeubles. Ce faible pourcentage est cependant suffisant pour constater un émiettement de l'espace entre plusieurs seigneuries d'importance inégale, plus ou moins fragmentées, émiettement qui devait être plus accusé avant que les prédécesseurs de l'évêque aient réuni en leurs mains successivement les fiefs de Montléon, de Gouzon et d'Harcourt.

 La seigneurie de l'évêque

"Monsieur de Poitiers", comme l'appellent certains tenanciers, est ainsi, en même temps que le seigneur féodal, le principal seigneur foncier dans la ville. Ses cens ne dépassent guère 12 deniers, auxquels peuvent s'ajouter des "rentes féodales", notamment dans le quartier du Donjon, dont la plus élevée est de 25 sous et deux chapons. Pour les 174 articles que nous avons pu recenser, il perçoit quelque 20 livres, comprise une rente de 4 livres sur le moulin à tan. La liste est certainement incomplète mais il est évident que le produit de la seigneurie foncière épiscopale est dérisoire.

Le domaine réservé perceptible consiste en une "charretterie" en Donjon, qui donne sur l'impasse Saint-Pierre, un fenil et un chenil en Barrières, sur le chemin de la Fontaine, une saulaie, des jardins et chènevières sous la chaussée du grand étang. La baron possède aussi les deux moulins des Barrières, appelés de Rochereou ou de Rochereul et de Millier, et le moulin de Saint-Léger, qui sont grevés de rentes en blés au bénéfice du chapitre, du prieuré de la Puye et du chantre de Saint-Pierre. Il a deux fours, situés à proximité et à l'intérieur du quartier des Barrières, qui sont dits four d'Harcourt et four des Barrières. Il est possible toutefois qu'il ne dispose que de la moitié du dernier, en indivis, si, comme nous le supposons, ce four est celui du fief de l'Age que nous présentons plus bas.

 Le fief du prieuré

A l'origine de ce fief est la donation faite à l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, vers 1025, par l'évêque Isembert 1er, d'une terre située entre les deux bras du ruisseau, pour y édifier "un bourg". On constate cependant que la censive du prieur de Saint-Just dépasse ces limites au sud, où elle atteint la rue du Pavillon. En ville, on la repère le long du Talbat, depuis le moulin de Saint-Léger jusqu'à la rue du Berry. Elle consiste essentiellement en jardins et chènevières, de part et d'autre de la rue du Marché. Le projet conçu au XIe siècle par l'évêque n'est donc pas encore réalisé au milieu du XVIe siècle. Le développement de la ville s'est effectué non au sud du Talbat mais le long de la voie qui conduisait aux Eglises et à Saint-Martin-la-Rivière, voie qui est devenue la rue de la Paix.

Le domaine est constitué par les bâtiments et les jardins du prieuré, qui s'étendent au sud et à l'est de l'église. Le revenu foncier de la seigneurie ne dépasse pas 8 livres et 4 bétuzes de froment, cens et rentes confondus. Il faudrait y ajouter le produit du moulin de Saint-Just, pour lequel nous ne disposons d'aucun renseignement.

 Le fief de Verre

Un fief dont l'origine nous échappe est le "fief de Verre". Le samedi 19 août, Jean de Saugé a présenté, en qualité de procureur de maître Claude Guérin, une déclaration écrite signée Begaud greffier, qui a été transcrite sous le titre "Cens deubz à Me Claude Guérin, avocat à Poitiers, seigneur du fief de Marnay, qui furent autrefois de Loubressay et se payent le dimanche d'emprès la feste sainct Légier, à Chauvigny, près le puy et maisons des Laurens" (fol. 88v et 91v-92v). Une note marginale signale : "Nota qu'il faudrait voir ladicte déclaration car c'est le fief de Vesre". Les tenanciers déclarent en effet leurs cens au nom du "sieur de Verre" ou "seigneur de Verre", à l'exception de trois, qui désignent "Me Louis Guérin, seigneur du fief de Verre", et qui ont au moins une génération de retard. Nous ignorons comment ce fief urbain est passé des mains des seigneurs de Loubressay en celles des Guérin. Il est toutefois probable que le nom de Verre est celui d'un château de la commune de Saint-Georges-les-Baillargeaux, qui était le siège d'un fief relevant du château d'Harcourt.

Ce "fief de Verre" comprend, pour l'essentiel, un ensemble d'immeubles d'un seul tenant, dans l'angle compris entre la rue de Châtellerault et la rue de l'Ancien Pont et il déborde sur les terroirs de Champ Marsay et la Nougeraie, hors les murs, de sorte qu'il doit être antérieur à l'édification de ces murs. Le reste est assez dispersé : 4 articles dans la rue de l'Ancien Pont sud, 3 dans la rue Faideau, 1 dans la rue Saint-Pierre, 2 au Petit Marché, 2 dans la rue de la Grande Ecole, 1 dans le faubourg est, du moins en tenant compte des déclarations de particuliers qui avouent devoir des cens à la Toussaint que Claude Guérin ne mentionne pas. Pour une quarantaine d'articles, la censive représente un revenu d'environ 55 sous, soit 1 sou et demi en moyenne par article, ce qui est un peu inférieur à la moyenne des cens dus à l'évêque. Claude Guérin n'a pas de rentes.

 Le fief de la Talbâtière

Renée Favereau, veuve Me François Porcheron, fait comme tutrice de ses enfants mineurs une déclaration écrite bien présentée, qui distingue des cens, dus à la saint Michel, et des rentes dues à différents termes mais surtout à la saint Michel (fol. 128v-131v). Les immeubles de la censive sont faciles à identifier parce qu'ils sont classés selon leur localisation. Il manque cependant quelques cens dus à la Toussaint qui sont connus grâce aux tenanciers. Cette censive est celle de la Talbâtière : les tenanciers déclarent le plus souvent au nom du "sieur de la Talbâtière". Elle comprend une chènevière en Champ Marsay, 3 maisons contiguës dans la rue de l'Ancien Pont, au sud, 9 maisons contiguës dans la rue de la Paix, à l'est, 8 maisons ou jardins dans le faubourg de l'Aumônerie et une maison non localisée. L'ensemble représente 42 deniers, soit moins de 2 deniers en moyenne par immeuble. Les rentes, qui sont assises sur d'autres immeubles que les cens, sont au nombre de 28, pour un total d'environ 20 livres, 2 chapons et 8 boisseaux de froment.

En 1309, Hamon de Chauvigny a compris dans son fief de la Talbâtière 6 maisons qui semblent situées dans la future rue de la Treille [rue de la Paix] et constituer l'amorce de cette rue au nord, près du ruisseau (1). En 1778-1780, le terrier de la baronnie signale que toutes les maisons de cette rue, à l'est, sont du fief de la Talbâtière.

 Le fief de Migné

Maître Joachin Rogier déclare en qualité de seigneur de Migné [commune de Jardres], 21 sous de cens et rentes féodales, à la Toussaint, sur un petit terroir, aux Pruniers, au nord de la rue des Trois Rois, dont il donne une délimitation assez confuse (fol. 46v). Les déclarations des tenanciers permettent d'identifier 6 maisons et 1 jardin. En 1309, la dame de Migné a déclaré environ 8 sous de cens qui lui étaient rendus à Chauvigny, le lendemain de la Toussaint (2).

 Le fief d'Artiges

La seigneurie d'Artiges est tenue en indivis de l'évêque, pour une moitié par Pierre Gombaud, écuyer, pour l'autre par les mineurs François et Jacques Gillier, fils de feu Jean Gillier et Jeanne d'Argouges. Cette dernière est remariée avec Gabriel de Raynier qui est curateur de ses enfants. Elle a "droit de douaire, selon la coutume du pays", sur la moitié qui appartient à ses enfants. Les seigneurs d'Artiges présentent une déclaration commune de leurs "cens, rentes, debvoirs seigneuriaulx et féodaulx", rédigée à Chinon (fol. 121r-123v), qui comporte une quarantaine d'articles où les rentes sont un peu plus nombreuses que les cens. La censive est dispersée, presque entièrement en ville basse : 2 maisons identifiées rue Faideau nord, à l'est de la rue Pouzillard; peut-être jardin du Vivier, rue du Moulin St-Léger ouest, et 3 maisons voisines, rue Faideau sud; 5 immeubles contigus dans la rue de la Paix, côté ouest, au sud du ruisseau; hôtellerie de la Corne de Cerf et maison contiguë; groupe de 3 maisons en ville haute, devant les douves du Donjon; maison dans la rue des Corderies. Ces cens ne dépassent pas 10 deniers, à l'exception de celui de l'hôtellerie qui est de 20 deniers. Cens et rentes réunis représentent environ 30 livres en espèces auxquelles s'ajoutent quelques suffrages.

 Le fief de Flins

Il y a une dizaine d'années, Jean Chasteigner, seigneur de la Roche-Posay et de Touffou, a acquis le fief rural de Flins [commune de Bonnes] et en même temps la tour de Flins, à Chauvigny, qui en est le manoir urbain. Très occupé au service du roi, il ne doit pas séjourner souvent à Chauvigny. Il ne déclare pas les revenus de son fief qui n'est qu'entrevu à travers des déclarations de tenanciers : deux maisons et une étable dans la rue Saint-Pierre, en face de sa tour, près de son pressoir, et un jardin hors les murs. Cens et rentes connus représentent un total de 8 livres environ, 2 poules et 2 chapons.

 Le fief de l'Age

D'après le terrier de la baronnie constitué de 1778 à 1780, ce fief était possédé en indivis pour moitié par l'évêque et pour moitié par une famille. Il était d'importance puisqu'il comprenait la presque totalité du quartier des Barrières et, dans le faubourg est, le "canton des Clouteries" qui s'étendait entre le chemin de la Fontaine, la ville haute et le sentier du Lusset, sur les pentes dominées par le château baronnial et le château d'Harcourt. Il se prolongeait même dans les "Petits Prés Mayaud", de l'autre côté du chemin. Or il n'existe aucune déclaration d'ensemble en 1553, ni pour l'évêque ni pour son "parsonnier". Le fief n'est même pas clairement désigné alors qu'un puits qui marquait une de ses extrémités au bas de la rue des Corderies, est mentionné à plusieurs reprises : "le puits de l'Age".

Les déclarations des tenanciers, seule source d'information pour le fief en 1553, sont faites au bénéfice : de l'évêque pour les plus nombreuses; d'un "sieur de l'Age" pour une maison en Barrières [semble-t-il], un groupe de quatre maisons dans la rue de la Fontaine, à l'est, et une vigne appelée le Terrier, qui n'est pas localisée; d'un "sieur de la Salle d'Archigny" pour quatre immeubles des Barrières; d'un "sieur de la Bertholière" pour un fondis de la rue des Corderies. En fait le "sieur de l'Age", le "sieur de la Salle d'Archigny" et le "sieur de la Bertholière" ne sont qu'un seul et même personnage qui porte le patronyme "de l'Age", le fief ayant reçu le nom de ses possesseurs. En effet, en 1582 Charles de l'Age, sieur de la Bertholière [paroisse de la Bussière], fait aveu à l'évêque du fief de la Salle Cordou, autrement fief de l'Age, situé à Chauvigny (3) et des actes de 1594 et 1604 montrent que le fief des Ageois, à Charasson [paroisse de Saint-Pierre des Eglises], qui doit aussi son nom aux de l'Age, est tenu par le seigneur de la Salle d'Archigny (4). D'autre part, une "maison au sieur de la Salle d'Archigny", que nous n'avons pu localiser avec précision, est signalée en Barrières en 1553. C'est peut-être la "maison de l'Age" que le terrier de la baronnie présente comme disparue, à l'angle de la rue des Barrières et du chemin de la Fontaine. Le "four des Barrières", situé en ce lieu en 1553, qui n'existe plus vers 1780, serait ainsi le four banal du "fief de l'Age". En ce cas, les déclarants qui attribuent ce four uniquement à l'évêque seraient aussi imprécis que ceux qui déclarent leurs cens au bénéfice du seul évêque.

 Autres fiefs et censives

La déclaration du chapitre ne permet pas de déceler les éléments d'une seigneurie foncière parce qu'elle ne mentionne pas de cens. Une déclaration de fief en date du 15 février 1566 n'est pas d'un plus grand secours car elle est aussi imprécise (5.) Ainsi l'hôtellerie du Cheval Blanc y est présentée comme dépendant uniquement des chanoines alors qu'en 1553 le tenancier déclare devoir un cens au baron. Le domaine capitulaire perceptible en 1553 est une grange située à l'angle des rues porte Chevreau et de Bretagne et une "maison canoniale" près du château de Gouzon.

René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, et Antoine Pignonneau, sieur du Teil, déclarent séparément quelques cens sur des immeubles situés près des terres de la métairie du premier (respectivement fol. 107v-109v et 99v) : sur un petit jardin et une petite cave contigus à la métairie pour René, sur une maison de la rue de la Grande Ecole pour Léon. Un tenancier ajoute un cens sur un jardin et une petite étable du faubourg nord au bénéfice des "héritiers de feu Guichard Pignonneau". Ce sont probablement des éléments d'un fief connu au XVIIIe siècle sous le nom de fief des Puys.

Comme héritier de sa mère Françoise Yvon, Savin Rozet, de Saint-Savin, bénéficie de quelques cens (fol. 47r-48r) : sur une maison et une tannerie de la rue du moulin Saint-Léger, deux immeubles dans la rue Jean Arnault et deux non localisés. Nous n'avons aucun renseignement sur l'origine de ces cens.

Il n'existe pas de déclaration pour le seigneur d'un fief de la Corgée ou Courgée, au bénéfice duquel des particuliers mentionnent quatre cens valant en tout 10 deniers, sur deux immeubles en Barrières, un au faubourg nord et un au faubourg est. Ce fief est dit "fief de la Courgée autrement l'Espinoux" en 1601 (6). Attesté en 1379 sous le nom de l'Espinoux, il a dû être appelé "la Corgée" parce qu'il a été tenu pour partie par une famille "de la Corgée" au XVe siècle (7).

 Notes du chapitre

1. Archives Historiques du Poitou, tome x, 1881, p. 259.

2. Ibid., p. 272.

3. Terrier de la baronnie, F 3 de notre étude à paraître.

4. Auber (Abbé), "Recherches sur Saint-Pierre-les Eglises", dans Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1851, p. 376-377.

5. Voir Duguet (Jacques), "Le fief du chapitre de Saint-Pierre de Chauvigny en 1566 et 1583", dans Le Pays Chauvinois, tome III, n° 19, décembre 1980, p. 26-29.

6. Rédet (Louis), Dictionnaire topographique du département de la Vienne, article Epinoux.

7. Camus (S.), dans le Pays Chauvinois, n° 17, p. 24.

   

LA HAUTE VILLE

 

Rue St-Pierre ouest - de la porte Brunet à la rue des Puys

HV 1 (39v, 88r, 114r), maison et jardin, à Bertrand Rabyt pour 1/2, Me Charles Dada et Huguet Faix, boucher, chacun pour 1/4, autrefois aux Berthon; haute ville, rue de la porte Brunet, joignant la porte Brunet; - rente foncière 15 s à Me Jean Charles à la saint Michel, dont Bertrand Rabyt déclare la moitié à Noël et les autres rien [Me Jean Charles signale que Me Charles Dada a été condamné à en payer 1/4 par le juge de Chauvigny, "au profit de Pierre Favereau", mais qu'il a fait appel "en la cour des assises de Chauvigny"] - rente foncière 15 s à l'abbaye de l'Etoile déclarée par le procureur syndic de l'abbaye à la charge de Bertrand Rabyt qui n'avoue que 12 s 6 d, mais Jeanne Cornoueille déclare d'autre part, sur sa maison F 43, une aide de 6 s à Bertrand Rabyt, pour payer une rente à l'abbaye de l'Etoile.

HV 2 (18r, 39v, 62v-63r, 76r, 113r, 128r), maison dont l'étage, composé d'une "chambre de devant" et une "chambre de derrière", est à Huguet Faix, boucher, qui y demeure, et le rez-de-chaussée et la cave sont à Bertrand Rabyt; haute ville, rue de la porte Brunet à l'église St-Martial, près la porte Brunet;

- cens 12 d au sieur de Verre, déclaré uniquement par Huguet Faix - 5 s à Me Martial Moutard, à Noël, dus par Bertrand Rabyt - 10 s au chapitre, au même terme, dus par le même - 25 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, dus par Huguet Faix pour sa chambre de devant - rente foncière 18 s à la fabrique de St-Léger, au même terme, due par le même sur sa chambre de derrière, autrefois due par Louis Chatonnet à feu Guillaume Dubois qui l'a donnée à la fabrique. Les procureurs de la fabrique indiquent que la rente de 18 s est à la charge de "faire dire, célébrer perpétuellement, chaque année, le lendemain de la Fête-Dieu, en l'église St-Léger, deux messes et vigiles, le tout en note, et une messe à secret, et le faire savoir au dit Guillaume Dubois ou à ceux qui de lui auront cause, à leur maison, pour assister aux dites messes, et, à l'issue de ces messes, le chapelain sera tenu d'aller sur les sépultures des parents et amis trépassés".

HV 3 (62v, 70r), fondis et petit jardin attenant, alias maison et fondis, à Huguet Faix, boucher, autrefois à feu Pierre Péagier et à feu Jean Péagier; haute ville; - 10 s à Jacques Pasquier, déclarés d'autre part par Huguet Faix au nom des "héritiers et biens tenants de feu Jean Péagier".

HV 4 (21v, 100r), maison et jardin, alias maison et appartenances, à Gilles Ferron; rue publique de la porte Brunet au Grand Marché et, par le derrière, rue ou venelle de la porte Brunet à l'église St-Martial, près la porte Brunet; - rente 20 s, à la saint Michel, à messire Pierre Pignon, chapelain d'une des trois chapelles Notre- Dame en l'église St-Martial, fondée par messire Simon Brunet.

HV 5 (76r), petite maison à Me Jean Doré à cause de Marguerite Vincent, sa femme, autrefois à Colas Boutineau puis à feu Guillaume Vincent; près la porte Brunet; - 5 s au chapitre déclarés uniquement par celui-ci. D'autre part, Me René Berthelot déclare à son profit une rente de 25 s sur une maison en haute ville, aux noms de Pierre Vincent et Me Jean Doré à cause de sa femme (24r), maison qui est peut-être celle--ci.

HV 6 (104r), maison, cour et appentis, à Me Charles Dada; rue de la porte Brunet, rue publique de la porte Brunet au Grand Marché; - cens 12 d et rente 25 s au seigneur de Touffou, à Noël.

HV 7 (22r, 115r), maison et cour, à Vincent Gervais, serrurier, où il se tient; rue du Grand Marché à la porte Brunet; - cens 2 d et rente 5 s au seigneur de la Roche-Posay, à la Toussaint - rente foncière 40 s, à l'Annonciation Notre-Dame, à messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger. Le prêtre signale que la rente dont il jouit a été donnée à la cure de St-Léger par feu messire Pierre Texier, à charge de célébrer quatre anniversaires par an, savoir vigiles, messe de requiem et libera, le tout en note, le jour de la chère saint Pierre, le jour saint Georges, la vigile saint Pierre et saint Paul, et la vigile de saint Crespin et saint Crespinian.

HV 8 (110v), étable à Adrienne Boitie, veuve François Maurat ; haute ville, grand rue du Marché à la porte Brunet; - rente 5 s à M. de Touffou, à la Toussaint.

HV 9, pressoir du seigneur de Flins, connu par les confrontations de HV 8 et 10.

HV 10 (12r), petite maison appelée la Pellauderie, à Me Pierre Bonnestat, procureur, autrefois à feu Bertrand Boilesve; - 15 s, à la saint Michel, à messire Bertrand Rideau, chapelain d'une chapelle Notre-Dame en l'église St-Martial.

 

Rue St-Pierre est - de la porte Brunet à la porte de Gouzon

HV 11 (42v, 75v), maison, jardin et "pressoir à tirer vin", à Jeanne Cornoueille, veuve Antoine Barré, où elle se tient; haute ville, rue de la porte Brunet, près la porte Brunet; - rente 25 s au chapitre, la moitié à Noël, la moitié à la saint Jean-Baptiste.

HV 12, maison aux hoirs feu Laurent Dada, connue par les confrontations de HV 11 et 13.

HV 13 (94r, 114r-v), maison à Marie Ballin, veuve Me James Bonnestat; rue de la porte Brunet, près la porte Brunet; - cens 2 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 5 s à Me Jean Charles, notaire royal, à la saint Michel.

HV 14 (7v, 42v), maison et jardin à Jeanne Cornoueille, veuve Antoine Barré; dans la ville, rue de la porte Brunet, rue du Marché à la porte Brunet, tenant à la tour de Flins; - cens noble 4 d et rente 12 s, à Noël, aux religieuses de la Puye, d'après le procureur fiscal du prieuré de la Puye, mais rente 12 s 2 d aux mêmes, au même terme, d'après Jeanne Cornoueille.

HV 15 (45v), entrée de maison, chambre haute et petit grenier au dessus, à Mathurin Gardemaud, marchand boucher; près et joignant le Grand Marché, joignant le logis du lieu de Flins assis près le Grand Marché; - rente 10 s et 2 chapons, à Noël, au seigneur de Touffou, à présent seigneur de Flins, qui ne fait pas de déclaration.

HV 16 (45v, 124v), maison tenue par Jeanne Cornoueille, veuve Antoine Barré, autrefois à feu Thomas Cousin, à feu Jean Cousin; - rente foncière 10 s, à Noël et à la saint Jean-Baptiste, déclarée par Joachin Maurat à son profit et à celui de ses parsonniers, assignée sur cette maison à cause d'un cellier et cave joignant la dite maison. Jeanne Cornoueille ne déclare pas cette rente.

HV 17 (45v), petite maison, autrefois en fondis, à Mathurin Gardemaud, marchand boucher, [où il tient sa boucherie, d'après les confrontations de HV 18]; on Grand Marché; - cens 5 s au baron, à la Toussaint.

HV 18 (44v, 46r), cellier avec petite place devant où il y a eu autrefois un four, alias cellier et cave, à Mathurin Gardemaud, marchand boucher; au Grand Marché; - rente foncière 10 s à Charles Barré, marchand de Châtellerault, à l'Annonciation Notre-Dame ou Notre-Dame de mars. François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, déclare en sa faveur une rente de 100 s, à la saint Michel, sur une maison avec son four, on Marciou [pour Marchiou, "place du marché"], tenant à la maison de la dame de Flins et, par le devant, à la rue du dit Marciou (120r). S'agit-il du four disparu? François Boinet ajoute qu'il n'a pas été payé de cette rente depuis longtemps et ignore pourquoi mais qu'il la déclare à telle fin que de raison, ainsi qu'il l'a trouvée dans ses titres et papiers.

HV 19 (80r, 86r, 94v, 128r), maison avec four appelé le four du Grand Marché, "fourniou" et verger, où se tient Jeanne Béliard, veuve Pierre Chacheugne, fournier; haute ville; - rente foncière 25 s à Antoine Fournier et ses cohéritiers, héritiers de feu Laurent Fournier [Jeanne Demairé, veuve Guillaume Chacheugne, et Jacques Charet, mari de Jeanne Chacheugne, déclarent devoir respectivement 4 s 4 d et 8 s 8 d, soit en tout 13 s; nous ignorons qui doit les 12 s complémentaires] - rente 25 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, aux héritiers de Me François Porcheron, déclarée seulement par Renée Favereau, veuve François Porcheron - 25 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, au chapitre qui les déclare à la charge de Jeanne Béliard, veuve Pierre Chacheugne, et Pierre Bardeau, en ajoutant qu'il est en procès en la cour ordinaire de Poitiers.

HV 20, maison et jardin de la cure de St-Pierre, désignés en confrontation de HV 19, 21 et 22.

HV 21 (7r, 22v), maison et jardin attenant, à Claude Texier, tisserand, où il se tient; à l'Usset, près l'usset et chemin par lequel on descend du Grand Marché au Pressou; - 40 s à messire Guillaume Forgier, prêtre, chanoine de St-Pierre, moitié à la saint Michel, moitié à la Notre-Dame de mars ou Annonciation.

HV 22 (22r), petite maison à Vincent Gervais; en ville; - 6 d au baron à la Toussaint - 4 s au chapelain de la chapelle St-Martin en l'église St-Pierre, à la saint Martin, non déclarés par le chapelain.

HV 23 (7r), maison à Jean Richard, où il se tient; près l'uisset; - 7 s à messire Guillaume Forgier, prêtre, chanoine de St-Pierre, seul déclarant.

HV 24 (92v, 93r), maison appelée la Raguillerie, avec jardin attenant, à Simone Boutinilhe, veuve François Desbruyères, où elle se tient; chemin de la haute ville à l'uisset; - 20 s aux héritiers de feu Jacques Ferron, dit Mérigot, à la saint Michel, d'après Simone Boutinilhe [Joachin Martineau, tuteur et curateur des enfants mineurs de feu Jacques Ferron, déclare 13 s 4 d, les 2/3 des 20 s dus avec des parsonniers].

HV 25 (46r, 50r), maison et jardin, alias fondis et jardin, à Mathurin Gardemaud, marchand boucher; près le lieu appelé l'Uisset, sentier descendant du Marché de cette ville au Pressou, es doues du château de Gouzon, au lieu appelé l'Usset; - rente 15 s, moitié à la saint Michel, moitié à la Notre-Dame de chasse- mars, à messire Blais Deshoullières, due par Mathurin Gardemaud - 5 s au même dus par les héritiers de feu Jean Ferron, dit Mérigot. Les deux rentes sont dues au prêtre en qualité de chapelain de la chapelle du St-Sépulcre alias du sépulcre Notre-Dame, en l'église St-Léger. Celui-ci signale qu'il est en procès avec les héritiers de feu Jean Ferron, pour les 5 sous.

HV 26 (50v, 93v), maison et jardin attenant, à Jacques Goujon, où il se tient; près l'usset, près la porte à l'usset, paroisse St-Pierre; - rente 20 s aux frères Jacques et Pierre Mayaud, moitié à la Notre-Dame de mars, moitié à Noël, d'après les Mayaud, à la saint Jean d'après Jacques Goujon.

HV 27, jardin de la chevecerie, désigné en confrontation de HV 25 et 26 [situé probablement hors les murs].

 

Rue St-Pierre - mal localisés

HV 28 (74r), maison aux hoirs feu Guillaume Dada; rue de la porte Brunet; - 15 s au chapitre, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, déclarés par le seul chapitre qui précise : en procès de criées pendant en la cour puis dix ans en ça.

HV 29 (24r), jardin ou verger, à Me Pierre Delarivière; haute ville, près la porte Brunet; - 25 s à Me René Berthelot, déclarés seulement par celui-ci.

 

Rue Porte Chevreau est - entre la porte Chevreau et la rue du Laurier

HV 30 (84r, 101r, 107v), maison, alias maisons et jardins, à François Guérin, dit Ragot, où il se tient, autrefois à feu messire Etienne Benest, alias Benoist, prêtre; en ville; - rente foncière 25 s, répartie par moitié entre René Pignonneau et messire Mathurin Bouchier, prêtre, par une sentence du lieutenant de Poitou, mais Jean de Saugé a fait appel au parlement de Paris pour la partie attribuée à Mathurin Bouchier. Il n'y a pas de déclaration pour François Guérin.

HV 31 (4v, 87v), maison et jardin attenant, à Jeanne Portier, veuve Jean Hesneau; rue du château à Notre-Dame de Grâce, rue des grands bancs à Notre-Dame de Grâce, près la porte Regnault; - rente 6 s 4 d à Léon Pignonneau, écuyer, sieur de Boisgigon, à la Toussaint [Jeanne Portier déclare la même somme au titre de cens et rente].

HV 32 (12v, 87r), maison à messire Bertrand Rideau, prêtre, chanoine de St- Pierre; des grands bancs à Notre Dame de Grâce, près la porte à Regnault, près la porte Regnault; - rente 20 s, à la saint Michel, à Léon Pignonneau, qui précise : au lieu de feu Mathurin Rideau.

HV 33 (100v, 108r), jardin à Jean de Saugé à cause de sa femme; haute ville, près la porte Arnault et les murailles de la ville, tenant aux murailles de la ville; - rente foncière 18 d à René Pignonneau, à la saint Michel, pour "une petite allée dans le jardin". Ce jardin semble s'étendre derrière les maisons HV 30, 31 et 32.

HV 34 (65v, 111r), maison à Me Mathurin Doré, autrefois à feu Noël Laurent et à Vincent Lamoureux; - cens 2 d au baron - rente 10 s et 1 chapon à Florent de Lanet, écuyer, sieur de Champeaux, à Noël.

HV 35 (65r, 80v, 123r), maison à Me Mathurin Doré où il se tient, autrefois à Jean de Brades; haute ville, près la grand boucherie; - cens 2 d au baron - 20 d au chapitre à Noël, déclarés par le seul chapitre - 25 s aux seigneurs d'Artiges à la saint Michel, d'après Mathurin Doré, mais 6 d de cens et 25 s de rente, au même terme, d'après les seigneurs d'Artiges.

HV 36 (76v), maison dite des clergeons de l'église St-Pierre, où se tient Guillaume Paizay, coutelier, autrefois à Me Martial Moutard; haute ville; - 20 s au chapitre qui n'indique pas qui doit la rente; il n'y a pas de déclaration pour Guillaume Paizay.

HV 37 (77r, 100v), maison appelée la Bellauderie, alias la Bilhauderie, à Jean de Saugé à cause de sa femme, Blaise Rouget, où se tiennent les époux; haute ville, rue descendant du Petit Marché au grand château, près la grand boucherie; - 5 s au chapitre à Noël.

HV 38, maison où se tient Me Jean Doré, connue par les confrontations de HV 39.

HV 39 (103r-v, 122v, 130r), maison à Me Julien Vergnault, praticien à Chauvigny; haute ville, rue du Grand Marché au Petit Marché, rue du Grand Marché à Notre-Dame de Grâce; - cens 5 d au baron, à la Toussaint ou autre terme - rente 20 s aux Gilliers, seigneurs d'Artiges, moitié à la saint Jean, moitié à Noël - rente 20 s aux héritiers de Me François Porcheron, à Noël d'après Julien Vergnault, à la saint Michel d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron.

HV 40 (47r), devant de maison, à André Lepot, maçon, où il se tient, le derrière étant dans la rue du Laurier; - cens 6 d au baron.

 

Rue du Laurier ouest - du sud au nord

HV 41 (47r, 128v), derrière de maison à André Lepot, maçon; haute ville, rue du Laurier; - 25 s aux hoirs Me François Porcheron, à la saint Michel ou une fois l'an.

HV 42 (41r, 65v), maison, alias derrière de maison, à Mathurin et Jean Doré, frères, autrefois en étable, qui fut à feu Pillorget; rue du Laurier; - rente 20 s au chapitre, à la saint Michel, partagée entre les frères dans la proportion de 1/3 pour Mathurin, qui paie l'intégralité au chapitre, et 2/3 pour Jean qui rembourse son frère.

HV 43 (41r, 65r), maison et appartenances, alias maisons et jardins, appelés de Roche Corbon; près le cimetière de St-Martial, tenant au cimetière de St-Martial; - rente 4 boicellots de froment au curé de St-Martial, à la Toussaint - rente 9 s à Me Mathurin Doré que celui-ci déclare à la charge des héritiers de feu Guillaume Charles. Il n' y a pas de déclaration pour les débiteurs. Les vicaires de St-Martial, qui déclarent pour le curé, mentionnent que la rente due à la cure fait partie d'une rente de 1 setier de froment, savoir 8 boicellots, dont les 4 autres sont dus sur la maison où se tient Me Antoine Faveraud (HV 44).

 

Rue du Laurier est - du sud au nord

HV 44 (1r, 41r, 111r), maison à Me Antoine Faveraud, où il se tient; haute ville, rue du Laurier, venelle du Laurier; - cens 3 d au baron - rente 4 boisseaux de froment, mesure de Chauvigny, au curé de St-Martial, à la saint Michel, d'après Antoine Faveraud, 4 boicellots à la Toussaint, d'après les vicaires procureurs du curé - rente foncière 20 s à Florent de Lanet, écuyer, sieur de Champeaux, à Noël.

HV 45 (1v, 111v), étable à Me Antoine Faveraud; rue du Laurier; - rente foncière 10 s à Florent de Lanet, seigneur de Champeaux, à Noël d'après Antoine Faveraud, à la Toussaint d'après Florent de Lanet. Antoine Faveraud déclare ne pouvoir amortir cette rente.

HV 46 (43r, 111v), maison tenue par Mathurin Drouaud alias Doirvault, antérieurement à feu Antoine Barré; rue du Laurier; - 10 s à Florent de Lanet, seigneur de Champeaux, à la Toussaint - rente 13 s à Jeanne Cornoueille, veuve Antoine Barré. Il n'y a pas de déclaration pour Mathurin Drouaud.

 

Rue des Puys nord - de la rue du Laurier à la rue St-Pierre

La suite des immeubles n'est pas claire, en particulier parce que nous n'avons pas trouvé mention de la rue St-Martial.

HV 47 (26v), maison où se tient Clément Brun; au Petit Marché; - rente foncière 11 s, à la saint Michel, à François Poignard, marchand, demeurant à Niort, déclarée par son fils Mathurin Poignard; il n'y a pas de déclaration pour Clément Brun.

HV 48 (58v, 111r-v), maison qui fut à Mathurin Chaigneau; rue tenant au Grand Marché, rue du Laurier; - rente 4 s au sieur de la Lande, due par Me Martin Dugat demeurant au Blanc, déclarée par messire Guillaume Forgier, prêtre, procureur de Dugat - 20 s à Florent de Lanet, seigneur de Champeaux, dus par les héritiers de feu Me Antoine Forgier, déclarés par Florent de Lanet.

HV 49 (64v, 122v), maison à Bry Sabiron, Sébastien Rousseau et Me Joseph Forgier, autrefois à feu Me Antoine Forgier; on Grand Marché, paroisse St- Martial; - rente 25 s aux seigneurs d'Artiges, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste; la déclaration des possesseurs est faite par leur oncle, messire Guillaume Forgier, prêtre.

HV 50 (66r, 87r, 88r), maison aux enfants mineurs de feu François Fournier, composée d'un devant, qui fut à feu Mathurin Cornoueille, et d'un derrière qui fut à Gervais Rousseau; on Grand Marché, au Marché de Chauvigny, venelle du Grand Marché au presbytère de St-Martial [pour le derrière]; - cens 9 d et rente 10 s au baron, sur la portion qui fut à Mathurin Cornoueille - rente foncière 10 s à l'abbaye de l'Etoile, sur la même portion, déclarée seulement par le prieur et procureur syndic du couvent, à la charge des hoirs feu Jamet Fournier - rente foncière 2 s 9 d à Léon Pignonneau, sur le derrière, à la Toussaint d'après Léon Pignonneau, à la saint Michel d'après Me Mathurin Doré, tuteur et curateur des mineurs Fournier. L'immeuble est dit des hoirs feu Jamet Fournier dans les confrontations de HV 49 et 51.

HV 51 (40v, 75r), maison à Perrette Moine, veuve Jacques Bonniot, où elle se tient; devant le Grand Marché, venelle du Grand Marché à l'église St-Martial; - 5 s au chapitre à la saint Michel.

HV 52 (12r, 58r), maison à Perrette Bonniot, veuve Mathurin Ferron; on Grand Marché; 30 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, à messire Bertrand Rideau, chapelain de la chapelle Notre-Dame en l'église St-Martial.

HV 53 (58r, 61r, 82r), maison à Me Pierre Bonnestat, procureur, où il se tient, fut à feu Laurent Ferreunon (sic, probablement pour Ferron); haute ville, on Marché, au Grand Marché, place du Grand Marché; - moitié de 20 s de rente à Jean Pierre et ses cohéritiers - moitié de 20 s de rente à Perrette Bonniot, à la saint Michel - rente 1 bétuze de 4 boisseaux de froment au chapitre, à Pâques. Il n'y a pas de déclaration personnelle pour Pierre Bonnestat.

 Près l'église St-Martial

Les immeubles réunis sous ce titre sont localisés, dans les déclarations, près du cimetière de St-Martial ou de l'église St-Martial ou sur le chemin de cette église à la porte Brunet. Nous ne pouvons les situer exactement.

HV 54 (26v), maison ou cellier à François Poignard; devant le cimetière de St- Martial; - cens 2 d au baron, à la Toussaint.

HV 55 (40r), petite maison ou étable, à Perrette Moine, veuve Jacques Bonniot; près l'église St-Martial, tenant au cimetière de St-Martial; - rente 13 s 4 d à l'abbaye de la Merci-Dieu, à Noël, déclarée par Perrette Moine seulement.

HV 56 (40r, 88r), petite maison à Perrette Moine, veuve Jacques Bonniot; près le cimetière de St-Martial; - 10 s à l'abbaye de l'Etoile, à la saint Michel.

HV 57 (107r-v, 125r), grange, alias maison et grange, aux héritiers de feu Laurent Fournier; chemin de St-Martial à la porte Brunet, près l'église St-Martial; - rente 13 s 4 d à l'abbaye de la Merci-Dieu - rente foncière 6 s à Joachin Maurat, à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour l'abbaye de la Merci-Dieu. Me Denis Bigot, en qualité de mari de Françoise de Tongrelou, veuve en premières noces de Laurent Fournier, déclare seulement la rente à cette abbaye, en signalant qu'il prétend à l'usufruit de la grange durant la vie de sa femme et qu'il est en procès en la cour de parlement, avec les enfants de feu Laurent Fournier et Françoise de Tongrelou. Joachin Maurat déclare sa rente au nom "des Fournier au lieu de feu Jean Négrier".

HV 58 (13r, 21v), maison et jardin de la chapelle de Chabannes, tenus par messire Bertrand Rideau, prêtre, chanoine de St-Pierre, qui s'y tient d'après une confrontation de HV 61; rue ou venelle de la porte Brunet à l'église St-Martial; - rente 2 s au chapelain de la chapelle Notre-Dame en l'église St-Martial fondée par feu messire Simon Brunet, à la Toussaint d'après Rideau, à la saint Michel d'après le chapelain, messire Pierre Pignon, prêtre.

HV 59 (41r), maisons presbytérales de l'église St-Martial, appelées chapellenie de la cure de St-Martial en confrontation de HV 58; - rente 13 s 4 d à l'abbaye de la Merci-Dieu, à la saint Michel, d'après les vicaires de St-Martial.

HV 60 (12v, 41r), petit appentis et portion de jardin, alias petit jardin, à messire Bertrand Rideau, prêtre, chanoine de St-Pierre; tenant au cimetière de St-Martial pour l'appentis, au chemin de St-Martial à la porte Brunet pour le jardin; - rente 15 s au curé de St-Martial, à la Toussaint d'après les vicaires de St-Martial, es cinq vigiles des fêtes de Notre-Dame et le lendemain de la saint Thomas des Avents, d'après Bertrand Rideau. Les vicaires procureurs du curé précisent que, pour cette rente, le curé ou ses vicaires doivent célébrer, chaque vigile et fête de Notre-Dame et le jour de la dédicace de l'église St-Martial, une messe fondée par messire Laurent Chauveau, oncle de Bertrand Rideau.

HV 61 (12v, 80r), cuvier au même; près l'église St-Martial; - 12 s 6 d au chapitre à Noël. Le chapitre mentionne que la rente a été léguée par feu messire Laurent Chauveau, en même temps qu'une autre de 40 s sur le verger de Bertrand Rideau situé au terroir de Bourseliandre (F 145), à la charge de célébrer une messe de l'office Saint-Martin chaque mardi de la semaine et cinq autres messes chaque année, en l'église St-Martial.

 Rue Porte Chevreau ouest - de la porte Chevreau à la rue de la Grande Ecole

Dans ce secteur les confrontations sont difficiles à interpréter, de sorte que la suite proposée n'est pas assurée.

HV 62 (81r, 87r, 96r, 123r), maison, alias grand appentis, à Clémence Chaillou ou Chillole, veuve Pierre de Saugé, et ses enfants; autrefois à Jean de Saugé l'Aîné et Jean de Saugé le Jeune; haute ville, rue de Chauvigny à la porte Regnault, près la porte Chevreau, près le Petit Peu; - rente 5 s à Léon Pignonneau, à Noël - 3 s 4 d au chapitre - rente 15 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel. Clémence Chaillou ne mentionne pas cet article dans sa déclaration (96r). Le chapitre parle de fondis et précise que les 2 s 4 d qu'il déclare font partie d'une somme de 13 s léguée par feu Me Pierre Cadu, dont Clémence Chaillou et Louis Doré ne veulent payer chacun que 3 s 4 d, la première sur cet immeuble, le second sur son jardin avec cave au Petit Peu (D 13).

HV 63, jardin des hoirs feus Antoine Nicolas et Marie Gauvain, désigné en confrontation de HV 62 et 64. Marie Gauvain est aussi appelée Marie Jaunay (86v-87r). Les héritiers identifiables du couple sont Michel Barballon et Antoine Duval, "à cause de leurs femmes".

HV 64 (88r, 101r), pressoir appelé pressoir du Petit Banc, avec cour, à Bry Sabiron, fils de feu Jean Sabiron, autrefois à feu Me Antoine Forgier; chemin du Petit Marché à Notre-Dame de Grâce, près le Petit Marché; - 2 d au baron, à la Toussaint; - rente 5 s à Jean de Saugé, à la saint Michel.

HV 65 (26v, 125r), maison à Louis Doré où il se tient, autrefois à feu Vincent Lamoureux; près le Petit Marché en la haute ville; - rente foncière 36 s à François Poignard, à la saint Michel - rente foncière 2 s 6 d à Joachin Maurat, au même terme, pour son quart du fief de Tessec. Il n'y a pas de déclaration pour Louis Doré.

HV 66 (66r, 124v), fondis à Me Mathurin Doré; devant la maison où il se tient (HV 35), devant sa maison neuve; - cens 10 s au baron - rente foncière 2 s 6 d à Joachin Maurat et ses parsonniers. Joachin Maurat parle de maison et déclare sa rente au nom de Me Mathurin Doré au lieu de feu Jacques Ferron. Me Mathurin Doré ne déclare pas cette rente à Joachin Maurat.

HV 67, maison non déclarée, signalée comme de feu Hilairet Cornoueille par Me Mathurin Doré et de Mathurin Cornoueille par Joachin Maurat, en confrontation de HV 66, d'une part, comme "des Fournier" en confrontation de HV 68, d'autre part. Les enfants mineurs de feu François Fournier ont en effet une maison qui a appartenu à feu Mathurin Cornoueille (HV 50).

HV 68 (46v, 69r, 79r), maison aux enfants mineurs de feu Vincent Lepot et Perrette Péronnet, où se tient Françoise Cassiotte; haute ville, on Petit Marché, au Vieil Marché, place du Petit Vieux Marché, près la grand boucherie; - rente foncière 10 s au seigneur de Migné, à la saint Michel - 5 s au chapitre, au même terme. Me Joachin Rogier, seigneur de Migné, déclare aux noms de Marin Rabiard, qui est mari de Perrette Péronnet et curateur des enfants mineurs de sa femme, et de Françoise Cassiotte. Le chapitre ne désigne que Françoise Cassiotte, pour la maison où elle se tient.

HV 69 (69r), maison aux mêmes; - cens 3 d au baron, à la Toussaint - 2 s au chapitre qui ne déclare pas cet article.

HV 70 (125 v), maison et verger à Antoine Duval et Michel Barballon, à cause de leurs femmes, autrefois à la veuve Antoine Nicolas; près le Petit Marché; - 2 s 6 d à Joachin Maurat pour son quart du fief de Tessec. Antoine Duval et Michel Barballon ne déclarent pas cet article (126v). D'autre part, les seigneurs d'Artiges déclarent à leur profit une rente de 2 s 6 d sur une maison de Michel Barballon et Antoine Duval, en haute ville, qui paraît être celle-ci (123r).

 Marchés

Sous ce titre sont regroupés des immeubles de la haute ville qui sont en contact avec les places du Petit Marché et du Grand Marché ou avec le château de Gouzon, et hors du quartier du Donjon. Ici les confrontations sont exprimées en termes peu clairs, à cause de la disposition générale des lieux et aussi, semble-t-il, d'une certaine improvisation dans l'utilisation de l'espace. Les localisation exactes nous échappent, de sorte que la suite que nous proposons est purement hypothétique.

HV 71 (47r, 87r), maison à Michel alias Micheau Mallerand, où il se tient; au Petit Marché, tendant du Petit Marché à Notre-Dame de Grâce, tenant par le devant à la place du Petit Marché; - rente 27 s 6 d à la saint Michel et 6 poulets à Pâques, à Léon Pignonneau.

HV 72-73 (1v, 74r, 100v), maisons de la boucherie, contiguës, dont l'une, appelée maison vieille, est à Jean de Saugé, et l'autre, pour partie semble-t-il, à Lucas Daulphin à cause de sa femme, l'ensemble ayant appartenu à Jean de Saugé dit l'Aîné; haute ville, es Bancs, près du Petit Vieux Marché, au lieu appelé les Grands Bancs de cette ville;

- 30 s au chapitre, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste; Jean de Saugé en déclare la moitié, soit 15 s, au terme de Noël, en disant qu'il partage avec Lucas Daulphin; cependant ce dernier ne déclare que 10 s de rente foncière, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, comme partie de 15 s; nous ignorons qui paie les 5 sous complémentaires. Le chapitre, dont les listes ne sont pas à jour, déclare les 30 s aux noms de Jean de Saugé et Jean l'Aîné, sur "les maisons de la boucherie où ils demeurent". Or Jean de Saugé l'Aîné, dit Jean l'Aîné, est décédé (123r). Quant à Jean de Saugé, il réside dans la maison de sa femme, située en face, de l'autre côté de la rue (HV 37). C'est peut-être pour cette raison que sa "maison vieille" est ainsi appelée. Nous ignorons qui réside dans ces deux maisons. Lucas Daulphin se tient en basse ville (BV 47).

HV 74 (78v), banc appelé l'Abbaye, "où l'on souloit tuer les boeufs"; haute ville, près la grand boucherie et la place du Petit Vieux Marché; - 6 s 3 d au chapitre à la saint Jean-Baptiste, déclarés seulement par celui-ci, à la charge de Jean de Saugé.

HV 75 (35r), maison à messire Cyprien Rabault, prêtre; au lieu appelé le Petit Marché; - cens 3 d au sieur de Verre - rente foncière 60 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, à Me François Fouquet, avocat à Poitiers. Seul Rabault déclare cet immeuble.

HV 76 (8v, 69r, 73r, 74v, 78v, 92v, 100v), four appelé le four des Bancs, le four du Petit Marché, le four à ban, alias la maison du four à ban, maison et four, aux enfants mineurs de feu Vincent Lepot et Perrette Péronnet; haute ville, au Petit Marché; - cens 12 d à Me Claude Guérin - rente 10 s à Jean de Saugé, à la saint Michel - rente foncière 35 s à Me Jacques Moutard, au même terme - rente 25 s au chapitre, d'après Marin Rabiard, mari de Perrette Péronnet et curateur des mineurs, mais 20 s en deux articles d'après le chapitre [12 s 6 d, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, au nom de Simon Lepot au lieu de feu Jean Péager, pour le four, et 7 s 6 d à la saint Michel, au nom de Marin Rabiard et Philippe (sic) Péronnet, sa femme, pour leur maison et four] - rente 25 s à messire François Gaschard, chapelain de la chapelle St-Eutrope en l'église St-Léger, moitié à Noël, moitié à la saint Jean--Baptiste.

HV 77 (86r, 107v), maison à Vincende Puaude, veuve André Texier, où elle se tient, autrefois à feu André Jérosme; au Petit Marché; - rente foncière 8 s à René Pignonneau, à la saint Michel - rente 5 s à Antoine Fournier. Il n'y a pas de déclaration pour Vincende Puaude.

HV 78 (78v), grange appelée la Salle de Trute Blanche, à Jean de Saugé à cause de sa femme; haute ville; - 5 s au chapitre, à la saint Jean-Baptiste, non déclarés par Jean de Saugé (100v-101r).

HV 79, maison à Me Mathurin Doré, désignée en confrontation dans deux déclarations pour HV 80.

HV 80 (86v-87r, 123r, 126v), maison à Michel Barballon et Antoine Duval, à cause de leurs femmes, héritières de feue Marie Jaunay, veuve Antoine Nicolas; haute ville, paroisse St-Martial, rue du Grand Marché à la basse ville, tendant des Grands Bancs au Grand Marché, es doues du Donjon de Chauvigny [par le derrière]; - cens 3 d au baron - rente 12 s aux sieurs des Gilliers, d'après Barballon et Duval, mais cens 2 d et rente 10 s, par moitié à la saint Jean et à Noël, d'après les seigneurs d'Artiges - rente 20 s, par moitié aux mêmes termes, et 1 chapon, à Léon Pignonneau, non déclarée par Barballon et Duval.

HV 81 (86r, 107r, 122v), maison à Antoine Fournier, fils de feu Laurent Fournier et Françoise de Tongrelou, et ses cohéritiers, avec douve derrière; haute ville, paroisse St-Martial; - rente 45 s aux sieurs d'Artiges, d'après Antoine Fournier, mais cens 10 d et rente 55 s, par moitié à la saint Jean et à Noël, d'après les seigneurs d'Artiges - rente 5 s au baron pour la douve. Me Denis Bigot, second mari de Françoise de Tongrelou, signale que la maison a été délaissée à feu Laurent Fournier par ses cohéritiers, moyennant compensation, qu'elle est tenue à cens et rente du seigneur d'Artiges mais qu'il ignore le montant du devoir parce qu'il a été frustré par les enfants de Laurent Fournier de l'usufruit auquel il prétend à cause de sa femme, et de la moitié des acquêts s'il en est, ce pour quoi il est en procès avec les enfants de sa femme, à la cour de parlement de Paris.

HV 82 (8v, 74v, 123r), maison aux hoirs feu Me Pierre Bonnestat, où se tient Jeanne Chauvin, veuve Me Pierre Bonnestat; haute ville, devant le Grand Marché;

- cens 6 d [2/3 de 9 d] et rente 26 s 8 d [2/3 de 40 s] aux seigneurs des Gilliers, à Noël, déclarés par Me Antoine Faveraud et Jean Faveraud, gendres de Jeanne Chauvin, pour eux et leur beau-frère, Louis Bonnestat - 2 s au chapitre, assis sur cet immeuble et HV 84, déclarés par le seul chapitre. Les Faveraud indiquent que les sommes qu'ils déclarent en faveur des Gilliers sont dues en comparsonnerie avec les veuve et hoirs feu Me James Bonnestat et ils ajoutent qu'ils ne peuvent les amortir. Marie Ballin, veuve Me James Bonnestat, déclare effectivement devoir aux seigneurs d'Artiges 13 s 4 d à Noël, sur la maison où elle se tient (HV 83), ce qui représente 1/3 de la rente globale de 40 s, mais elle ne déclare pas sa part de cens. Les seigneurs d'Artiges déclarent globalement 9 d de cens et 40 s de rente, moitié à la saint Jean et moitié à Noël, aux noms des hoirs feu Me Pierre Bonnestat et ses "frescheurs", sur leurs maisons, en haute ville, tenant à la maison de Me Antoine Fournier (HV 81).

HV 83 (36v, 183r), maison à Marie Ballin, veuve Me James Bonnestat, où elle se tient; - 13 s 4 d aux seigneurs d'Artiges, à Noël, d'après Marie Ballin. Pour la déclaration des seigneurs d'Artiges, voir HV 82.

HV 84 (6r, 74v), petite maison à Olivier Degennes; haute ville, au Grand Marché; - 2 s 6 d à la fabrique de St-Martial, à la saint Michel - partie de 2 s dus en commun avec les hoirs feu Pierre Bonnestat sur BV 82, déclarés par le chapitre au nom des hoirs feu Olivier Landry. Il n'y a pas de déclaration pour la fabrique de St-Martial. Olivier Degennes apparaît aussi comme héritier d'Olivier Landry pour la maison et les jardins de la Grande Ecole (D 7).

HV 85 (110r, 114v), maison à Me Jean Charles, notaire royal, où il se tient; haute ville, devant la place du Grand Marché; - 5 s au baron à la Toussaint - rente 20 s à Adrienne Boitie, veuve François Maurat, à la saint Michel, déclarée par cette dernière seulement, qui précise que la rente est due sur une partie de la maison et ses appartenances.

HV 86 (4v), maison à Jean Ronay, où il se tient; on Grand Marché, tenant aux "doues" du château de Gouzon; - cens 2 s 6 d au baron, à la Toussaint.

HV 87 (7r, 92v), petite maison, alias maison et verger attenant, aux hoirs feu Jacques Ferron et Colette Gaulier; près le Grand Marché, par le devant : place du Grand Marché, par le derrière : château de Gouzon; - 50 s à messire Guillaume Forgier, prêtre, chanoine de St-Pierre, à Noël, partie de 100 s dus en comparsonnerie, d'après Joachin Martineau, mari de Colette Gaulier, tuteur et curateur des enfants de sa femme, mais 100 s, au même terme, d'après Guillaume Forgier, l'un et l'autre déclarants mentionnant que la somme qu'ils indiquent est due pour cet immeuble et un verger appelé Beauregard (D 4).

HV 88, maison aux mêmes, désignée en confrontation de HV 87 et 89.

HV 89 (3r, 79r), maison à Jean Nadaud, qui fut à feu Jacques Ferret, barbier; haute ville, en la place du Grand Marché, devant le puits; - rente foncière 65 s à Jacques Vacher, demeurant à St-Maixent, à la Purification Notre-Dame - 15 s au chapitre, à la saint Michel, non déclarés par Jean Nadaud. Il n'y a pas de déclaration pour Jacques Vacher. Jean Nadaud signale que Me Pierre Bonnestat est chargé de payer la rente de 65 s, par suite d'un échange pour la maison où se tient le dit Bonnestat (HV 53). Il n'y a pas de déclaration personnelle pour Me Pierre Bonnestat. Le chapitre déclare sa rente au nom de Nau Nadaud sur la maison où il demeure et ajoute qu'il est en procès depuis dix ou douze ans avec feu (sic) Jean Bonnestat, sergent, au sujet de cette rente. On croit comprendre que feu Jean Bonnestat, dont Me Pierre Bonnestat est l'héritier, a abandonné cette maison à Nau Nadaud, prédécesseur de Jean Nadaud, en échange de la maison HV 53.

HV 90 (43r, 44v, 79r), maison à Jeanne Cornoueille, veuve Antoine Barré; haute ville, on Grand Marché, tenant aux murailles du château de Gouzon; - rente 15 s à Jean Bouin, maréchal à Châtellerault, à cause de sa femme - rente 8 s 4 d à Macé Delacroix - rente 5 s 4 d au chapitre à la saint Michel, d'après Jeanne Cornoueille, mais 5 s au même terme, d'après le chapitre. Macé Delacroix ne déclare pas cette rente (56v-57r).

HV 91 (114v), maison et logis, à Me Jean Charles, notaire royal; dans le "baile" du château de Gouzon; - cens 2 s 6 d au baron, à la Toussaint.

HV 92 (7r, 37r), place appelée la Doue, alias petite maison qui souloit être en jardin, à Marie Ballin, veuve Me James Bonnestat; près le château de Gouzon, es murailles et doues du château de Gouzon; - rente 5 s à messire Guillaume Forgier, prêtre, chanoine de St-Pierre, à Noël. Remarque : les immeubles HV 91 et 92 ci-dessus peuvent se trouver au sud du château.

 Quartier du Donjon

- près l'église St-Pierre et le château de Montléon

HV 93 (6v), maison à messire Guillaume Forgier, prêtre, chanoine de St-Pierre; on Donjon du château, tenant au château de Montléon; - cens et rente foncière 10 s, au baron, à la saint Michel.

HV 94 (88v), maison à l'abbaye de l'Etoile, où se tient Antoine Jallais, a été à feu Pierre Pillorget; - cens et rente féodale 5 s 1 d, au baron, déclarés par frère Jean Rivareau, prieur et procureur syndic de l'abbaye.

HV 95 (88v), maison appelée la maison de l'Etoile; - cens et rente féodale 8 s 2 d, au baron, déclarés par le même frère Jean Rivareau, en la même qualité.

HV 96, maison appelée la Charretterie, alias maison ou charretterie de Monsieur de Poitiers; immeuble de l'évêque ainsi désigné en confrontation de HV 95 et 97.

HV 97 (24v-25r, 80r), maison avec jardin, à messire Jean Hesneau, prêtre, où il se tient; on Donjon, près l'église St-Pierre, rue du château à la grand boucherie; - cens 6 s 6 d au baron - rente 40 s au chapitre, à la saint Michel d'après Jean Hesneau, à Noël d'après le chapitre. La rente au chapitre a été léguée par feu messire Etienne Herbelin, à la charge de dire chaque année vigiles, une messe et un libera, le tout en note, le jour de son décès, qui est survenu la veille de saint Laurent. Jean Hesneau signale qu'il a payé les 40 s "dès la vigile saint Laurent dernière passée [9 août]; sa déclaration est du 16 août.

HV 98, maison à Claude de Rocquet, écuyer, désignée dans les confrontations de HV 97.

HV 99 (25r), maison tenue par messire Jean Hesneau, prêtre; - rente 12 s 6 d au curé de St-Pierre, à la saint Jean-Baptiste. Dans sa déclaration, Jean Hesneau mentionne que le curé de St-Pierre "se jacte et se vante de lui oster la dicte maison parce qu'elle n'est décrétée". La rente ne figure pas dans la déclaration du vicaire René Coutant pour la cure de St-Pierre (85v).

HV 100 (40v), maison au même, où se tient son frère Mathurin, qui la lui a affermée; haute ville, près l'église St-Pierre; - cens 3 s 1 d au baron, à la Toussaint, payé par Mathurin Hesneau, qui fait la déclaration.

HV 101 (49r), maison à Gilles Guibourd, où il se tient; - cens 5 s au baron, à la Toussaint.

 - rue St-Pierre est, au nord du château d'Harcourt

HV 102 (40v), maison que Mathurin Hesneau tient à ferme de son frère Jean Hesneau, prêtre. La déclaration est faite par Mathurin Hesneau qui ne mentionne aucun devoir mais signale que messire Jacques Fournier, chevecier de St-Pierre, "prétend et demande sur cette maison".

HV 103 (76r, 83v, 97v-98r), maison avec jardin et petite maison, le tout se tenant, à noble homme Me Aimé Lucas, licencié es droits, juge de la baronnie; haute ville, on Donjon, paroisse St-Pierre, rue du grand château à l'église St-Pierre, tenant aux "doues" du château d'Harcourt; - rente 8 s au chapitre, à la saint Michel - rente foncière 27 s 6 d d'une part, 10 s d'autre part, aux enfants de Me François Texier et feue Florence Fournier, comme héritiers de feu Antoine Bonneau, le dit Bonneau lui-même héritier de feu Jamet Fournier. Me Mathurin Doré, procureur de Me François Texier, déclare la rente aux enfants sur "une maison, fondis et cour qui fut de Me Charles Hesneau, tenant à une petite maison qui fut à feu Pierre Petit, cordonnier, et appartient maintenant à Me Aimé Lucas". Cette petite maison doit être celle qu'Aimé Lucas signale à part de ses "maison et jardin". Ce dernier ne mentionne pas la rente aux enfants Texier. Il est piquant de constater que Me Mathurin Doré, qui est chargé de la déclarer, n'est autre que le lieutenant du juge sénéchal Aimé Lucas et son assesseur pour recevoir les déclarations.

 - au sud de l'impasse St-Pierre, en face du château d'Harcourt

HV 104 (27v, 36r-v), maison à Mathurin Chemeteau, alias Chermeteau, où il se tient; on Donjon, ruette pour aller es maisons qui furent à Me Gabriel du Pressouer; - devoir féodal 9 s au baron, à la saint Jean-Baptiste - 12 s 9 d à la veuve Me James Bonnestat et ses parsonniers, à la saint Michel, d'après Chemeteau, mais 11 s 9 d d'après Marie Ballin, veuve James Bonnestat.

HV 105 (118v), maison et fondis attenant, à messire Mathurin Bouchet, prêtre, pour les 4/5; furent à feu Me Gabriel du Pressouer; rue de l'église St-Pierre à la grand charretterie de Monsieur; - cens et rente 4 s 6 d au baron, à la saint Jean-Baptiste ou une fois l'an, dont Mathurin Bouchet doit les 4/5. Il n'y a pas de déclaration pour le 1/5 complémentaire.

HV 106 (25r), fondis à messire Jean Hesneau, prêtre, qu'il a pris à rente de René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais, et de Me Pierre Bonnestat; - cens 2 s au baron, à la Toussaint - rente 2 s à René Pignonneau et Pierre Bonnestat. Jean Hesneau, seul déclarant, mentionne que René Pignonneau lui a donné sa part de rente.

HV 107 (127v), maison et jardin à la veuve Me Charles Hesneau; rue descendant de l'église St-Pierre au grand château, devant les "doues" du château d'Harcourt; - 12 s 6 d à Renée Favereau et Me Nicolas Delbène, son beau-frère, à la saint Michel ou autre jour en l'an, pour le jardin. Renée Favereau, seule déclarante, ajoute : "avec protestation de demander à ladite veuve, surnommée Nicolas, plus grande rente si plus en doit, et comme il apperra par le contrat sur ce fait, lequel je n'ai présentement". La maison est signalée par les confrontations de HV 105 et 108.

HV 108 (5r, 130r), maison à Jean Legeron, où il se tient; on Donjon du château, devant le château d'Harcourt; - cens et rente 6 s 6 d au baron, à la saint Jean-Baptiste - rente 25 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la sainte Marie-Madeleine.

 - rue des Rampes est, en haut de la rue

HV 109 (19v, 108r), maison à Jacques Charet, où il se tient; on Donjon, rue du château aux Grands Bancs, rue de la boucherie à l'église St-Pierre; - cens 12 d au baron, à la Toussaint - rente 17 s 6 d à René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais, à la saint Michel, d'après Jacques Charet, mais rente foncière 18 s 6 d, au même terme, d'après René Pignonneau.

HV 110, maison de la chevecerie, désignée en confrontation de HV 109 et 111.

HV 111 (9r, 72r), maison à Hiérosme Boucault; près l'église St-Pierre, près la maison de la chevecerie de St-Pierre; - cens 3 d au baron, à la Toussaint - 20 s à Me Jacques Moutard, à la saint Michel - rente 5 s au sieur de Flins, à la saint Michel.

 - rue des Rampes ouest, du nord au sud

HV 112 (82r, 91r), maison aux hoirs feu Me James Delauzon, avocat pour le roi en Poitou, fut à Jeanne Fontenelle; on Donjon; - rente 15 s au chapitre, à la saint Michel. François Delauzon, fils de feu Me James Delauzon et Andrée Laurent, qui déclare pour lui, sa mère et ses cohéritiers et "frescheurs", signale que les chanoines n'ont jamais été payés de cette rente par Andrée Laurent et les héritiers de feu Me James Delauzon et qu'ils ont intenté un procès aux héritiers devant le conservateur des privilèges royaux de l'Université de Poitiers.

HV 113 (91r), vieille maison aux hoirs feu Me James Delauzon; on Donjon, rue du Petit Marché et Grands Bancs de la haute ville au château; - rente foncière 15 [blanc] au chapitre, à cause de la cure de St-Léger, annexe de St-Pierre, déclarée par François Delauzon seulement. Cette maison est l'ancienne "chapellenie de St-Léger" [nom de la cure], qui est désignée dans les confrontations de HV 112 et 114, et celle que le chapitre a déclaré comme sienne "à cause de la cure de St- Léger", en 1566 (Archives départementales G 8, 18).

HV 114 (124r), maison ou fondis appelé Montfaucon; on Donjon, rue de la grand boucherie au château; - rente foncière 15 s à Jean Morault alias Mourault, écuyer, seigneur du Sault et de Boisclerbault, à la saint Michel, que celui-ci déclare à charge des hoirs feu Me James Delauzon. François Delauzon ne déclare pas cet article (91r).

HV 115, maison à Léon Pignonneau, écuyer, sieur de Boisgigon, désignée en confrontation de HV 114, 116 et 117. Léon Pignonneau ne déclare que des rentes (87r-v). Cette maison est aussi signalée dans la déclaration des biens du chapitre, en 1566, comme tenant "à une maison appartenant aux dits vénérables à cause de leur cure de St-Léger, assise on Dangeon, tenant à la rue du grand château à la grand boucherie", qui est HV 113.

HV 116 (48r), maison à Antoine Pestre; on Donjon; - rente foncière 5 s au chapitre, à Noël et à la saint Jean-Baptiste, déclarée par le seul Antoine Pestre.

HV 117 (76r), maison avec verger, à François Rosnay, tisserand, où il se tient; haute ville; - 10 s au chapitre. Il n'y a pas de déclaration pour François Rosnay.

HV 118 (109v), maison et cave, à René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais; on Donjon, rue du château aux Grands Bancs, près du château; - cens 4 s 2 d au baron, à la saint Jean-Baptiste.

HV 119 (5r, 65r), maison à Guillaume Charrasse à cause de sa femme, où il se tient; on Donjon, rue du château à la grand boucherie; - rente 4 s au baron, à la Toussaint - rente 5 s à Jean Legeron, à la saint Michel.

HV 120 (118r), maison de la chapelle St-Michel du grand château, tenue par messire Mathurin Bouchet, prêtre, le chapelain; - cens 6 d au baron, à la saint Jean-Baptiste.

HV 121 (48r, 61v), maison à Jean Bonnestat, cordonnier, où il se tient; on Donjon, près le château; - cens 6 s 6 d au baron, à la saint Jean-Baptiste - 70 s à Savin Rozet, à la Toussaint d'après Jean Bonnestat, à la saint Michel d'après Savin Rozet, assis sur cette maison et une pièce de terre située sur les Terriers et contenant une grande boisselée.

HV 122-123 (27r-v, 123v), deux maisons à François Dousson, boucher, où il se tient; l'une fut à feu Mathieu Audouart dit Mathelinet, l'autre est "par le dessus"; haute ville, on Donjon du château, paroisse St-Pierre; - 8 s 4 d d'une part, 5 s 6 d d'autre part, au baron, à la saint Jean-Baptiste - rente 10 s à messire Pierre Frugier, prêtre, à la saint André - rente 5 s aux sieurs d'Artiges, à Noël d'après François Dousson, à la saint Michel d'après les seigneurs d'Artiges. Il n'y a pas de déclaration pour messire Pierre Frugier, qui n'est pas désigné par ailleurs.

HV 124 (118v), maison à messire Mathurin Bouchet, prêtre, chapelain de la chapelle St-Michel du grand château, où se tient messire François Gaschard, prêtre; a été autrefois à Nicole Gamot; - cens et rente 2 s 6 d au baron, à la saint Michel, pris en charge par Mathurin Bouchet.

HV 125 (119r), maison et appartenances, à Jeanne Mestre, veuve Jean Fillaud; près le pont-levis; - rente foncière 10 s à François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour Jeanne Mestre.

HV 126 (2r), cave et "caveriau" à Françoise Delacroix; - rente 2 s 6 d à Jeanne Mestre, à la saint Fiacre.

HV 127 (119r), maison "que souloit tenir Gaudin"; près le pont-levis du château; - rente 15 s à François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, à la saint Michel, déclarée par le bénéficiaire qui ajoute qu'il ne perçoit plus la rente depuis longtemps.

HV 128 (2r, 14v), maison avec jardin, appelée la Cour, à Françoise Delacroix, veuve Micheau Verdon, alias Micheau Perdrix, où elle se tient; tenant aux murailles du Donjon, près le pont-levis; - cens 2 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 30 s à François Delachaussée, à la saint Jean-Baptiste.

HV 129 (84r), maison et petit verger attenant, à messire Mathurin Bouchier, prêtre, où il se tient; au lieu appelé la Cour, près le grand château, paroisse St-Pierre; - cens 4 d au baron, à la fête des défunts.

 - mal localisés en Donjon

HV 130 (68v), maison en ruine et inhabitée; au Donjon; 20 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, étaient dus au prieur de St-Just par les hoirs feu Me Pierre de Tongrelou mais la somme n'est pas payée.

HV 131 (98v), maison à Jean Dubois, sieur de l'Ecu de France, qui fut à Suzannet; haute ville, tenant aux murailles du Donjon; - cens ou rente 6 s 6 d au baron, à la Toussaint.

 

LA BASSE VILLE

 

Rue de l'Ancien Pont nord - de la Vienne à l'avenue Jean Jaurès

BV 1 (71r, 117r), maison avec jardin, déclarée par Dominique de Villaines à cause de sa femme Jeanne Brissaude, veuve Etienne Négrier; tenant aux ponts de la ville; - rente foncière 12 s au curé de St-Léger, à Noël, déclarée par messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, au nom de Dominique de Villaines ou des héritiers de feu Etienne Négrier.

BV 2 (52r, 71r), appentis attenant à la maison précédente, avec jardin; tenant au fleuve de Vienne, au bout des ponts; - cens 2 d au baron, déclaré par Léger Négrier - 25 s dus par Dominique de Villaines et sa femme Jeanne Brissaude à Léger Négrier.

BV 3, maison à Léger Négrier, désignée en confrontations de BV 1.

Il est probable que les trois articles ci-dessus sont du patrimoine des Négrier et ne constituent qu'une seule "prise", au cens de 2 d.

Hiatus

BV 4, maison qui fut à feu Gabriel Berthet, signalée en confrontation dans deux déclarations pour BV 5. Elle se trouvait à l'angle de la rue de l'Ancien Pont et de la ruette qui a précédé l'avenue Jean Jaurès. Son emplacement a dû être absorbé par le percement de l'avenue.

 Rue de l'Ancien Pont nord - de l'avenue Jean Jaurès à la rue de Châtellerault

BV 5 (55r, 60r), maison et appartenances où pendent par enseigne les Trois Piliers, à Jean Pierre; pavé de la grand rue des ponts au château; - cens 3 d au sieur de Beaumarchais - rente foncière 12 l, moitié à la saint Michel, moitié à la Notre- Dame de mars, à Me Jean Beaulin, procureur es cours royales de Poitiers et y demeurant. René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, qui ne déclare ses revenus qu'au dessus de 12 d, ne mentionne pas ce cens (107v). La rente est assise sur cet article et sur deux pièces de terre : l'une appelée Tureluret (D 13), l'autre, sise au terroir de Saint-Flovier, qui a été plantée en vigne, contenant quatre journées d'homme ou environ, tenant à la vigne des hoirs feu François Caillet [hors zone déclarable].

BV 6 (60r, 87v), maison et appartenances à Jean Pierre, hôte des Trois Piliers, qui fut à Jean Esbaupin; rue par laquelle on entre en la ville de Chauvigny par la porte des ponts, grand rue du querreu Piet aux ponts; - cens 2 d au sieur de Verre, non déclaré par Me Claude Guérin (91v) - rente 20 s à Léon Pignonneau, écuyer, sieur de Boisgigon, à la saint Michel. Jean Esbaupin paraît être le même que Jean Vinet, qui est désigné dans les confrontations de BV 5 et 7.

BV 7 (42v, 86v), maison, cour et grange tenant ensemble, à Jeanne Mayaud, veuve Pierre Berthonneau, et Lucas Berthonneau; grand rue du querreu Piet aux ponts; - rente 35 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, à messire Joseph Forgier, chapelain de la chapelle Notre-Dame à l'autel Notre-Dame en l'église St- Pierre, qui déclare à la charge des hoirs feu Pierre Berthonneau.

BV 8 (57v, 86v, 125v), maison appelée la Voûte, avec verger, aux frères François Ferron, marchand boucher, et messire Léger Ferron, prêtre, qui s'y tiennent; grand rue du querreu Piet aux ponts, par le derrière : venelle de la rue de Châtellerault au fleuve de Vienne; - cens 4 d au sieur de Verre, non déclaré par Me Claude Guérin (91v) - rente foncière 5 s à Me Nicolas Clabat, à la saint Michel, d'après les frères Ferron, mais c'est Antoine Clabat, juge châtelain de St-Loup, qui déclare la rente à son profit, à la charge de la veuve et des héritiers de feu Mathurin Ferron - rente foncière 16 s, moitié à la saint Jean-Baptiste, moitié à Noël, à messire Joseph Forgier, chapelain de la chapelle Notre-Dame à l'autel Notre-Dame en l'église St-Pierre.

BV 9, maison à Pierre Ferron, désignée dans les confrontations de BV 8 et 11.

BV 10-13 (1r, 5v, 74v, 95r, 129r), quatre maisons qui supportent des charges en commun, respectivement à messire Jacques Daulphin, prêtre (BV 10), à Mathurin Blouin qui s'y tient (BV 11), à Louis Delauzon, Jeanne Chaigneau, sa belle-mère, et Georgette Voye (BV 12), à Léger Brisson (BV 13); rue du pont au querreu Trilloton (pour BV 12); - cens 3 d au baron, à la Toussaint : 2 à charge de Jacques Daulphin, 1 à charge de Léger Ferron - rente foncière 20 s au baron, répartie en quatre parts égales - rente foncière 25 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, au chapitre qui déclare à la charge de Pierre et Albin Brisson sur les maisons où ils demeurent, ces 25 s partagés également entre les quatre maisons - rente foncière 15 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, déclarée par Renée Favereau, veuve François Porcheron, au nom de Léger Brisson et ses parsonniers sur une maison qui fut de feu Jean Chaigneau, répartie par moitié entre Louis Delauzon et ses parsonniers d'une part (BV 12), Léger Brisson d'autre part (BV 13).

BV 14 (76v, 120v), fondis et jardin attenant, à Guillemine Pain, veuve Jean Delaroche, en qualité d'usufruitière; grand rue du logis de l'Ecu de France aux ponts, rue de Châtellerault, place du querrui Trilloton; - cens 2 d au sieur de Verre, non déclaré par Me Claude Guérin (91v) - rente 4 s au chapitre qui déclare à la charge de Me Charles Delaroche [qui est le fils de Guillemine Pain].

 Rue Faideau nord - de la rue de Châtellerault à la rue Pouzillard

BV 15 (33v), maison à Clémence Royne ou Roy, veuve Laurent Delamazière, qui s'y tient; en ville; - cens 4 d au baron, à la Toussaint- 4 l 5 s à messire François Blouin, héritier de feu Gillet Min, dit Porcheron, à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour François Blouin. D'autre part, François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, déclare à son profit une rente de 15 s et une geline, à la saint Michel, sur une maison qui fut à Gillet Min, tenant à la rue qui va de St Just (sic) à Châtellerault et à la rue qui va du pont au château et qu'il croit tenue par Jean Forget. Il s'agit peut-être de cet article.

BV 16 (119r), maison à messire François Blouin, prêtre, et ses parsonniers; en ville, au carrefour de Trilloton; - rente 15 s à François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, à la saint Michel, seul déclarant. Nous notons cet immeuble sous toute réserve, la déclaration de François Boinet étant la plus mauvaise du registre.

BV 17 (15v), ancien fondis à Me Jean Forgier, qui l'a fait récemment rebâtir; - rente 17 s à messire François Blouin, à la saint Michel - 8 d au même pour l'aider à payer les devoirs de "la maison, étable ou grange dudit Blouin" touchant l'appentis de Louise Porcheron (voir BV 240-242).

BV 18 (15v, 129r), maison à Me Jean Forgier où il se tient, avec cour et puits dans cette cour, qui fut à feus Guillaume Voyer et François Cuisinier; basse ville, rue du querreu Piet aux ponts; - cens 4 d au baron - rente foncière 10 s à la veuve et aux héritiers de Me François Porcheron, à la saint Michel.

BV 19-20 (13r, 17r), deux maisons contiguës supportant des charges en commun, chacune avec jardin, l'une à Yvon Chaigneau alias Chavigneau qui s'y tient avec Micheau Bernard, l'autre, dite petite maison, à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée; paroisse St-Léger; - cens 9 d au baron, à la Toussaint, déclaré globalement pour les deux maisons par Yvon Chaigneau, alors que Guillemette Sarrazin déclare pour elle 2 d, au même terme, "d'aide au dit Chavigneau, de 4 d obole dus par chacun an" - rente 20 s au chapelain de la chapelle Notre-Dame de Lutèce (sic), à l'autel Notre-Dame, en l'église St-Léger, à la saint Michel, dont Chaigneau paie 15 s et Guillemette Sarrazin 5 s.

A la suite de la déclaration de Chaigneau/Chavigneau, le greffier a noté : laquelle rente de 15 s ledit Peninon a aussi déclaré lui être due pour les causes que dessus. Il doit d'agir du chapelain, qui n'est pas nommé par ailleurs.

BV 21 (24r, 30v, 114r), maison à Pierre Roy, cordier, où il se tient; grand rue du château au pont, grand rue des ponts au querreu Piet; - cens 6 d au baron, le lendemain de la Toussaint - rente 15 s à Me René Berthelot, à Noël - rente 5 s à la fabrique de St-Léger, à la saint Michel d'après Pierre Roy, à la saint Jean-Baptiste d'après la fabrique.

BV 22 (30v, 43v, 83r), petite maison au même; grand rue du querreu Piet aux ponts, en face de la maison où pend par enseigne l'Ecu de France; - rente foncière 11 s 3 d à Louise Porcheron, à la saint Michel - rente foncière 10 s à la confrérie Notre-Dame en l'église St-Didier de Poitiers, à la saint Michel d'après Pierre Roy, à la saint Jean-Baptiste d'après Me Nicolas Davigaud, procureur de la confrérie.

BV 23 (27r, 30v, 78r, 116r), maison à Martin Deshoullières, chirurgien-barbier, où il se tient; devant l'hôtellerie où pend par enseigne l'Ecu de France; - cens 3 d au baron, à la Toussaint - rente 20 s au chapitre, à la saint Jean-Baptiste - rente 5 s au curé de St-Léger, à la saint Michel - rente foncière 15 s à Pierre Roy, au même terme - 7 s 6 d aux hoirs feu Me François Porcheron, au même terme.

BV 24 (91v, 98r-v, 121v), pressoir à Jean Dubois, sieur de l'Ecu de France, hôte de l'Ecu de France, qui fut à feu Balavoine; devant sa maison de l'Ecu de France, la rue entre deux; - cens ou rente 12 d au seigneur de Verre nommé Me Louis Guérin, d'après Jean Dubois; même somme, de cens, le dimanche après la saint Léger, d'après Me Claude Guérin - rente 5 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel.

BV 25 (80r, 95v), maison à Jean Rolin alias Roulin, mercier, où il se tient, qui fut à Péagier; devant l'hôtellerie où pend par enseigne l'Ecu de France, la grand rue entre deux; - cens 6 d à Me Claude Guérin, à la Toussaint, non déclaré par ce dernier - rente 20 s au chapitre.

BV 26 (23v-24r, 97v, 117r), maison aux hoirs feu Gilles Coutant, où se tient Jean Gardemaud, boucher; rue du querreu Piet aux ponts, devant l'hôtellerie de l'Ecu de France; - cens 3 d, à la saint Michel, déclaré par Jean Gardemaud et Joachin Coutant, sans nom de bénéficiaire - rente foncière 15 s à Me René Berthelot, à la saint Michel, dont Jean Gardemaud et Joachin Coutant déclarent ensemble la moitié, l'autre moitié n'étant pas déclarée par les débiteurs - rente 7 s 6 d au curé de St-Léger, pris en charge par les mêmes.

Me René Berthelot assigne sa rente à Gilles Coutant, sa femme et ses parsonniers, héritiers de feu Florent Desbruyères, et Jean Gardemaud. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, désigne les héritiers de feu Florent Desbruyères, barbier, et précise que sa rente est due le 17 octobre, qu'elle a été léguée à la charge, par les curés ou vicaires, de célébrer, le 17 octobre, vigiles, une messe de requiem et libera, le tout en note, suivant le testament du dit feu Desbruyères.

Feu Gilles Coutant a au moins quatre héritiers : Joachin Coutant, Jean Gardemaud, Me Louis Chaigneau et Louis Mothois alias Mouthois, qui sont désignés comme tels par Jacques et Pierre Mayaud (93v). Seuls les deux premiers déclarent pour cette maison.

BV 27 (13r-v, 83r, 115v), maison et jardin à François Dumas à cause de sa femme Marguerite Rousseau; basse ville, grand rue du querreu Piet aux ponts; - cens 3 d dont François Dumas ne désigne pas le bénéficiaire - rente foncière 7 s 6 d à Me René Berthelot, à la saint Jean-Baptiste - rente foncière 10 s au curé de St-Léger, due par Dumas et son beau-frère Colas Rousseau, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, selon Dumas; au second de ces termes selon messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger - rente seconde foncière 10 s à Léonard Giboureau, à la saint Michel.

Cyprien Rabault déclare sa rente au nom des enfants héritiers de feu Denis Rousseau et indique qu'il a la charge de dire chaque dimanche un ne recorderis ou libera, avec les versets et collectes, sur la sépulture de feu messire Pierre Texier. Léonard Giboureau désigne la maison comme de feu Denis Gervais. René Berthelot ne déclare pas les 7 s 6 d qui lui sont attribués par François Dumas; il s'agit peut-être du complément du devoir de 15 s déclaré par lui sur la maison précédente, dont Jean Gardemaud et Joachin Coutant n'ont pris à leur charge que la moitié.

BV 28-29 (33r), deux maisons contiguës, avec jardin, à Blais Gardemaud; grand rue du querreu Piet aux ponts; - cens 4 d au baron, à la Toussaint.

BV 30 (25r, 55r, 116v), maison avec jardin à Florent Cousin, où il se tient; grand rue du querreu Piet aux ponts; - rente foncière 25 s à Me Jean Beaulin, procureur es cours royales de Poitiers et y demeurant, moitié à Noël, moitié à la saint Michel - rente foncière 5 s au curé de St-Léger, à la saint Michel. D'autre part, Florent Cousin possède un petit "tet à pourceaux", récemment aménagé dans un petit fondis situé au bout de son jardin, dans une petite pièce de terre, pour lequel il doit une rente de 5 s à Pierre Roy, à la saint Michel (25v, 30v).

BV 31, maison à Pierre Favereau, non déclarée mais désignée trois fois en confrontation de la maison précédente, avec jardin pour lequel il doit une rente de 2 s 6 d à Colette Longier, à la saint Michel (88v).

BV 32 (125r, 131v), maison, fuie et verger tenant ensemble, alias grange, à Jean Delachaussée, antérieurement aux Nauleau; "tenus du lieu de la Fende"; - rente foncière 50 s à Pierre Clabat, chapelain de la chapelle de Tongrelou ou de St-Martin-la-Rivière en l'église St-Léger, par moitié à la saint Michel et à l'Annonciation Notre-Dame. Pierre Clabat déclare au nom des hoirs feu Guillaume Nauleau.

 Rue Faideau nord - de la rue Pouzillard à la deuxième venelle de la rue Faideau

Il y a plusieurs hiatus dans cette section où nous n'avons pas rencontré la première venelle, celle qui conduit aux "coteaux de la Roche".

BV 33 (3v), maison et jardin attenant à maître François Boursaud; grand rue du querreu Piet aux ponts de Vienne, venelle ou route de la dite grand rue au puits Zillard, à main droite; - rente foncière 18 s 9 d à Marguerite Cheronneau, veuve Guillaume Pasquier bourgeois de Poitiers, à la saint Jean-Baptiste, déclarée seulement par Me Jean Forgier comme procureur de Marguerite Cheronneau.

BV 34 (69v-70r, 121v), maison avec jardin à Catherine Moine, veuve Valentin Delaroche, où elle se tient; - cens 2 d aux sieurs d'Artiges, non déclaré par ces derniers - rente 60 s aux mêmes, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste.

BV 35 (94r, 121v), maison avec verger aux frères Jacques et Pierre Mayaud; grand rue du querreu Piet aux ponts, grand rue du pont au querreu Piet, par le haut : chemin de la grand boucherie au Boiceau; - cens 6 d et rente foncière 40 s aux sieurs d'Artiges, par moitié à Noël et la saint Jean-Baptiste, pour BV 35, BV 82 et BV 92.

BV 36 (64r, 111r), maison à Léger Delamazière, où il se tient; en ville, grand rue, paroisse St-Léger; - cens 6 d au baron - 8 s 9 d à Anne Prévost, veuve Me Michel Favereau, à la saint Michel, qui font la moitié de 17 s 6 d dus sur cette maison et la suivante - 15 s à Florent de Lanet, écuyer, sieur de Champeaux, à Noël, qui font la moitié de 30 s dus sur les deux mêmes maisons. Florent de Lanet déclare ses 30 sous aux noms de Léger Delamazière et Perrine Roine, veuve Jean Meingault, alors que c'est Marguerite Roine qui déclare pour la maison suivante. Léger Delamazière a un jardin derrière sa maison, auquel il accède par une allée ou passage à travers le jardin de Laurent Poignant, son voisin. Pour ce passage, il doit à Laurent Poignant une rente de 5 s à la saint Michel (14r, 64r). En confrontation est désignée une maison de Me Guillaume de Vrillac, située à l'est de BV 36, qui n'est pas déclarée.

BV 37 (89v, 117r), maison à Marguerite Roine, qui s'y tient, et Laurent Poignant alias Pougnant, son fils; en ville; - cens 6 d au baron, à la Toussaint - rente 8 s 9 d à Anne Prévost, veuve Me Michel Favereau - rente 15 s à Florent de Lanet, écuyer, sieur de Champeaux, à Noël. Pour les rentes, voir BV 36. En confrontation, à l'est, est mentionné un fondis de Me Mathurin Doré, non déclaré, qui interrompt la série des immeubles jusqu'à la deuxième venelle.

 Rue Faideau nord - de la deuxième venelle à celle des Pruniers appelée Petit Peu

Aux immeubles de l'extrémité est de la rue Faideau, nous ajoutons cinq articles de la rue des Trois Rois (BV 41 à 45), qui sont, comme les précédents, dans la censive du baron. Au-delà commence la censive du seigneur de Migné, aux Pruniers, qui est présentée au chapitre Divers.

BV 38 (20r-v, 54v, 115r), maison appelée la maison de Notre-Dame la Piette, avec jardins, partagée entre Julien Maulay, hôte de la Corne de Cerf, Denis Dupuys, cordier, et Clémence Chaillou, veuve Pierre de Saugé; rue du querreu Piet aux ponts, rue et querreu Piet (sic), venelle qui la sépare de la maison où se tient Michel Barballon, sergent royal [non déclarée]; - cens 20 d au baron, déclaré par Julien Maulay et Denis Dupuys ensemble, le premier comme administrateur des biens des enfants qu'il a eus de feue Jeanne Guinelle sa femme, héritière de François Guineau - rente 120 s à François Masson le Jeune, chapelain de la chapelle Notre-Dame la Piette en l'église St-Léger, par moitié à l'Annonciation ou Notre-Dame de mars et à l'Assomption ou Notre-Dame de mi-août, répartis entre Julien Maulay et Denis Dupuys qui doivent ensemble 60 s, et Clémence Chaillou qui doit également 60 s - rente 4 s à messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, sur la partie de la maison qui est aux héritiers de François Guineau [non déclarée par Julien Maulay].

D'après les confrontations, la partie "tenue et exploitée" par Clémence Chaillou est à l'est, au contact de BV 40. En fait, cette "maison de Notre-Dame la Piette", qui est ainsi désignée par le chapelain, est un ensemble de bâtiments contigus qui supportent une seule rente en faveur du chapelain. D'autre part, la veuve Pierre de Saugé possède une cave, localisée "près la grand rue du querreu Piet", qui doit se trouver non loin de là, pour laquelle elle doit une rente de 15 s à François Ferron (69v), qu'elle ne déclare pas.

BV 39 (20v), petite place ou fondis, où il y avait autrefois un appentis, à Julien Maulay et Denis Dupuys; - cens 2 d au baron à la Toussaint.

BV 40 (101r), maison avec jardin attenant, à Me Nicolas Drouilhard, où il se tient; basse ville; - cens 1 d au baron, à la Toussaint.

BV 41, maison avec jardin, désignée en confrontations de BV 40 et 42. Nicolas Drouilhard la dit à Me Mathurin Doré et sa femme, Mathurin Roy à Me Mathurin Doré et ses cohéritiers. Il semble que Mathurin Favereau, marchand chaussetier, y réside. Il n'y a pas de déclaration pour Mathurin Favereau et Me Mathurin Doré ne déclare pas cet immeuble.

BV 42 (8v, 89v), maison et jardin à Mathurin Roy, dit le Bouffard, où il se tient; près le querreu Piet; - cens 6 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 100 s à Me Jacques Moutard, à la saint Michel.

BV 43 (56v-57r, 75v, 89v, 108v, 123v), maison avec jardin où se tient Macé Delacroix; rue du querreu Piet au château, rue descendant du château au querreu Piet, près le querreu Piet; - 30 s déclarés par Macé Delacroix au bénéfice du sieur de Beaumarchais [René Pignonneau], par moitié à Noël et à la saint Jean, mais c'est Jean Morault, seigneur du Sault et de Boisclerbault, qui déclare les 30 s à son profit, au terme de Noël - rente foncière 22 s 6 d, alias 22 s 10 d, à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, à la saint Michel, de laquelle Mathurin Roy est tenu décharger Macé Delacroix - 12 s au chapitre, moitié à la saint Jean, moitié à Noël.

BV 44 (56r, 130r), maison à messire Pierre Guillon, prêtre, demeurant à Pouillé; près le querreu Piet; - rente 18 s 9 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel. Le cens est payé par Louis Delamazière [voir BV 45].

BV 45 (34r, 74v), maison à Louis Delamazière, dit Poitou, où il se tient; au Petit Peu, au Petit Puy par lequel on monte à la grand boucherie; - cens 3 d au baron, pour BV 45 et 44 - 10 s au chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste.

 Rue de l'Ancien Pont sud - de la Vienne à la rue du Moulin à tan

BV 46 (42v, 82v, 100r-v, 104v), maison où pend par enseigne l'Image Saint- Jacques, avec vivier attenant; fut aux Guinebau; appartient pour une moitié à Jeanne Mayaud, veuve Pierre Berthonneau, et Lucas Berthonneau, pour l'autre moitié à Clémence Berthonneau, femme de Me Charles Dada; Jeanne Mayaud y réside; tenant au fleuve de Vienne, tenant aux ponts et fleuve de Vienne, au bout du pont et rivière de Vienne; - cens 9 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 4 l à la confrérie Notre-Dame en l'église St-Didier de Poitiers, à la saint Michel ou autre terme d'après Me Charles Dada; moitié à Noël et moitié à la saint Jean-Baptiste, d'après le procureur de la confrérie - rente 24 s au commandeur de Chauvigny, membre dépendant de la Maison-Dieu de Montmorillon. Jeanne Mayaud et Lucas Berthonneau déclarent la moitié des deux rentes mais non une moitié du cens. Charles Dada déclare une moitié du cens et une moitié des 4 l, mais non une moitié des 24 s.

BV 47 (42r, 111v), maison prise à rente de feu Jean Moine par Jeanne Mayaud, veuve Pierre Berthonneau, et Lucas Berthonneau; - rente 15 s à Me Jacques de la Barde - rente 30 s à Jacques Boitie, par moitié à Pâques et à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour Me Jacques de la Barde. La maison est considérée par les déclarants comme partie de la précédente parce qu'elle a les mêmes propriétaires.

BV 48 (130v), maison aux hoirs feu Jean Moine; près les ponts de Vienne; - cens 1 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel. Il n'y a pas d'autre déclaration que celle de Renée Favereau, veuve François Porcheron, pour cette maison qui est distincte de la précédente d'après les confrontations de cette dernière. Cependant il est possible que le cens s'applique à l'ensemble qui fut à feu Jean Moine.

BV 49 (35v, 55r, 101v, 131r), maison à Jeanne Herpin, veuve Gillet Bernier, où elle se tient; basse ville, paroisse St-Léger, grand rue du querreu Piet aux ponts de Vienne; - cens 2 d au sieur de la Talbâtière, à la saint Michel, déclaré d'autre part par Renée Favereau, veuve François Porcheron - rente foncière 50 s à Me Jean Beaulin, à la saint Michel, d'après Jeanne Herpin; moitié à la Notre-Dame de mars et moitié à la saint Michel, d'après Jean Beaulin - rente 30 s à Me Nicolas Drouilhard, à la saint Georges, d'après Jeanne Herpin, mais 40 s au même terme d'après Nicolas Drouilhard.

BV 50 (34v, 91v, 131r), maison avec jardin à Sébastien Rousseau; par le derrière : ruisseau descendant du moulin de St-Léger au fleuve de Vienne; - cens 2 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel - cens 12 d à Me Claude Guérin - rente 3 s 4 d au chapitre, à la saint Michel. Me Jean Forgier, procureur de Sébastien Rousseau, ne déclare pas les cens et le chapitre ne déclare pas la rente. Claude Guérin est le seul à mentionner le jardin; cependant il assigne son cens sur la maison et le jardin, de sorte que la maison aurait supporté deux cens.

BV 51 (91v), maison à Léger Négrier et Jeanne Brissaude, veuve Etienne Négrier; près les ponts; - cens 12 d à Me Claude Guérin, le dimanche après la saint Léger [seul déclarant].

BV 52 (1v, 76v), maison à Lucas Daulphin, maréchal, où il se tient; basse ville, près les ponts de Vienne; - cens 2 d au sieur de Verre, à la saint Léger, non déclaré par Me Claude Guérin - rente foncière 25 s au chapitre, à Noël.

BV 53, maison qui fut à Jacques Jolivet, désignée en confrontation de BV 52 et 54. D'après une confrontation de BV 54, Me Julien Vergnault y demeure; celui-ci est en effet mari de Jeanne Hélion (103v), qui est héritière de Jacques Jolivet (103v et 112r). Le manuscrit porte par erreur : Me Julien Vergier.

BV 54 (8v, 99v), maison aux hoirs feu Jean Juisne ou Jeusne, élu à Poitiers, où se tient Joachin Maurat; - rente 22 s à Me Jacques Moutard, à la saint Michel - rente 15 s au chapelain de la chapelle Bastard en l'église Ste-Radegonde de Poitiers, assise sur cette maison et une maison de la rue de Châtellerault (BV 208). Jean Pierre qui déclare, en qualité de fermier des domaines des héritiers de Jean Juisne, ne mentionne pas le devoir à Jacques Moutard et il n'y a pas de déclaration pour la chapelle.

BV 55 (37v, 54r, 78r, 115v), maison à Michel ou Micheau Bethoule à cause de sa femme, où les époux se tiennent; basse ville; - rente 8 s au chapitre, à la saint Jean-Baptiste d'après le chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste d'après Michel Bethoule - rente 20 s à Me Guillaume de Vrillac, avocat à Poitiers - rente 2 s 6 d à Simon Négrier, pour appuyer sa maison contre celle de ce dernier, à la saint Michel d'après Simon Négrier, à la Toussaint d'après Michel Bethoule - rente 10 s à la cure de St-Léger, à la saint Michel. Michel Bethoule ne déclare pas la rente à la cure de St-Léger. Il n'y a pas de déclaration pour Me Guillaume de Vrillac.

BV 56 (63r, 112r, 115v), maison à Jacquette Barricot, veuve Charles Delauzon, où elle se tient; basse ville; - cens 4 d au sieur de Verre, à la Toussaint, non déclaré par Me Claude Guérin - rente 10 s à la cure de St-Léger, la vigile saint Laurent, assignée par erreur au chapitre par Jacquette Barricot - rente 15 d à Jacques Boitie, à la saint Michel, partie de 5 s d'après Jacques Boitie - 15 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, non déclarés par Renée Favereau, veuve François Porcheron.

 Rue de l'Ancien Pont sud - de la rue du Moulin à tan à la maison de Léger Trilloton

BV 57 (61r), maison à Jean Debourgs; - rente foncière 2 s 6 d à Jean Pierre et ses cohéritiers pour l'appui de cette maison contre celle de feu Léger Ferron où se tient Simon Négrier (BV 58). Il n'y a pas de déclaration pour Jean Debourgs.

BV 58 (43v, 53v-54r), maison avec jardin attenant, aux enfants de Simon Négrier et feue Hilaire Ferron, où se tient Simon Négrier qui déclare en son nom et comme administrateur de ses enfants; basse ville, rue du querreu Trilloton es ponts, grand rue du querreu Piet aux ponts, venelle tendant de la grand rue au moulin à tan; par le derrière : ruisseau descendant du moulin de St-Léger au fleuve de Vienne; - cens 1 d au baron - rente foncière 10 s à demoiselle Louise Porcheron comme ayant droit des héritiers feu Me Michel Dabert, à la saint Michel.

BV 59 (44r), maison à demoiselle Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec, où se tient Pierre Boyer; grand rue du querreu Piet aux ponts, venelle descendant de la dite rue au moulin à tan; - cens 6 d au baron - rente 2 s 6 d au chapelain de la chapelle St-Eutrope en l'église St-Léger, à la saint Michel, non déclarée par le chapelain.

BV 60 (34v, 76v-77r), maison à Simon Degueuil ou Deguenil, laboureur à bras, où il se tient; de feu Louis Charles, d'après une confrontation; basse ville; - cens 4 d au baron, à la Toussaint - 5 s au chapitre, à Noël, celui-ci signalant que ces 5 s font la moitié d'une rente de 10 s et qu'un procès est pendant contre Louise Porcheron pour les autres 5 sous.

BV 61 (63r, 105r), maison à Jacquette Barricot, veuve Charles Delauzon, avec petit verger derrière; basse ville, grand rue du querreu Piet aux ponts; - cens 2 d au baron - rente 6 s à Me Charles Dada, à la saint Michel.

BV 62 (6r, 77v), maison avec jardin attenant, à Léger Brisson et Perrette Brisson qui s'y tient avec son mari Julien Delauzon; de feu Me Léger Florenson d'après une confrontation; dans la ville; - 20 s au chapitre, à la saint Michel.

BV 63 (41v, 76v), maison avec verger, à Louis Berthet et Mathieu Garnier qui se tient dans une partie; basse ville, ruisseau descendant du moulin de St-Léger au moulin à tan; - rente 10 s au chapitre, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, déclarée par le chapitre aux noms de messire André Berthet et Mathieu Garnier.

BV 64 (79v, 89r), maison avec jardin derrière, à Jean Berthet, menuisier, qui s'y tient; basse ville; - 8 s 4 d au chapitre pour la maison - 2 s 6 d au chapitre pour le jardin, à la saint Michel. Le chapitre ne mentionne que le devoir sur le jardin.

BV 65 (76v, 100r), maison à Gilles Ferron où il se tient, avec verger; basse ville, devant la place du querrui Trilloton; - cens 2 d au baron - 16 s 8 d faisant les 2/3 de 25 s, au chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, d'après Gilles Ferron, mais le chapitre déclare les 25 s au seul nom de Gilles Ferron.

BV 66 (70v, 129v), maison à Léger Trilloton, maréchal, où il se tient; basse ville; - cens 1 d au baron - rente foncière 12 s 6 d aux hoirs Me François Porcheron, à la saint Michel d'après Léger Trilloton, à la Toussaint d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron.

 Rue Faideau sud - de la maison de Léger Trilloton à la rue du Petit Pont

BV 67, maison à Pierre Cousturier, désignée en confrontations de BV 66 et 68. Pierre Cousturier déclare seulement une rente de 10 s à la saint Michel, au bénéfice de messire François Blouin, prêtre, demeurant à St-Pierre-du-Chemin, en Bas Poitou, sur une allée par laquelle on va de la grand rue au ruisseau descendant du moulin de St-Léger au moulin à tan (38v). C'est probablement cette allée qui est dite galerie dans une confrontation de BV 66. Elle devait longer sa maison. Il n'y a pas de déclaration pour messire François Blouin.

D'autre part, Clémence Roine, veuve Laurent Delamazière, qui a une maison au sud du ruisseau (BV 253), doit une rente de 5 s à Pierre Cousturier pour appuyer sur cette allée des "planches" traversant le ruisseau (33v et 38v).

BV 68 (44r), maison à demoiselle Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec, en laquelle se tiennent Jacques Blouin et Antoine Nadet; fut de feu Boutillier, d'après une confrontation; grand rue du querreu Piet aux ponts; - cens 5 s et rente 20 s au prieur du Teil-aux-Moines, à la Toussaint. Il n'y a pas de déclaration pour le prieur.

BV 69 (5v, 80v, 116r), maison avec jardin, à Léger Brisson et Jeanne Langlois, sa femme, fut à feu messire Gabriel Desioux; basse ville, grand rue, rue du querreu Piet aux ponts; ruisseau descendant de la fontaine Tallebast à la rivière de Vienne; - cens 2 d d'une part, 5 d de l'autre, au baron - rente foncière 10 s au curé de St-Léger, à la saint Michel - rente foncière 35 s au chapitre, à la Toussaint d'après Léger Brisson, à la saint Michel d'après le chapitre. Celui-ci indique que sa rente a été léguée par feu messire Gabriel Desioux à charge, par les sieurs de chapitre, de venir processionnellement célébrer vigiles, messes et libera, le tout en note, en l'église St-Léger (80v).

BV 70 (5v, 120r), maison à Léger Brisson, qui fut à feu Jean Léau; en ville, près l'Ecu de France; - cens 2 d obole au baron - 15 s à Me Jean Bouchet, de Poitiers - rente 22 s 6 d à François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, à Noël. Il n'y a pas de déclaration pour Jean Bouchet. Léger Brisson ne déclare pas le devoir à François Boinet qui appelle Léaude la femme de Brisson, alors que le chapitre l'appelle Jeanne Langlois.

BV 71 (23r-v, 74r, 76r, 98r-v), grand maison où pend par enseigne l'Ecu de France, avec appartenances de jardins et granges, à Jean Dubois, sieur de l'Ecu de France, hôte de l'Ecu de France, qui y réside; basse ville, paroisse St-Léger, grand rue du querreu Piet aux ponts, grand rue du pont et venelle par laquelle on va à l'église St-Léger, par derrière : cimetière de St-Léger, le ruisseau descendant du moulin de St-Léger au fleuve de Vienne séparant les jardins et granges de la maison; - rente foncière 11 l, 2 chapons, 1 lièvre et 1 chevreau, à Me René Berthelot, sieur de Fontcleret - rente 60 s au chapitre en deux articles : 35 s pour la mense capitulaire, aux termes de Noël et saint Jean-Baptiste par moitié, 25 s pour la mense commune.

René Berthelot déclare sa rente au nom des héritiers feu Guillaume Dubois et fournit des précisions sur le bail, qui est récent. Son feu père et lui ont baillé la maison et ses appartenances à feu Guillaume Dubois, avec clauses expresses de ne vendre, ni aliéner, ni transporter, ni apposer aucune charge, rente ou devoir, sans le consentement du bailleur. Sinon, le bail demeurerait nul et résolu et le bailleur pourrait s'emparer de la maison. Il en serait de même si la rente n'était pas payée pendant deux ans. Berthelot ajoute que cette rente serait actuellement bien plus élevée qu'elle n'était lors du bail, à cause "des grandes augmentations et améliorations qui y ont été faites".

 Rue Faideau sud - de la rue du Petit Pont à l'impasse du Grand Logis

BV 72 (121v, 131v), maison à Jean Delachaussée, où il se tient; basse ville; - cens et rente 7 s 6 d aux seigneurs d'Artiges, d'après Jean Delachaussée, de rente, à la saint Michel, d'après les seigneurs d'Artiges.

BV 73 (49r, 95v), maison à Nicolas ou Colas Jolly à cause de sa femme, pour une moitié, et à Mathurin Besnard, sellier, pour l'autre moitié, l'un et l'autre s'y tenant; en ville; - cens 1 d au chapitre (sic), déclaré par le seul Nicolas Jolly - rente foncière 80 s à Louis Delauzon, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, dont chacun assume la moitié. D'après une confrontation, les possesseurs sont héritiers de feu Mery Loisel, d'après une autre de feu Me Mery Trilloton.

BV 74 (19v-20r, 69v, 128v), maison avec jardin, à Jacques Pasquier, où il se tient, fut de feu Pierre Rebours, serrurier; basse ville, tenant au cimetière de St- Léger; - cens 3 d au baron - rente 15 s à François Ferron, à la Pentecôte - rente 22 s 6 d aux hoirs Me François Porcheron, à la saint Michel.

BV 75-78 (33v, 38r, 57r, 80v, 83v), quatre maisons qui furent à René et Gillet de Fontaine d'après le chapitre, et qui appartiennent respectivement à Florent Durand qui s'y tient, à Macé Delacroix, à Michel ou Micheau Bethoule et à Léonard Giboureau; paroisse St-Léger, venelle qui va de la grand rue du pont au ruisseau, ruette tendant de la grand rue au ruisseau du moulin de St-Léger; - cens au baron : 1 d déclaré par Florent Durand, 6 d par Macé Delacroix, 3 d par Léonard Giboureau; Michel Bethoule n'en déclare pas - rente collective 20 s au chapitre, à la saint Michel, ainsi répartie : 2 s 6 d pour Florent Durand, à la Toussaint, 5 s pour Macé Delacroix, 2 s 6 d pour Michel Bethoule, à la saint Jean, 10 s pour Léonard Giboureau; le chapitre mentionne que sa rente a été léguée par feu messire Jean Dada, pour dire vigiles, messe et un libera par chacun an.

D'autre part, les procureurs de la fabrique de St-Léger déclarent une rente foncière de 20 s sur une maison où demeurait Jeanne de Fontaine, avec jardin attenant, sise dans la grand rue des ponts, tenant à la maison de feu Pierre Rebours et à celle des hoirs feu Gillet de Fontaine, rente qui n'est pas déclarée par les possesseurs désignés ci-dessus. Elle a été donnée par testament par Jeanne de Fontaine pour que les fabriqueurs fassent célébrer perpétuellement, chaque année, le jour où elle décédera, cinq messes, trois en note et les autres à secret, qui seront dites par les curés et vicaires de St-Léger, et vigiles sur sa sépulture (113r).

 Rue Faideau sud - de l'impasse du Grand Logis à la rue du Moulin St-Léger

BV 79, jardin de Me Guillaume Delapomme, désigné en confrontation de BV 78. Nous n'avons pu identifier que cet immeuble dans cette portion de rue.

Rue du Moulin St-Léger ouest - du nord au sud

BV 80 (91v-92r), fondis à Catherine Moine, qui fut à feu Laurent de Saugé, boucher; chemin de la grand rue au moulin de St-Léger; - cens 15 d à Me Claude Guérin, seul déclarant, le dimanche après la saint Léger.

BV 81, verger, alias jardin, à Me Guillaume Moreau, désigné en confrontation de BV 80 et 82.

BV 82 (94r, 121v), jardin du Vivier, aux frères Jacques et Pierre Mayaud; chemin par lequel l'on va de la grand rue à St-Léger, ruisseau descendant de la fontaine Tallebast à la rivière de Vienne; - cens et rente aux seigneurs d'Artiges, voir BV 35.

 Rue du Moulin St-Léger est - du nord au sud

BV 83 (35r, 47v, 93r-v), maison à Jean Paizay, coutelier, où il se tient, avec jardin attenant; en ville, paroisse St-Léger, rue par laquelle on va de la grand rue à l'église St-Léger; - cens 6 d et rente 7 s 6 d à Savin Rozet comme héritier de sa mère Françoise Yvon, à la saint Michel - rente foncière 60 s, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, à Jacques et Pierre Mayaud, frères.

BV 84 (71v), tannerie à Marin Citois, près le moulin de St-Léger; - cens 6 d à Savin Rozet qui ne le déclare pas - rente 30 s à Philippon Forget, à la saint Michel, pour la tannerie et une maison près la Corne de Cerf (BV 115).

 Rue Faideau sud - de la rue du Moulin St-Léger à l'extrémité de la rue

BV 85-86 (28v, 121v), deux maisons à Marguerite Nicault, veuve Me Pierre Brunet, procureur en la cour ordinaire de Poitiers; basse ville, paroisse St-Léger, rue du querreu Piet aux ponts, par derrière : jardin des Gilliers appartenant à Jacques et Pierre Mayaud; - rente noble et foncière 30 s aux seigneurs d'Artiges, à la Toussaint, d'après Pierre Mayaud, procureur de Marguerite Nicault, mais cens 6 d et rente 30 s, à la saint Michel, d'après les seigneurs d'Artiges, au nom de Me Pierre Bonnet à cause de sa femme.

BV 87 (122r), maison à Léonard Giboureau, où il se tient; rue du pont au querreu Piet; - cens 2 d et rente 5 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel, non déclarés par Léonard Giboureau.

BV 88 (22v, 131v-132r), maison par moitié à Gabriel Tiffailleau et Mathieu Audoyer alias Audouyer à cause de sa femme Mathurine Rabiard; fut à feu Jean Rabiard; grand rue du querreu Piet aux ponts; - rente foncière 12 s 6 d à demoiselle Anne Prévost, veuve Me Michel Favereau, à la saint Michel, partagée par moitié entre Tiffailleau et Audoyer. Renée Favereau, fille d'Anne Prévost, ne déclare pas cette rente (127v).

BV 89 (126r-v), maison avec jardin, à Denis Laurandeau, marchand apothicaire, et ses parsonniers; basse ville, rue du pont au querreu Piet; - cens et rente 13 s au baron.

BV 90 (56v, 122r), maison avec jardin derrière, à Jacquette Mayaud, veuve Léger Gardemaud, où elle se tient; en ville; - 7 s 6 d de rente aux seigneurs d'Artiges, à la Toussaint, d'après Jacquette Mayaud, mais de cens et rente, à la saint Michel, d'après les seigneurs d'Artiges, pour le jardin.

BV 91 (29v, 93v), maison à Pierre Mayaud, où il se tient, avec grange par derrière qui tient au jardin de feu Léger Gardemaud (BV 90) et aux jardins des Gilliers appartenant à ses cousins Jacques et Pierre Mayaud, frères (BV 92); - rente foncière 7 s 6 d à ses cousins, à la saint Michel, pour la grange. Pierre Mayaud précise que la rente doit, par le contrat d'arrentement, être payée pour aider à payer les cens et rentes dus aux sieurs d'Artiges, pour raison des maisons, jardins et leurs appartenances, payables en chacune fête de Toussaint, comme le tout est plus à plein contenu par le dit contrat.

BV 92 (94r, 121v), jardin des Gilliers, aux frères Jacques et Pierre Mayaud, situé derrière la maison et grange de leur cousin Pierre Mayaud (BV 91) et semblant s'étendre jusqu'au jardin de Jean Paizay (BV 83); - cens et rente, voir BV 35.

BV 93 (56v, 102v), maison et jardin, alias verger, à Jacquette Mayaud, veuve Léger Gardemaud; basse ville, ruisseau descendant du moulin de St-Just à la rivière de Vienne; - rente 1 bétuze de froment, mesure de Chauvigny, à Antoine Blai, aumônier de la ville, à la saint Michel.

BV 94 (56v, 108v), maison et jardin à Jeanne Gardemaud, veuve Jean alias Math. Redon, où elle se tient; en ville, grand rue, tenant au ruisseau; - 20 s à René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais, à Noël d'après Jeanne Gardemaud, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste d'après René Pignonneau.

BV 95 (96r), maison à Jean Roy et Clémence Chaillou ou Chillole, veuve Pierre de Saugé; au querreu Piet; - cens 2 d et rente féodale 25 s et 2 chapons au baron, dont Clémence Chaillou paie 1 d pour le cens et 11 s 8 d pour la rente.

BV 96, maison à messire René Coutant, prêtre, désignée en confrontation de BV 95 et 97.

BV 97 (85v, 112v), maison et appartenances de cour et jardin, à Jacques Boitie, qui furent à Léger Moine; basse ville, grand rue de l'Aumônerie aux ponts de Vienne; - cens 6 s au baron, à la Toussaint ou une fois l'an - 25 s au chapelain de la chapelle St-Hiérosme en l'église St-Pierre, à Noël, sur "un lopin de maison étant en ladite maison de feu Léger Moine et tenant de toutes parts à ladite maison", d'après Jacques Boitie; rente de même somme, à la saint Michel, d'après Fulgent Brangeard, fermier de la chapelle, sur le derrière de la maison, cour et jardin. Fulgent Brangeard signale que le chapelain a la charge de dire une messe tous les mois et qu'il bénéficie à ce sujet d'une autre rente qui n'est pas sujette à déclaration, portant le total à 39 s. Cet immeuble doit se situer à l'angle des rues Faideau et moulin St-Just.

 Immeuble mal localisé dans la grand rue

BV 98 (100r-v), maison avec jardin à Guillemette Hélion; basse ville, grand rue des ponts au querreu Piet, tenant à une maison de Bastien Rousseau; - cens 6 d et rente 40 s au commandeur de Chauvigny, déclarés seulement par messire Blais Deshoullières, procureur du commandeur. La seule maison connue de Sébastien Rousseau dans cette rue est BV 50. Nous hésitons à placer cet article à côté de BV 50, pour lequel nous avons déjà trois confrontations (BV 49, 51, 52).

 Rue du Moulin St-Just ouest

BV 99 (11r, 69v), maison à François Ferron, marchand, où il se tient, qui fut à feu Me Jacques Beau; paroisse St-Léger, grand rue tendant de la rue du pont à la porte de l'Aumônerie, près le querreu Piet, tenant à la maison de Jacques Boitie qui fut à feu Léger Moine (BV 97) et à celle de François Brissaud, une ruette entre deux (BV 100 ); - rente 25 s à Me Pierre Maisonnier, avocat à Poitiers, à la Toussaint.

 Rue du Moulin St-Just est

BV 100-101 (18v), deux maisons contiguës, à François Brissaud et Denis Dupuys, qui les déclarent ensemble; en ville, en face de la maison de François Ferron, une venelle entre deux (BV 99); - cens 5 d au baron à la Toussaint - rente 40 s, par moitié à Noël et à la saint Jean, au chapelain de la chapelle St-Martin en l'église St-Pierre, pour lequel il n'y a pas de déclaration. Ces maisons sont à l'angle de la rue du Moulin St-Just et de la rue du Berry, la seconde probablement ouverte sur la rue du Berry.

BV 102 (69v), maison à François Ferron, qui fut à feu Jacques Ferron; près le querreu Piet; - cens 1 d et rente 10 s au baron.

BV 103 (50v, 74v, 115v), maison à Françoise Mayaud, veuve Me Martial alias Marseau Dunoyer, où elle se tient; fut à Nicolas de la Salle; basse ville, venelle par laquelle on va à l'église St-Just, ruette du querrui Piet au moulin de St-Just; - rente 30 s au chapitre, à Noël d'après Françoise Mayaud, à la saint Michel d'après le chapitre - rente foncière 10 s au curé de St-Léger, pour un libera qu'il dit tous les dimanches.

 Rue du Berry ouest

Ici, il n'est pas possible de reconstituer la série des immeubles. Il y a des hiatus dans les confrontations et l'orientation des groupes décelables est problématique.

BV 104, maison et fondis à Me Jacques Moutard, désignés en confrontation de son jardin appelé Angommois [rue du Marché nord, BV 285] et de BV 105.

BV 105 (21r, 85v), maison à François Remigeaud l'Aîné, où il se tient; rue du querreu Piet à l'Aumônerie; - rente 8 s 4 d au curé de St-Pierre, à la saint Michel, d'après Me François Remigeaud le Jeune qui déclare pour son père, mais 9 s selon messire René Coutant, prêtre, vicaire du curé de St-Pierre. D'après une confrontation de BV 106, François Remigeau l'Aîné "y fait son huilerie".

BV 106 (20v-21r), 74v, 113v), maison à maître François Remigeaud le Jeune, où se tient Antoine Remigeaud d'après le chapitre; basse ville, paroisse St-Léger, grand rue de l'Aumônerie au querreu Piet; - rente 6 s au chapitre, à la saint Michel - rente 2 s à la fabrique de St-Léger, à la Toussaint, non déclarée par Remigeaud. Les procureurs de la fabrique de St-Léger déclarent au nom de Jean Remigeaud et signalent que la rente est due par condamnation en cour en date du 4 mai 1480. Dans les confrontations sont désignés une maison de feu messire Cyprien Picquelin et un fondis aux hoirs feu Thomas de Châtellerault, qui ne sont pas identifiables.

Hiatus

BV 107 (68v), four de la Salle; grand rue du querreu Piet à l'Aumônerie; - 50 s par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, au prieur de St-Just, dus par Jean Rozet, de St-Savin, déclarés seulement par messire Léger Ferron, procureur du prieur de St-Just. Il n'y a pas de déclaration pour Jean Rozet.

BV 108 (4r, 69r-v), maison à Louis Tillier, où il se tient; basse ville; - cens 3 d au baron, à la Toussaint - rente 10 s, à la saint Michel, à Simone Giraudelle, veuve Laurent Bardeau, auparavant femme de feu Jean Légier, qui indique que cette rente lui a été baillée, pour son douaire, par les héritiers de feu Laurent Bardeau, son mari.

BV 109 (116v-117r), maison à René Delahaye, barbier et chirurgien, où il se tient, qui fut à feu Gabriel Légier et Mathurine Ferron sa femme; basse ville; - 8 s 4 d à la cure de St-Léger, à la saint Michel. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, seul déclarant, indique que la rente a été léguée à charge de dire par les curés ou leurs vicaires, un répons de vigiles, versets et collectes, tous les dimanches, sur les sépultures des dits Gabriel Légier et Mathurine Ferron. Une maison de François Ferron, chaussetier, est désignée en confrontation; elle n'est pas signalée par ailleurs.

Hiatus

BV 110, maison à maître René Gilbon, nommée par deux fois en confrontation de BV 111, notamment par Me René Gilbon lui-même, qui ne la déclare pas, à moins qu'il s'agisse de sa maison avec jardin située au-delà du ruisseau [rue du Marché nord, BV 291].

BV 111 (17v, 52r), maison au même; basse ville, paroisse St-Léger; - cens 1 d au baron - rente foncière 6 s, à Noël, à messire Jean Yvonnet, chapelain de la chapelle de St-Jean-Baptiste en l'église St-Just. Dans une confrontation de BV 112, cette maison est dite à Me Luc Gilbon et acquise par feu Pierre Gilbon, son père, de feu Me François Porcheron.

BV 112 (17v), maison à messire Louis Pillot, prêtre, chanoine de St-Pierre, et ses neveux; paroisse St-Just; - rente foncière 6 s, à Noël, à messire Jean Yvonnet, chapelain de la chapelle de St-Jean-Baptiste en l'église St-Just. Il n'y a pas de déclaration pour messire Louis Pillot.

BV 113 (62r, 84v, 122r), maison à Jean Bouthet, où il se tient, qui fut à feu Thomas Vergnault; en ville; - cens 3 d et rente 5 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel, déclarés seulement par ces derniers - rente 5 s au curé de St-Just, pour un légat.

BV 114 (61v, 77v, 103v), maison à Bertrand Voix, couturier, où il se tient, et à Me Julien Vergnault, praticien, autrefois à feu Thomas Vergnault, père de Julien; basse ville, paroisse St-Just, chemin de l'Aumônerie au querreu Piet; - rente 10 s au chapitre, déclarée intégralement par Julien Vergnault, au terme de la saint Michel, alors que Bertrand Voix déclare pour sa part 7 s 6 d, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste.

BV 115 (71v, 108v), maison à Marin Citois, où il se tient; rue du querreu Piet à l'Aumônerie, près la Corne de Cerf, tenant à la maison du curé de St-Just, une venelle entre deux [rue du Marché sud, BV 300]; - 5 s à René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais, à la Toussaint - rente 30 s à Philippon Forget, à la saint Michel, pour cet article et une tannerie près le moulin de St-Léger (BV 84).

 Rue du Berry est - du querreu Piet à la rue des Barrières

BV 116 (75v, 124r), grand maison, avec appartenances de jardins, appentis et pressoir, à Jean Morault alias Mourault, écuyer, seigneur du Sault et de Boisclerbault, et ses parsonniers, qui fut à maître Jacques Mesnagier; grand rue de l'Aumônerie aux ponts et rue du château au pont, au querrouer Piet, au querreu Piet, faisant le coin dudit querrui; - rente 47 s au chapitre, à la Toussaint. Le chapitre déclare sa rente au nom de François Ferron, comme fermier des Mesnagier. C'est effectivement François Ferron qui, en qualité de procureur de Jean Morault, baille la déclaration écrite de ce dernier.

BV 117 (21r-v, 81v), maison avec jardin, à Marguerite Rigollet alias Rogollet, veuve Denis Légier, où elle se tient; rue du querreu Piet à l'Aumônerie; - rente 15 s au chapitre, à la saint Michel - rente 12 s à Pierre Favereau, au même terme.

BV 118 (48v, 70r, 81v), maison à Jean Boursaud, cordonnier, et Etienne Rigollet, qui fut à Paul Légier, serrurier, et auparavant à feu Jean Légier; grand rue du querreu Piet à l'Aumônerie; - rente 25 s au chapitre, à la saint Michel selon Jacques Pasquier, procureur d'Etienne Rigollet, à Pâques selon le chapitre - rente foncière 60 s à Paul Légier, à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour Paul Légier, qui est absent d'après Jean Boursaud. Les parts respectives de Jean Boursaud et Etienne Rigollet sont incertaines. Jean Boursaud déclare les 2/3 de la rente au chapitre, soit 16 s 8 d, et Jacques Pasquier déclare aussi les 2/3 de 25 s. Jean Boursaud déclare seul les 60 s à Paul Légier, sur "les deux tiers ou tierce partie" de la maison. Le chapitre déclare sa rente au seul nom de Jean Boursaud, en précisant que celui-ci a acquis la maison de Paul Légier.

BV 119 (27v, 129r), maison à Etienne Delacroix; - cens 4 d au baron - 25 s au seigneur de Flins, à la saint Michel - 2 s 6 d aux hoirs feu Me François Porcheron, non déclarés par Etienne Delacroix. Il n'y a pas de déclaration pour le seigneur de Flins.

BV 120 (27v, 58v), jardin au même, qui fut aux Tongrelou; - 25 s à Simon Laurens, à la saint Michel.

BV 121 (76r), maison et jardin avec puits, à Guillaume Lévesque à cause de sa femme Françoise de Tongrelou; basse ville; - 12 s au chapitre, seul déclarant, qui précise que les prédécesseurs de Françoise de Tongrelou utilisaient la maison comme étable et qu'il est en procès avec Guillaume Lévesque et sa femme au sujet de la rente.

BV 122 (76r), maison et jardin à Françoise de Tongrelou, où se tient Pierre Sibilleau, couturier; basse ville; - 5 s au chapitre déclarés seulement par celui-ci, aux noms de Guillaume Lévesque et Françoise de Tongrelou sa femme.

BV 123, cuvier et jardin à Me Jacques Moutard, désignés en confrontations de BV 122 et 124.

BV 124 (16v, 77v), maison et grange, avec jardin derrière, à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée; paroisse St-Léger; - cens 3 d au baron - rente 13 s 4 d au chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste - rente 12 s 6 d à Me Guillaume de Voillé, de Poitiers, à l'Annonciation Notre-Dame. Il n'y a pas de déclaration pour Guillaume de Voillé alias de Vrillac.

BV 125 (67r), maison à Me Jean Doré, qui fut à Gilles Guibourd; en ville; - cens 2 d au prieur de St-Just, déclaré seulement par messire Léger Ferron, procureur du prieur.

BV 126 (49v), maison et jardin à Léger Nourry, qui fut à feu Clément Nourry; basse ville; - 2 s 6 d au sieur de Flins, à Noël, partie de 10 s dus avec Me Jean Doré, d'après Léger Nourry. Il est probable que Jean Doré doit le complément sur BV 125.

BV 127 (49v), maison et jardin à Léger Nourry où se tient Clément Nourry, son fils; - 10 s au sieur de Flins d'après Léger Nourry, seul déclarant.

BV 128 (49v), allée au même pour aller vers le four d'Harcourt (BV 305) et au jardin de Françoise de Tongrelou (BV 121); - 2 s 6 d au chapelain de la chapelle St-Martin en l'église St-Pierre, pour lequel il n'y a pas de déclaration. Ce jardin, situé derrière la maison, avait une entrée dans la rue des Barrières, entre les maisons d'André Cherbonnier et André Chevallier (BV 303 et 304) et le four d'Harcourt.

BV 129 (50r, 128r), maison à Clément Nourry, qui fut à feu Jean Bouthet; - cens 4 d au baron - 10 s aux hoirs Me François Porcheron, à Noël d'après Clément Nourry, à Pâques d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron, qui désigne comme débiteurs les hoirs feu Pierre Gilbon.

BV 130 (3v, 48r, 113v, 116v), maison à Jacques Vassou alias Vassour, couturier, où il se tient; basse ville, grand rue, rue du querreu Piet à l'Aumônerie, chemin ou voie publique de la maison de Bertrand Porcheron aux Allemands, par le derrière : maison de Jean Béguier (BV 302), maison des hoirs feu Jamet Rat (BV 303); - cens 3 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 10 s aux hoirs feu Savinet Rozet de St-Savin, à la saint Michel, d'après Jacques Vassou, déclarée à son bénéfice par Savin Rozet demeurant à St-Savin, comme héritier de feue Françoise Yvon, sa mère - rente foncière 5 s à la fabrique de St-Léger, au même terme - rente foncière 5 s au curé de St-Léger, au même terme. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, signale qu'il est chargé de célébrer tous les dimanches, à l'issue de la grand messe, un respond de vigiles, versets et collectes, sur la sépulture des Moutard. Les procureurs de la fabrique de St-Léger déclarent la rente au nom de Jean Savary et mentionnent une condamnation en date du 15 novembre 1485.

 Rue du Berry est - de la rue des Barrières au bras sud du ruisseau

BV 131 (108v, 130v), petite maison où se tient la veuve Jean Mouton dit Baudroux; tenant à la maison des Allemands (BV 308) et à l'étang du bras nord du ruisseau qui est au contact de la rue; - 3 s à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, pris en charge par Renée Favereau, veuve François Porcheron, à la Toussaint d'après Pignonneau, à la saint Michel d'après Renée Favereau.

BV 132 (67r), maison à Charles Chefdevergne, où il se tient; - 2 d au prieur de St-Just, déclarés seulement par le procureur du prieur.

BV 133 (17v, 86r), maison à messire Jean Yvonnet, prêtre, de feu Jean Brissaud, dite à Jean et Louis Yvonnet en confrontation; paroisse St-Just; - cens 2 d au prieur, non déclaré par le procureur du prieur (66v-68v) - rente foncière 25 s, par moitié à Noël et à la saint Jean, à Françoise de Tongrelou, veuve Laurent Fournier, d'après Yvonnet, mais déclarée à leur profit par Antoine Fournier, fils de Françoise de Tongrelou, et ses cohéritiers. D'après Antoine Fournier, Jean Yvonnet "demeure à présent" dans cette maison, mais les seigneurs d'Artiges disent qu'il se tient dans sa petite maison, à l'angle de la rue du Berry et de la rue du Marché (BV 292). Il ne donne lui-même aucune indication sur sa résidence.

BV 134 (20r, 97r, 122r), maison où pend par enseigne la Corne de Cerf, avec jardins, saulaie et vivier, à Julien Maulay, hôte de la Corne, à cause de sa femme feue Jeanne Guinelle, où il se tient; rue du querreu Piet à l'Aumônerie, de toutes parts le long du ruisseau descendant du moulin de Millier au moulin de St-Just; - cens 20 d et rente 60 s, 2 chapons et 1 poule, aux seigneurs d'Artiges, par moitié à la saint Jean et à Noël d'après Maulay, mêmes cens et rente (sauf 2 poules), par moitié à la saint Michel et à Noël, d'après les seigneurs d'Artiges - rente 60 s à messire François Dupin, prêtre, sur un quart de la maison, à la Notre-Dame de mars - rente 10 s à Denis Dupuys, à la saint Michel.

BV 135 (20v, 122r), maison et jardin à Jean Nicault alias Meaulx, hôtelier, "où souloit être la Corne de Cerf", où il se tient; rue du querreu Piet à l'Aumônerie, tenant de toutes parts à la maison et aux jardins de Julien Maulay, ruisseau descendant du moulin de Millier à la Vienne; - cens 2 d à la Toussaint et rente 20 s à Noël, aux seigneurs d'Artiges, d'après Jean Nicault, mais cens 10 d et rente 20 s, à la saint Michel, d'après les seigneurs d'Artiges.

Les deux dernières propriétés s'étendaient entre les deux bras du ruisseau. Leur emplacement est aujourd'hui traversé par la rue de St-Savin.

 Rue de la Paix ouest - de la rue du Marché à la rue Vassalour

BV 136-137 (35v, 39r, 51v, 52r, 67r, 84v), deux maisons contiguës constituant trois appartements et supportant des charges en commun; rue de la Corne de Cerf à l'Aumônerie :

- BV 136, maison de Jeanne Rivareau ou Riverelle, veuve Jean Girard, où elle se tient, faisant le coin de la rue du Marché et de la rue de la Paix

- BV 137, maison composée de deux "chambres" : celle de devant à Mathurin Bouthet à cause de sa femme, avec petit jardin attenant [les époux y résident], celle de derrière à Sauvage alias Sylvestre Tricoche, qui y réside

- cens 3 s au prieur de St-Just, déclaré par le procureur du prieur aux trois noms, par Sauvage Tricoche pour lui et ses parsonniers - rente foncière 60 s au curé de St-Just, à la Nativité de saint Jean-Baptiste, déclarée par le procureur du curé aux trois noms, plus les hoirs feu Jean Pillot, pour leur maison de la rue du Marché contiguë à celle de Jeanne Rivareau (BV 298); les 60 sous ainsi répartis d'après les déclarations des débiteurs : 25 s 6 d pour Tricoche, 12 s 6 d pour Bouthet, 13 s pour Jeanne Rivareau, 13 s 4 d pour les hoirs feu Jean Pillot; le total dépasse d'ailleurs les 60 s - rente 10 s au curé de St-Just, à la saint Michel, due par Mathurin Bouthet pour son jardin.

BV 138 (16r-v, 122r), maison avec jardin derrière, à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée, et Laurent Delachaussée, prêtre, qui y demeurent; paroisse St-Just; - cens 2 d et rente 12 s 6 d aux seigneurs d'Artiges, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste. Les seigneurs d'Artiges déclarent collectivement 6 d de cens et 37 s 10 d de rente, aux mêmes termes, aux noms de messire Laurent (blanc), Léger Rousseau et Paul Bernard, sur leurs maisons et jardins tenant à la maison et jardin de Mathurin Bouthet (BV 137) et à la maison de Guillaume Gorgon ou Gorgou [inconnue par ailleurs]. Il s'agit de BV 138, 139 et 141, dont les cens déclarés font effectivement 6 d au total et les rentes 37 s 6 d [au lieu de 37 s 10 d, erreur probable], chaque immeuble supportant 1/3 du cens et de la rente déclarés par les seigneurs d'Artiges.

Cet immeuble doit être séparé du précédent par le ruisseau, qui n'est pas désigné dans les confrontations.

BV 139 (59r, 122r), maison à Léger Rousseau; paroisse St-Just; - cens 2 d et rente 12 s 6 d, aux seigneurs d'Artiges (voir BV 138).

BV 140 (59r, 128v), maison au même, tenant à la précédente, rue St-Just; - rente 7 s [moitié de 14 s dont l'autre est due par Paul Bernard sur BV 141], aux hoirs Me François Porcheron, à la saint Michel.

BV 141 (89r, 122r, 128v), maison à Paul Bernard, où il se tient; rue St-Just; - cens 2 d et rente 12 s 6 d aux seigneurs d'Artiges (voir BV 138) - rente 7 s [moitié de 14 s dont l'autre est due par Léger Rousseau sur BV 140] aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel. La déclaration de Paul Bernard est faite par ses fils Gabriel et Jean Bernard (89r).

BV 142 (14r, 122v), maison à Guillaume Limouzin, où il demeure; - cens et rente 7 s 6 d, 1 poule et 4 boisseaux de froment, aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel.

BV 143 (13v, 15r), maison à Laurent Poignant alias Pougnant et ses parsonniers, autrefois à feu messire Louis Bernard; - 3 s 4 d au baron, à la Toussaint, Jeanne Cassonnette déclarant 6 d d'aide à Laurent Poignant, au même terme.

BV 144 (14r, 68v, 84v-85r), petite maison au même, où se tient André Voisin, qui fut à feu messire Pierre Chaillaz; Laurent Poignant l'a acquise de Dominique de Villaines; paroisse St-Just; - cens 15 d au baron, à la Toussaint - rente 10 s au prieur et au curé de St-Just, à la saint Sébastien. Messire Léger Ferron, procureur du prieur, déclare au nom de Dominique de Villaines et précise que la rente est à la charge de dire et célébrer, le jour de saint Sébastien, vigiles, une messe à note et un libera (68v).

BV 145 (95r), jardin à Simon Dorin; en la venelle Tuchon; - 8 d d'aide à Laurent Poignant, pour payer des cens au baron. La venelle Tuchon est aujourd'hui l'impasse de la Paix.

BV 146 (47r, 47v, 129v), maison dont la chambre de devant, tant haut que bas, est à Hilaire Babeneau et le derrière à messire Gilles Mothois; elle fut à feu Guillaume Mothois; basse ville, rue de la Treille, rue de St-Just; - cens 15 d au baron, à la Toussaint, déclaré par Gilles Mothois - rente 60 s à Simon Raguit, demeurant à Châtellerault, à la saint Jean-Baptiste, due par Hilaire Babeneau sur le devant de la maison - rente 13 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, déclarée par Hilaire Babeneau en son nom, et par Renée Favereau, veuve François Porcheron, aux deux noms.

BV 147 (14v-15r, 79v), maison et jardin à Jeanne Cassonnette alias Quensonnette, veuve Guillaume Chauvignon, mercier, où elle se tient; basse ville, rue de la Treille; - rente 17 s 6 d au chapitre à Noël, d'après le chapitre, 17 s à la saint Michel d'après Jeanne Cassonnette qui ajoute que Jacques Champoton lui paye 15 d sur cette somme, pour raison d'un petit jardin situé derrière et joignant la maison de ce dernier (BV 148). Le chapitre signale que sa rente est un légat de Florence Florensonne, "à quoi sont tenus les sieurs de chapitre, par chacun an, dire et célébrer vigiles, messe et libera, le tout en note" (79v).

BV 148 (15r), maison à Jacques Champoton; - cens 6 d au baron.

BV 149 (101v, 102r), maison à maître Jean Mothois alias Mouthois, qui fut des Mongin; paroisse St-Just; - rente foncière 55 s, à la saint Michel, à Robert Drouilhard, déclarée seulement par Nicolas Drouilhard, en qualité d'administrateur de son fils Robert, qui précise qu'il a donné cette rente à son fils, écolier, étudiant en l'Université de Poitiers, pour l'"entretenement de son étude", et que procès est pendant au sujet de cette rente, à Poitiers, entre Robert Drouilhard et Me Jean Mothois, devant le conservateur des privilèges royaux. Nicolas Drouilhard présente cette maison comme tenant à une maison de feu messire Louis Mothois qu'exploite le dit maître Jean Mothois, qui n'est pas désignée par ailleurs.

BV 150 (9v, 51r, 80v), maison à Denis Poisbeau, où il demeure, avec petite place ou cour derrière; paroisse St-Just, rue de la Treille, grand rue de la porte de l'Aumônerie au querreu Piet; - cens 2 d au baron, à la Toussaint - rente 15 s 5 d au chapitre, au même terme - rente 40 s à Me Jean Mothois, à Noël.

BV 151 (90r-v, 125v), maison à Me Gabriel Boyer, notaire, où il demeure, avec appartenances de jardin et chènevière, qui fut à feu Jean Duplessis; paroisse St-Just, rue de la Treille, près l'Aumônerie; - 7 d au baron, en deux articles (sic) - rente foncière 15 s à Pierre Clabat, chapelain de la chapelle St-Pierre en l'église St-Léger, appelée la chapelle des Tongrelou, à la saint Michel.

BV 152 (61r, 80v), maison et jardin à Jean et Cosme Blanchard, demeurant à Pouzioux, où se tient Pierre Bonnet dit Caillet; rue de la Treille; - rente 20 s au chapitre, à la saint Michel.

BV 153 (48r, 73r), maison à Clément Mougin alias Mongin et ses frères, héritiers de feu Jean Mongin, où demeure Clément; rue de la Treille; - cens 6 d au baron, à la Toussaint - rente 10 s à Savin Rozet, de St-Savin, à la saint Michel - rente 12 s à Antoine Bonnet, au même terme.

BV 154, maison de feu Clément Picard, désignée en confrontation de BV 153 et 157.

BV 155 (39r), maison à Berthomé Dupinier; rue de la Treille; - rente 10 s à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, à la Toussaint, non déclarée par ce dernier.

BV 156 (39r, 99r, 112r), maison et jardin à Berthomé Dupinier et cohéritiers de feu Antoine Courault, où se tient la veuve Antoine Courault; rue de la Treille, grand rue du querreu Piet à la porte de l'Aumônerie, tenant à la maison ci-dessus; - cens 5 d au baron, à la Toussaint - rente 12 s 6 d à Jacques Boitie, à Noël - rente 27 s 6 d à Perrette Fournier et ses cohéritiers, déclarée seulement par Me Jacques Moutard, mari de Perrette Fournier.

BV 157 (10r), maison à Martin Le Donné, où il se tient; - 14 d obole au baron, à la Toussaint.

BV 158 (10r-v, 17r, 122v), maison à Michelle Doreau, alias Doleau ou Dolelle, veuve Pierre Gilbon, où elle demeure, avec jardin attenant; paroisse St Just; - rente foncière 13 s 4 d à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée, et Laurent Delachaussée, à la saint Michel - cens et rente 18 d aux seigneurs d'Artiges, au même terme, pour le jardin qui est derrière sa maison et tient à la venelle par laquelle l'on va de la grand rue à la rivière de Vienne [rue Vassalour].

BV 159, maison des héritiers feu Guillaume Thévenet, dite aussi de feu messire Laurent Thévenet, désignée en confrontation de BV 158 et 160.

BV 160 (10v, 89r), petite maison à Michelle Doreau, alias Doleau ou Dolelle, veuve Pierre Gilbon; rue de la Treille, venelle par laquelle l'on va de la maison de Nadaud (BV 166) au fleuve de Vienne [rue Vassalour]; - rente 5 s à Paul Bernard, à la saint Jean-Baptiste.

 Rue Vassalour nord - à partir de la rue de la Paix

BV 161, maison à Jean Delavau, désignée en confrontations de BV 160 et 162; elle est dite deux fois aux hoirs feu Jean Boyer. Une autre maison est dite à Jean Delavau et sa femme et aux hoirs feu Jean Boyer (BV 167); la femme de Jean Delavau doit être héritière de Jean Boyer.

BV 162 (28v, 35r, 84v), maison à Jeanne Dorin, veuve Jean Caillaud, où elle se tient; en ville; - cens 4 d au baron, moitié de 8 d [nous ignorons qui doit l'autre moitié] - rente 12 s au curé de St-Just, à la saint Michel, par don ou légat - rente foncière ou générale 10 s à Sébastien Rousseau, à Pâques d'après Jeanne Dorin, à la saint Michel d'après Me Jean Forgier, procureur de Sébastien Rousseau. Jeanne Dorin signale qu'elle ne peut amortir ces devoirs.

BV 163 (64v, 65r), maison à Paul Guinet; en ville; cens 1 d au baron, à la Toussaint, et "un bian qui est une journée à faucher, le jour que le seigneur baron fait faucher son pré de Groussard". Il doit avoir une fourchée de foin. Une confrontation mentionne une maison des héritiers feu Guillaume Desgliers, qui n'est pas identifiable.

 Rue Vassalour sud

BV 164 (59v), petit jardin à Perrine Loreau ou Lorelle, veuve Jean Caillaud; joignant la venelle du Vassalour; - rente 5 s au curé de St-Just, le jour du 1er mai, fête de saint Jacques et Philippe, non déclarée par le procureur du curé (84v-85r).

BV 165 (72v), petit jardin à Jean Gaschard; en la venelle du Vassalour; déclaré en même temps que sa maison BV 170.

 Rue de la Paix ouest - de la rue Vassalour à la porte de l'Aumônerie

BV 166 (129r-v), maison à Nau alias Nouël Nadaud, avec jardin; basse ville, près l'Aumônerie; - rente 14 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, déclarée seulement par Renée Favereau, veuve François Porcheron.

BV 167, maison à Jean Delavau et sa femme, dite aussi des hoirs feu Jean Boyer, désignée en confrontations de BV 166 et 168.

BV 168 (50v), maison à Jean d'Anjou, où il se tient; en ville; - cens 4 d au baron, à la Toussaint.

BV 169 (79r, 102v), maison à Me Mathurin Simonnet où il demeure, avec jardin; rue de l'Aumônerie, près la porte de l'Aumônerie; - 7 s 6 d au chapitre, à la saint Michel - 10 s à Antoine Blai, aumônier de la ville, au même terme. Il n'y a pas de déclaration pour Me Mathurin Simonnet.

BV 170 (72v, 84v), maison à Jean Gaschard, où il se tient; rue de la Treille; - cens 5 d au baron, à la Toussaint - rente 8 s au curé de St-Just, pour un légat de quatre messes, assignée sur cette maison et un petit jardin en la venelle du Vassalour (BV 165).

BV 171 (11v, 102v), maison à Gilles Gayet, où il demeure, avec jardin derrière; rue de l'Aumônerie; - cens 17 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 13 s 4 d à Antoine Blai, aumônier de la ville, à la saint Michel.

BV 172 (8r, 102v), maison à Pierre Delavau; rue de l'Aumônerie; - cens 2 s 2 d au baron, à la Toussaint - rente 10 s à Antoine Blai, aumônier de la ville, à la saint Michel. Ce dernier la dit neuve et appelée la Forge mais Pierre Delavau dit que sa forge y était "autrefois".

BV 173 (8r, 59v), maison au même, où il demeure, autrefois à Jean Deshoullières et à Simon Gaigeau d'après Pierre Delavau, à feu Etienne Billaud d'après Léger Rousseau; - rente 17 s 6 d au chapitre, à la saint Michel - rente foncière 17 s à Léger Rousseau, à la saint Michel d'après Pierre Delavau, mais 17 s 6 d à Noël d'après Léger Rousseau. Le chapitre ne déclare pas cette rente. Pierre Delavau signale, au sujet de BV 172 et 173 : "lesquelles deux maisons n'est qu'un caien logis", en contradiction avec Antoine Blai pour BV 172. Une confrontation de BV 174 mentionne une maison de Pierre Delavau et Hilaire Gallaise, sa femme, qui est l'une des deux maisons ci-dessus.

BV 174 (79r, 87v, 90v, 130r), maison à Me Gabriel Boyer, notaire, avec jardin, qui furent de Thevette Berault et Mathieu Audouyer alias Laudoyer, son fils; près la chapelle de l'Aumônerie, devant l'Aumônerie, près la porte de l'Aumônerie; - rente 45 s et 2 chapons aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel - rente foncière ou générale 10 s au chapitre, par don ou légat, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste - cens 4 d et rente 10 s à Léon Pignonneau, écuyer, sieur de Boisgigon, pour le jardin, d'après Gabriel Boyer, mais rente 10 s à la Toussaint d'après Léon Pignonneau.

BV 175 (102r), fondis à François Cortois dit Gallimade; rue de l'Aumônerie, joignant la porte de l'Aumônerie, tenant aux murailles de la ville; - 11 s 8 d à Antoine Blai, aumônier de la ville, à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour François Cortois.

BV 176 (39v, 129v), maison à Jean Savary, où il se tient; en la muraille de la porte de l'Aumônerie, près la porte de l'Aumônerie; - 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel.

 Rue de la Paix est - du nord au sud

On reconstitue sans trop de difficultés la suite des immeubles mais l'orientation de la série n'est pas évidente : aucune confrontation ne désigne le ruisseau et le pont au nord, et l'aumônerie au sud. D'autre part, le nombre des maisons surprend parce qu'il est à peu près le double de ce qu'il sera en 1780, d'après le terrier de la baronnie, et la censive de la Talbâtière n'est repérable que pour huit maisons alors qu'en 1780 elle s'étend sur l'ensemble de la rue, à la seule exception de l'aumônerie.

BV 177 (95v, 131r), maison à Jean Bernard le Jeune, où il demeure; - cens 2 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, déclaré par Renée Favereau, veuve François Porcheron, mais cens 6 d avec ses parsonniers, au sieur de la Talbâtière, à Noël, déclaré par Jean Bernard - rente 2 s 4 d, soit 1/3 de 7 s, aux seigneurs d'Artiges. Les parsonniers sont Léger Rousseau pour BV 178 et Laurent Poignant pour BV 179, qui doivent chacun 2 d de cens. Les 2/3 complémentaires de la rente aux seigneurs d'Artiges sont déclarés par Laurent Poignant sur BV 179. Les seigneurs d'Artiges ne déclarent pas cette rente.

BV 178 (59v, 131r), maison à Léger Rousseau, marchand, demeurant au "château de Loreil"; - cens 2 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel.

BV 179 (13v, 131r), maison à Laurent Poignant alias Pougnant et sa femme, où ils demeurent; - cens 2 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, non déclaré par Laurent Poignant - rente 4 s 8 d, soit 2/3 de 7 s, à Noël, aux seigneurs d'Artiges.

BV 180 (9v, 122v, 131r), maison à Me Jean Mothois, où demeure son fils Louis Mothois; fut à feu Gilles Mothois; rue de la Treille, rue de l'Aumônerie au querreu Piet; - cens 6 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel - rente 12 s, moitié de 24 s, aux seigneurs d'Artiges. Jean Mothois ne déclare pas le cens. Les seigneurs d'Artiges déclarent 24 s au nom de Me Jean Mothois et ses "frescheurs"; nous ignorons qui doit l'autre moitié.

BV 181 (131r), maison aux hoirs ou biens tenants de feue Perrette Bozier; - cens 2 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, déclaré par Renée Favereau, veuve François Porcheron.

BV 182 (52r, 52v, 90r, 122v, 131r), maison dont Sauvage Tricoche possède la chambre de devant et André Voisin le reste; rue de l'Aumônerie au querreu Piet, rue du querreu Piet à l'Aumônerie, paroisse St-Just; - cens 1 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel - rente 10 s aux seigneurs d'Artiges, au même terme, déclarée par ces derniers au nom de Sauvage Tricoche et ses "frescheurs" - rente 14 s à François Chevreul, au même terme, partagée par moitié entre les deux hommes. Les deux débiteurs ne mentionnent ni le cens ni la rente aux seigneurs d'Artiges.

BV 183 (63v, 81v, 131r), maison à Jacquette Barricot, veuve Charles Delauzon; paroisse St-Just, rue de la Treille, à l'Aumônerie; - cens 2 d aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel - rente 15 s au chapitre, moitié à la saint Jean et à la saint Michel d'après Jacquette Barricot, à la saint Jean et à Noël d'après le chapitre. Jacquette Barricot ne déclare pas le cens.

BV 184 (15r, 77r, 131r), maison à François Lerouge, arbalétrier, où il demeure; paroisse St-Just, rue de la Treille; - cens 1 d au sieur de la Talbâtière, même somme déclarée par Renée Favereau, veuve François Porcheron - rente 10 s au chapitre, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste.

BV 185-186 (17r, 95r), maisons à Simon Dorin dit le capitaine maréchal, à cause de ses enfants, et à Guillemine Galerneau; furent à feu messire Jean Desmazeaux, prêtre, et Jacques Servouze, assistant de la paroisse St-Just; Simon Dorin y réside; - cens 2 d au baron, à la Toussaint, déclaré par Simon Dorin - rente foncière 5 s à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée, et Laurent Delachaussée, prêtre, à la saint Michel, partagée par moitié entre Simon Dorin et Guillemine Galerneau, pour laquelle il n'y a pas de déclaration. Simon Dorin y a une forge.

BV 187 (86r), maison à Jean Meingault, où il demeure; rue appelée la Treuille; - rente 10 s à Antoine Fournier et ses cohéritiers, déclarée seulement par celui-ci.

BV 188 (38v, 84v), maison à Louis et Madeleine Pillot, hoirs feu Jean Pillot, tisserand; - rente 5 s au curé de St-Just, à la saint Michel, pour un légat, déclarée par Jean Pichelon, tuteur et curateur des enfants Pillot, et par le procureur du curé de St-Just - rente foncière 5 s à demoiselle Françoise de Tongrelou, femme de Me Denis Bizot, à la saint Michel, déclarée seulement par le tuteur.

BV 189-190 (53v, 59v, 109r), maisons et jardins, à Pierre Meignen, couvreur, et Perrine Lorelle alias Loriolle, veuve Jean Caillaud; rue de la Treille, paroisse St-Just; - rente foncière 12 s 6 d à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, par moitié à la saint Jean-Baptiste et à la saint Michel d'après ce dernier; Pierre Meignen en déclare une moitié à Noël et Perrine Lorelle une moitié à la saint Michel.

BV 191 (108v), maison et jardin à Huguette Picarde et Berthélémy Chesneau; rue de la Treille; - 12 s 6 d à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, seul déclarant, moitié à la fête Notre-Seigneur, moitié à la saint Jean-Baptiste.

BV 192 (70r, 109r), maison à Pierre Bonneau, où il se tient; rue de la Treille; - rente foncière 7 s 6 d à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste - rente 30 s à Jean Vincent et Gillette Demairé sa femme, la maison étant du patrimoine de celle-ci et ayant été baillée à rente.

BV 193 (10r, 128r-v), maison à Catherin ou Cathelin Cesve ou Cesveau, où il demeure, fut à feu Hiérosme Moreau; grand rue de l'Aumônerie; - rente 2 s 6 d, à Noël, à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, qui ne déclare pas cet article - rente foncière 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la Toussaint d'après Cathelin Cesve, à la saint Michel d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron.

BV 194 (59v), maison à Perrine Loreau ou Lorelle, veuve Jean Caillaud, où elle demeure; - cens 2 d au baron - 6 s 8 d d'aide à Clémence Royne, veuve Laurent Delamazière et fille de feue Gillette Rouhault, pour payer une rente de 20 s au chapitre. Le chapitre déclare 20 s sur la maison de Pierre Bernard qui fut à Bertrand et Gillette Rouhault (BV 196) (81r) mais les déclarations de Perrine Lorelle pour BV 194, de Clémence Royne pour BV 195 et de Pierre Bernard pour BV 196, montrent que les 20 s sont partagés également entre ces trois personnes qui avouent chacune 6 s 8 d.

BV 195 (33v-34r), maison à Clémence Royne ou Roy, veuve Laurent Delamazière; près l'Aumônerie; - rente 6 s 8 d au chapitre, partie de 20 s (voir BV 194).

BV 196 (81r, 89r), maison à Pierre Bernard, cordier, à cause de sa femme, fut à Bertrand et Gillette Rouhault; rue de la Treille, près l'Aumônerie; - rente 6 s 8 d au chapitre, partie de 20 s (voir BV 194).

BV 197 (59r, 102v), maison avec jardin, à Joachin Dorin, où il se tient; rue de la Treille, rue de l'Aumônerie; - 30 s à Antoine Blai, aumônier de la ville, à la saint Jean et à Noël.

BV 198 (71r), maison à Jean Rousseau, où il demeure; - cens 4 d au baron, à la Toussaint.

BV 199 (103r), chapelle de la Madeleine, aumônerie et appartenances, tenue par Antoine Blai, écolier, étudiant en l'Université de Poitiers, chapelain; - 10 s au baron, à Noël ou à la saint Savin, plus 60 s à muance de seigneur. Le chapelain doit dire trois messes par semaine dans la dite chapelle de la Madeleine, qui est "sujette à loger les pauvres passants".

 Rue de la Paix - mal localisés

BV 200 (119v), maison qui fut à feu Colas Jubin; rue de la Treille; - rente foncière 12 s, à la saint Michel, à François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, qui signale qu'il n'a pas été payé depuis longtemps et qu'il ne sait pourquoi.

BV 201 (6r), jardin à Léger Brisson; à l'Aumônerie, en la rue de la Treille; - cens 2 d au baron.

 Rue de Châtellerault ouest

Les immeubles suivants se situent entre la porte de Châtellerault et la rue du Port. La courte partie de la rue de Châtellerault comprise entre la rue du Port et la rue de l'Ancien Pont est occupée par BV 14, qui est signalé dans la rue de l'Ancien Pont, et BV 225, qui figure dans la rue du Port.

BV 202 (34r), jardin à Clémence Royne ou Roy, veuve Laurent Delamazière; rue de Châtellerault; - rente 15 d à Jacquette Boursaud, pour aider à payer la rente de sa maison (BV 205), non déclarée par cette dernière (36r).

BV 203 (8v), jardin à Clément Deshoullières; rue de Châtellerault; - rente 4 s à Me Jacques Moutard, à la saint Michel, déclarée seulement par celui-ci.

BV 204-205 (36r, 73v, 117v), maisons et jardins à Jean Deshoullières et Jacquette Boursaud, veuve Micheau Deshoullières, en qualité de tutrice de ses enfants mineurs, où ils résident; rue de Châtellerault; - cens 4 d au sieur de Verre, déclaré par Jacquette Boursaud, non mentionné par Me Claude Guérin (91v) - rente foncière 15 s et 1 chapon au curé de St-Léger, à la saint Michel, prise en charge chacun pour une moitié. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, précise que sa rente a été donnée aux curés de St-Léger ou leurs vicaires par feu messire Martial Berthet, à charge de prier tous les dimanches de l'an, pour lui et ses parents et amis trépassés, en la remembrée de la dite église, en faisant le prône de la grand messe paroissiale, et dire un libera, répons et collectes, aussi tous les dimanches, sur la sépulture du dit feu messire Martial Berthet.

BV 206-207 (31v-32r, 87v, 91v, 121v), deux maisons contiguës appelées les Gerbaudières, avec appartenances, alias jardin, à Jean Delachaussée et Marie Desmazeaux, veuve Mathurin Goupil; rue de Châtellerault, tenant à la "doue" par où l'on va au fleuve de Vienne; - cens 6 d au sieur de Verre, à la Toussaint, non déclaré par Me Claude Guérin - rente 6 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel - rente 6 s à Léon Pignonneau, sieur de Boisgigon, au même terme. Les intéressés déclarent conjointement qu'ils se répartissent ainsi les devoirs, que les seigneurs d'Artiges et Léon Pignonneau déclarent au seul nom de Jean Delachaussée : le cens et 8 s de rente à Delachaussée, 4 s de rente à Desmazeaux.

BV 208 (99v), maison et jardin aux hoirs feu Jean Juisne, élu à Poitiers; rue de Châtellerault; - rente 15 s au chapelain de la chapelle Bastard en l'église Ste-Radegonde de Poitiers, assise sur cet article et sur une maison avec jardin, rue de l'Ancien Pont (BV 54). Il n'y a pas de déclaration pour le chapelain. La déclaration pour les héritiers est faite par le fermier de leurs domaines, Me Jean Pierre.

BV 209 (8v, 95v-96r, 104v-105r, 121v, 126r), maison avec verger attenant, à Louis Delauzon qui y demeure, et ses parsonniers; rue de Châtellerault, chemin de Chauvigny à Châtellerault, paroisse St-Léger; - cens 12 d au sieur de Verre, non déclaré par Me Claude Guérin - rente 20 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel - rente foncière 5 s à Me Jacques Moutard - rente 4 s 2 d au curé de St-Paul de Poitiers, à la saint Michel, déclarée d'autre part par Guillaume Fradin, prêtre, vicaire de cette église. Louis Delauzon déclare la totalité du cens et 1/3 des rentes et Charles Dada 1/3 des rentes, pour sa femme Clémence Berthonneau. Nous ignorons qui doit le dernier 1/3 des rentes.

BV 210 (91v), chènevière à Pierre Mayaud; rue de Châtellerault; - cens 4 d à Me Claude Guérin, seul déclarant, le dimanche après la saint Léger.

BV 211 (37v, 91v), jardin, alias verger et chènevière, à Michel ou Micheau Bethoule, au lieu de Jean Debourgs; rue de Châtellerault; - cens 12 d au sieur de Verre, à la saint Léger d'après Bethoule, le dimanche après la saint Léger d'après Me Claude Guérin. En confrontation est désigné un jardin de la veuve et des hoirs feu Me Mathurin Bourdier, que nous ne pouvons situer exactement.

BV 212 (29r), jardin à Marguerite Nicault, veuve Me Pierre Brunet, procureur en la cour ordinaire de Poitiers; grand rue de Châtellerault, par le derrière : douves de la ville; rente 5 s, à la saint Michel, au commandeur de Chauvigny, déclarée par Pierre Mayaud comme procureur de Marguerite Nicault. Blais Deshoullières, procureur de messire Jean Cardinault, commandeur de Chauvigny, membre dépendant de la Maison-Dieu de Montmorillon, ne déclare pas cette rente (100r-v).

BV 213 (91v), grand jardin et chènevière à la veuve Jean Juisne, de Poitiers; rue de Châtellerault; - cens 15 d à Me Claude Guérin, seul déclarant.

BV 214 (32r, 34v), maison à Marie Desmazeaux, veuve Mathurin Goupil, où elle demeure; rue de Châtellerault, paroisse St-Léger; - 11 s 6 d à Sébastien Rousseau, à la saint Michel. Maître Jean Forgier, procureur de Sébastien Rousseau, déclare par erreur 25 s sur cette maison, qu'il situe mal parce qu'il confond deux maisons de Marie Desmazeaux, grevées chacune d'une rente à Sébastien Rousseau, au même terme de la saint Michel. L'autre maison, sise de l'autre côté de la rue, doit 14 s 6 d à Rousseau, ce qui fait un total de 26 s pour les deux maisons, c'est-à-dire, à 1 s près, ce que déclare Forgier pour une seule. Marie Desmazeaux est appelée Marie Chapellerie par le chapitre, en confrontation de BV 215.

BV 215 (41v, 72v, 81v, 88r), maison et jardin attenant, alias verger, à Pierre Berthet et messire André Berthet, prêtre; fut à feu Micheau Berthet dont Pierre se dit le fils; André Berthet y demeure; rue de Châtellerault; - cens 2 d au sieur de Verre, à la Toussaint, non déclaré par Me Claude Guérin - rente foncière 18 s à l'abbaye de l'Etoile, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste - rente 7 s au chapitre, à Pâques. Pierre Berthet déclare le cens et 1/7 de la rente à l'abbaye et André Berthet les 6/7 des deux rentes. Il reste 1/7 de la rente au chapitre qui n'est pas déclaré.

BV 216 (60v, 117v-118r), maison et jardin à Jean Pierre, qui furent à feu Léger Ferron; rue de Châtellerault; - cens 4 d au sieur de Verre, non déclaré par Me Claude Guérin - rente 6 s 8 d, partie de 10 s, au curé de St-Léger, d'après Jean Pierre. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, déclare 10 s au nom de Jean Pierre, à la saint Michel, donnés par feu Mathurin Ferron à la charge de célébrer, chaque dimanche de l'an, un répons, versets et collectes des trépassés, sur sa sépulture.

BV 217 (49r-v, 73r, 77r, 93v), maison, four, "fourniou" et jardin alias verger, tenant ensemble, à Charles Herpin alias Hespin, fournier, qui y demeure; rue de Châtellerault, grand rue appelée la rue de Châtellerault, petite ruette appelée la ruette du Moutardier; - rente 40 s au chapitre, à Noël, saint Jean et Pâques, d'après Charles Herpin, mais 30 s, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, plus 10 s à la saint Michel, d'après le chapitre - rente foncière 22 s 6 d à Jacques Mayaud, à Noël d'après Charles Herpin, même somme à Jacques et Pierre Mayaud, à la saint Michel, d'après ces derniers - 20 s au chapelain de la chapelle St-Eutrope en l'église St-Léger, à Noël, d'après Charles Herpin. Messire François Gaschard, chapelain de la chapelle St-Eutrope en St-Léger, déclare globalement 32 s, moitié à Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste, sur les maisons et jardins où résident Charles Hespin et Jean Rossignol, éperonnier, dans la rue de Châtellerault. La maison de Rossignol est de l'autre côté de la rue, face à celle de Herpin (BV 240).

 Rue du Port nord - de la Vienne à la rue de Châtellerault

BV 218 (58v, 91v, 111v), maison et jardin à Simon Laurens et ses parsonniers; au Moutardier, près la rivière de Vienne, chemin de la maison de Jean Pierre à la rivière de Vienne; - cens et rente 5 s 1 d et 1 chapon, à Me Claude Guérin, sieur de Verre, le dimanche après la saint Léger - rente 20 s à Jacques Boitie, à la saint Michel. Me Claude Guérin signale que les cens qu'il déclare en sa faveur se paient près du puits et maison des Laurens et il précise, au sujet de la maison de Simon Laurens : "là où se paient les dits cens". La "maison de Jean Pierre" est l'hôtellerie des Trois Piliers. Le chemin de cette maison à la Vienne est la rue du Port, parce que les dépendances donnent sur cette rue. Jacques Boitie indique en confrontation un jardin lui appartenant pour lequel il ne fait pas de déclaration.

BV 219 (92r, 103v), jardin à Julien Vergnault, praticien, à cause de sa femme Jeanne Hélion, héritière de feu Jacques Jolivet; près le Moutardier, près le port du Moutardier, devant le puits des Laurens; - cens 3 s et 1 poule à Me Claude Guérin, sieur de Verre, le dimanche après la saint Léger.

BV 220 (60r-v), fondis et place à Jean Pierre; rue du Moutardier et rivière de Vienne; - cens 2 d au sieur de Verre, non déclaré par Claude Guérin - 10 s à François Jolivet demeurant à Melle, pour lequel il n'y a pas de déclaration.

BV 221 (60r), jardin au même, contenant 1 boisselée ou environ; rue du Moutardier; - cens 9 d au sieur de Verre, non déclaré par Claude Guérin.

BV 222 (60v, 92r, 100r), jardin, alias verger, "où de présent il y a une grange bâtie", au même; la grange est "derrière" son hôtellerie des Trois Piliers; rue du Moutardier; - cens et rente 2 s à Me Claude Guérin, sieur de Verre, qui déclare au nom de Léger Ferron, qui est décédé mais dont Jean Pierre est héritier - 2 s 6 d au commandeur de Chauvigny, non déclarés par Jean Pierre. Un verger des Brissaud, de Léger Brissaud, est désigné en confrontation mais non déclaré. Peut-être erreur pour "Léger Brisson" [voir BV 223 ci-dessous].

BV 223 (6r, 92r), jardin ou chènevière à Léger Brisson; rue du Moutardier, au Moutardier, près la "doue" de la ville; - cens 2 s à Me Claude Guérin, sieur de Verre, qui déclare au nom de Léger Brisson en lieu de Cosme Brisson.

 Rue du Port sud

La plus grande partie est occupée par des jardins et dépendances de maisons de la rue de l'Ancien Pont. Aussi ne trouve-t-on de déclarations que pour deux maisons situées au contact de la rue de Châtellerault.

BV 224 (10v, 19r, 34r), maison à Etienne Naudin, où il réside; rue tendant de la rue de Châtellerault au port du Moutardier; - cens 2 d au sieur de Verre, à la Toussaint, non déclaré par Me Claude Guérin - rente 20 d, portion de 5 s, à Micheau Bethoule qui ne les déclare pas (37v-38r) - rente 10 s à Jean Girault, Thomas Mallet et parsonniers, à la saint Michel, dont Jean Girault seul déclare le tiers à son profit - partie de 2 s à Me Jacques Moutard, dont le reste est dû sur la maison suivante.

BV 225 (8v, 19r), maison à Jean Girault, couvreur, où il demeure; rue de Châtellerault, rue tendant de la rue de Châtellerault à la rivière de Vienne, tenant au jardin de Guillemine Pain [qui fait l'angle de la rue de l'Ancien Pont et de la rue de Châtellerault, BV 14]; - 16 d à Me Jacques Moutard, à la saint Michel, partie de 2 s dont son voisin, Etienne Naudin, doit le reste.

 Rue de Châtellerault est - du nord au sud

BV 226 (33v, 38r), maison à Léger Pommereoulx, où il se tient; rue de Châtellerault; - cens 12 d au baron - rente 40 s à Clémence Royne, veuve Laurent Delamazière, à la saint Michel.

BV 227 (103v, 112r, 121v), maison et jardin, alias cuvier et jardin, tenant ensemble, à Me Julien Vergnault, praticien, à cause de sa femme Jeanne Hélion, héritière de feu Jacques Jolivet; rue de Châtellerault, chemin de la rue du pont au moulin des Dames; pour le jardin : rue ou venelle de Puyzillard, près le puits Sillard; - rente 10 s à Jacques Boitie, à la saint Michel - rente 25 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel d'après Julien Vergnault, par moitié à la saint Jean et à Noël d'après les seigneurs d'Artiges.

BV 228, jardin à Pierre Mayaud, désigné en confrontations de BV 227 et BV 229-230.

BV 229-230 (16r), deux "prises" à Me Jean Forgier, en chacune desquelles "il y a caves que ledit Forgier a commencé à bâtir"; rue de Châtellerault; - cens 2 d au baron, le premier dimanche de Carême.

BV 231 (19r, 109r), maison et jardin à François Brissaud; rue de Châtellerault; - cens 12 d au baron - rente 10 s et 1 poule à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, à Noël.

BV 232 (77r, 96r, 105r, 125v-126r), maison à Louis Delauzon, avec jardin derrière; rue de Châtellerault; - rente 10 s au chapitre, moitié à Noël, moitié à la saint Jean - rente foncière 13 s à Geneviève Violette, veuve Me André Blanchard, et ses enfants, à la Toussaint - rente 10 s à Me Charles Dada, à Noël, pour le jardin.

A partir d'ici, la situation apparaît confuse jusqu'à la rue Faideau. Seuls trois immeubles sont déclarés dans cette section, avec référence à plusieurs autres, en confrontations, pour chacun des trois. Aussi présentons-nous trois groupes d'immeubles, les deux premiers se situant de part et d'autre de la venelle du Clou, le dernier au contact de la rue Faideau, sans garantir la situation et même le nombre exact des immeubles, certains pouvant être désignés en confrontations sous des noms différents lorsque ces noms sont ceux d'héritiers.

BV 233, 234, 235, 236 (48r, 52v, 79v, 106r, 113r), quatre maisons attenantes, aux Cornoueille, aux héritiers de feu Colas Amiot, aux pupilles héritiers de feu Math. Driguet, à Paul Boursaud; rue de Châtellerault et rue du Clou, près la rue de Châtellerault, venelle par laquelle on va de la rue de Châtellerault au puits étant devant la maison des Cornoueille. Seule est déclarée la maison des Cornoueille, les autres étant mentionnées en confrontations; Jean Cornoueille, tisserand, y demeure; elle supporte : - rente 8 s à Jean Boursaud, à la saint Michel, d'après Jean Cornoueille, mais 8 s 6 d, d'après Jean Boursaud, à charge de Pierre Cornoueille - rente 12 s 6 d au chapitre, à la saint Michel, d'après Jean Cornoueille, mais même somme à charge de Pierre Cornoueille, d'après le chapitre - rente foncière 10 s à la fabrique de St-Léger, à la saint Michel, déclarée par les fabriqueurs sans indication de débiteurs, dont maître Pierre Delafousse, qui dit que Jean Cornoueille se tient dans cette maison "pour lui", déclare devoir la moitié, en ajoutant que l'autre moitié est due par les pupilles héritiers de feu Math. Driguet.

Le chapitre mentionne que sa rente est à charge de célébrer un anniversaire, la veille de l'Annonciation Notre-Dame, par legs de Jean Bonniot. Les fabriqueurs précisent que la rente à la fabrique de St-Léger a été baillée par feu Jacques Mayaud, pour avoir un banc oratoire en l'église, et qu'elle a été assignée sur feu Jacques Trilloton, maréchal, et Radégonde Nadaud, sa femme, demeurant alors à Chauvigny, qui étaient tenus de cette rente envers le dit Mayaud.

BV 237, 238, 239 (32v, 34v, 75v), trois maisons attenantes, avec vergers, à Marie Desmazeaux, veuve Mathurin Goupil, aux hoirs feu Cosme Deserre et aux hoirs feu Jean Charet; rue de Châtellerault, rue du Clou, près la rue de Châtellerault, rue ou venelle tendant aux maisons des Cornoueille. Seule Marie Desmazeaux déclare, pour sa maison, qui tient par derrière à une maison de Jeanne Simonnette : - rente 14 s 6 d à Sébastien Rousseau, à la saint Michel, déclarée par Marie Desmazeaux, les héritiers de feu André Douinet ou Dorinet lui devant la même somme au même terme [pour la déclaration de Sébastien Rousseau, voir BV 214] - rente 5 s au chapitre sur les trois maisons, déclarée par le seul chapitre, qui signale qu'il est en procès depuis plus de vingt ans au sujet de cette rente.

BV 240, 241, 242 (120r-v), trois maisons attenantes, à Jean Rossignol, éperonnier, à Guillemine Pain, veuve Jean Delaroche, avec cour et jardin, où elle demeure, à Me Jean Sibillet, apothicaire, où il demeure. L'immeuble de Guillemine Pain, seule déclarante, touche, par derrière, aux maison et jardin de Me Jean Forgier de la rue Faideau (BV 18); c'est vraisemblablement la maison ancienne dite des Templiers; il doit : - cens 12 d au baron - rente 10 s, à la saint Michel, au sieur de Flins pour lequel il n'y a pas de déclaration. La maison de Jean Rossignol doit 12 s au chapelain de la chapelle St-Eutrope en l'église St-Léger [voir BV 217]. D'autre part, un appentis à Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec, non déclaré mais désigné en confrontations d'immeubles de la rue Faideau (BV 15, 17 et 18), semble situé au contact du groupe.

 Rue de Châtellerault - mal localisés

BV 243 (49v), maison et jardin appelé le Surchoux, à Léger Nourry; rue de Châtellerault; - cens 6 d au baron - rente 2 s au sieur de Beaumarchais qui ne la déclare pas (107v-109v).

BV 244 (53r), jardin à Jean Cornoueille; rue de Châtellerault; - 2 s 6 d, à la saint Michel, à Jean Rouzault, qui n'est pas désigné par ailleurs.

 Rue Pouzillard ouest - à partir de la rue de la Grande Ecole

BV 245 (126v-127r, 127v), maison avec jardin au dessous, à Françoise Belloncle, veuve Jean Dubois, menuisier, et messire René Coutant, prêtre, où demeure Françoise Belloncle; venelle descendant de la maison de Me Pierre Delafousse au puits Zillard; chemin ou venelle du puits Zillard à la maison de feu Jean Charet et de ladite maison au querrui du Boiceau; au puits Zillard; tenant au jardin suivant et à celui des hoirs feu Jacques Jolivet de leur maison de la rue de Châtellerault (BV 227); - rente foncière 7 s 6 d à Anne Prévost, veuve Michel Favereau, douairière de Béroute et de la Vau, à la saint Michel, partagée par moitié entre Françoise Belloncle et René Coutant, d'après ces derniers, mais déclarée en sa faveur par Renée Favereau, par donation de sa mère Anne Prévost; de plus Françoise Belloncle doit une rente de 5 s à René Coutant, à Noël.

BV 246 (44r, 48v, 89v, 105v), jardin, alias verger, à Me Pierre Delafousse, Jean Boursaud et Marguerite Royne; rue de la grand boucherie au querrui Saunereau, rue de la boucherie au querrui Saunereau, au dessous de la maison de Me Pierre Delafousse; - rente foncière 15 s à Louise Porcheron, à la saint Michel, ainsi répartie : Delafousse 4 s 6 d, Boursaud 8 s et Royne 2 s 6 d, qu'elle déclare au bénéfice des héritiers feu Darbert. Nous plaçons ici ce jardin, bien qu'il paraisse avoir son entrée dans la rue de la Grande Ecole, parce que c'est le seul article de la partie sud de cette rue, où aboutissent d'autre part des jardins dépendants de maisons de la rue Faideau. Il tient d'ailleurs par deux côtés à BV 245.

BV 247 (16r, 74v), jardin ou verger, à Me Jean Forgier; venelle descendant de la haute ville au puits Zillard, près le puits Zillard, tenant aux jardins de ses prises de la rue de Châtellerault est (BV 229-230) et au jardin de Pierre Mayaud dans la même rue (BV 228); rente 3 s 1 d au chapitre, partie de 4 s 2 d que le chapitre déclare aux noms de Gilles de Fontaine et Jacques Durand sur leur verger près le puits Zillard. Le complément, soit 13 d, est déclaré par Macé Delacroix sur BV 248.

BV 248 (57r), petit jardin à Macé Delacroix, au puits Zillard; - rente 13 d au chapitre. Pour la déclaration du chapitre, voir BV 247.

BV 249 (57r, 119r), petit jardin au même; près le puits Zillard, tenant au jardin précédent; - rente 2 s 6 d à Me Jean Bouinet d'après Macé Delacroix, déclarée à son profit par François Boinet, écuyer, seigneur de Fressinay, à la saint Michel.

 Rue Pouzillard est

BV 250 (88v), jardin à Colette Longier, veuve Jean Blouin; près le puits Zillard; - cens 2 d au baron.

BV 251 (101v), jardin à Me Nicolas Drouilhard; "de Puits Zillard", tenant au précédent, à la maison des Boursaud [à l'angle de la rue Faideau et de la rue Pouzillard, BV 33] et au jardin de la maison de Catherine Moine [dans la rue Faideau, BV 34]; - cens 1 d au baron, à la Toussaint.

 Cimetière de St-Léger

Sont réunis dans cette section les immeubles qui bordent le cimetière, au nord le long du chemin de l'église aux Châtelliers, et à l'ouest où ils constituent la façade du quartier des Châtelliers.

- au nord, du moulin à tan à la rue du Petit Pont

BV 252 (99v), moulin à tan, à Gilles Ferron; chemin de l'hôtel où pendent par enseigne les Trois Piliers à l'église St-Léger; - cens et rente foncière 4 l, au baron, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste.

BV 253 (79r, 86v), verger tenu à rente par Pierre Boyer de demoiselle Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec, fut à Me Antoine Estallard alias Stallard; ruisseau de la fontaine Tallebast au fleuve de Vienne, rue de l'hôtellerie des Trois Piliers à l'église St-Léger, près et devant le moulin à tan; - rente 2 s 6 d à messire Joseph Forgier, chapelain de la chapelle Notre-Dame à l'autel Notre-Dame en l'église St-Pierre - 2 s 6 d au chapitre, à la saint Michel. Il n'y a pas de déclaration pour les débiteurs. Le chapelain déclare sa rente au nom de Louise Porcheron et le chapitre la sienne au nom de Pierre Boyer. Un verger qui fut des Bruneau est signalé en confrontation; nous n'avons pu l'identifier.

BV 254 (34r, 115r), maison à Clémence Royne alias Roy, veuve Laurent Delamazière; cimetière de St-Léger; - 2 s 6 d à François Brissaud - 2 s 6 d au curé de St-Léger, le 12 mai. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St- Léger, signale qu'il a la charge de célébrer une messe et un libera, le tout en note, le dit 12e jour de mai. De plus Clémence Royne doit une rente de 5 s à Pierre Cousturier, pour appuyer ses "planches" [passerelle en bois sur le ruisseau] sur l'allée du dit Cousturier [rue Faideau sud, BV 67] (33v, 38r).

BV 255 (63v, 100r), maison et jardin qu'exploite Gilles Ferron, comme fermier de Jacques Lemaistre; près le cimetière de St-Léger; - rente foncière 6 s à Jacquette Barricot.

BV 256, grange à Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec, désignée en confrontation de l'article précédent, non déclarée par celle-ci (43v-44r).

Vers l'est, au contact de la grange de Louise Porcheron, sont les dépendances de l'hôtellerie de l'Ecu de France, qui sont situées au sud du ruisseau et atteignent le cimetière [voir BV 71].

- à l'ouest, en façade du quartier des Châtelliers

BV 257 (63v, 116r), maison et jardin à Jacquette Barricot, veuve Charles Delauzon, qui furent aux Vinet; près le cimetière de St-Léger; - rente foncière 5 s au chapitre, à la saint Michel, d'après Jacquette Barricot, mais cette somme est déclarée par messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger.

BV 258 (63v, 111v), appentis à la même; près le cimetière de St-Léger; - cens 7 d au baron, à la Toussaint - rente 3 s à Jacques Boitie, à la saint Michel.

BV 259 (70v, 116r), maison à Mathurin Maistre, où il demeure, avec jardin; cimetière de St-Léger; - cens 6 d au baron, à la Toussaint - rente foncière 15 s au curé de St-Léger, à la saint Michel - 4 s aux hoirs feu Me Jean Maurat, au même terme, déclarés seulement par Mathurin Maistre.

BV 260 (117r), maison à messire Jean Bin, prêtre, où il demeure, avec appentis et jardin par derrière; cimetière de St-Léger, la maison tenant à la cour du presbytère de St-Léger, le jardin et l'appentis aux jardins du même presbytère; - 15 s au curé de St-Léger, à la saint Michel : 10 s sur la maison pour un légat et 5 s de rente foncière sur le jardin et l'appentis. Déclaration par le seul messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger.

BV 261, maison, cour et jardins du presbytère de St-Léger, désignés en confrontation de BV 260 et 262.

 Quartier des Châtelliers

Les nombreuses confrontations des immeubles de ce quartier suggèrent un certain enchevêtrement. Ici il n'est pas possible d'effectuer des localisations précises. Aussi nous contentons-nous de dresser une liste des maisons et jardins dits "en Châtelliers" ou "es Châtelliers", en usant au mieux des indications de contiguïté ou proximité.

BV 262 (58v), maison et jardin à Simon Laurens et ses parsonniers; rue des Châtelliers; - 25 s au chapelain de la chapelle de l'aumônerie de la ville, non déclarés par le chapelain, Antoine Blai (102r-103r).

BV 263 (1v), maison à Lucas Daulphin, maréchal, qui fut à feu Thomas Blouin; au lieu appelé les Châtelliers; - cens 3 d au baron, à la Toussaint.

BV 264 (33r, 127v), maison et jardin, alias appentis et jardin, à Jacques Boicelle à cause de Jeanne alias Perrette Blouin, sa femme, autrefois à feu Gillet Min; en Châtelliers, es Châtelliers; - 17 s 6 d à demoiselle Anne Prévost, veuve Me Michel Favereau, à la saint Michel, d'après Jacques Boicelle, mais 17 s, au même terme, d'après Renée Favereau, qui signale cette rente parmi celles que sa mère Anne Prévost a délaissées à elle et à sa soeur.

BV 265, jardin à Gilles Ferron, désigné en confrontations de BV 263 et 264.

BV 266, maison et jardin aux hoirs feu Gabriel Girault, désignés en confrontations de BV 264 et 267.

BV 267 (44r, 115v), maison à Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec, où se tient Jean Rimpault; es Châtelliers, en Châtelliers, venelle ou chemin du cimetière de St-Léger au fleuve de Vienne; - rente foncière 2 s 6 d au curé de St- Léger à la saint Michel, déclarée par Me Pierre Delafousse en qualité de procureur de Louise Porcheron et par messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger.

BV 268-269 (43v, 89r), maisons, alias maisons et jardins, à Mathurin Letort alias Tort et Jacquette Deloigns, veuve Thomas Girault, où ils demeurent; es Châtelliers, rue des Châtelliers, rue de St-Léger à la rivière de Vienne, rue ou chemin du cimetière de St-Léger au fleuve de Vienne; - rente foncière 10 s à Louise Porcheron, à la saint Michel, savoir 6 s 8 d pour Jacquette Deloigns et 3 s 4 d pour Mathurin Letort.

BV 270 (5r, 77v), maison et jardin à messire Jacques Daulphin, prêtre; au lieu appelé les Châtelliers; - cens 4 d au baron, faisant la moitié de 8 d - rente 25 s au chapitre, faisant la moitié de 50 s, à Noël et à la saint Jean-Baptiste, d'après Jacques Daulphin. Le chapitre déclare globalement 50 s au nom de messire Jacques Daulphin et ses parsonniers sur "leur maison et verger appelé les Châtelliers", assis sur le fleuve de Vienne, à la charge par les sieurs de chapitre, de venir processionnellement chaque année, à la fête de sainte Catherine, en l'église St-Léger, pour dire et célébrer vigiles, trois messes en note et neuf en secret, avec le libera. La rente a été donnée par feu Me Jacques Serrinet. Les 25 s complémentaires sont dus sur BV 271 et 272.

BV 271 (73v, 77v), maison à Thomas Girault; aux Châtelliers; - 10 s au chapitre, faisant partie de 50 s; pour la déclaration du chapitre, voir BV 270.

BV 272 (54r, 71r, 77v, 116r), maison à Simon Négrier, avec jardin attenant, où réside Jamet Robin; es Châtelliers, rue des Châtelliers; - cens 4 d au baron, déclaré par Jamet Robin - rente 15 s au chapitre, à la saint Michel, déclarée par Jamet Robin et Simon Négrier - rente foncière 15 s au curé de St-Léger, à la saint Michel, déclarée seulement par Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, à la charge de Simon Négrier. Pour la déclaration du chapitre, voir BV 270. Les 4 d de cens doivent représenter la seconde moitié des 8 d de BV 270.

BV 273 (22v-23r, 128r), petit jardin à Gabriel Tiffailleau et Mathieu Audoyer et sa femme, qui fut à feu Jean Rabiard; aux Châtelliers, au lieu des Châtelliers, tenant au fleuve de Vienne; - 7 s 6 d au chapelain de la chapelle St-Jean en l'église St-Just - rente foncière 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, d'après Gabriel Tiffailleau, mais 6 s, au même terme, d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron. Messire Jean Yvonnet, chapelain de la chapelle de St-Jean-Baptiste en l'église St-Just, ne déclare pas cet article (17v) et Mathieu Audoyer n'intervient pas non plus (131v-132r).

BV 274 (101v, 115v-116r), maison et jardin; aux Châtelliers, aux Châtelliers de Bellin, rue des Châtelliers, paroisse St-Léger, tenant au fleuve de Vienne; - rente ou légat 25 s au curé de St-Léger, à la saint Michel, d'après Me Nicolas Drouilhard, de rente foncière à charge de Me Nicolas Drouilhard, d'après messire Cyprien Rabault. Dans sa déclaration, Drouilhard signale que la maison a été donnée depuis longtemps à messire André Guignard, prêtre, à la charge de dire chaque semaine une messe de requiem pour les trépassés.

BV 275 (57v), jardin appelé le "jardrin de Belin", à François Ferron; tenant à la rivière de Vienne; - 5 s à l'aumônier de la ville, d'après François Ferron, mais Antoine Blai, l'aumônier, ne déclare pas cet article (102r-103r).

 Rue du Marché nord - de la rue du Moulin St-Léger à la rue du Moulin St-Just

BV 276 (67v), jardin à Jacques Moutard, qui fut à feu Me Denis Boutillier; tenant à l'étang du moulin de St-Léger; - cens 13 d au prieur, déclaré par le seul prieur de St-Just.

BV 277 (68r), jardin à Pierre Mayaud; - 5 s au prieur de St-Just, seul déclarant.

BV 278 (60v, 68r), tannerie, maison et fondis, à Jean Pierre et ses cohéritiers; rue de l'église St-Just à l'église St-Léger, devant l'église St-Just, ruisseau de Vienne (sic); - cens 6 d au prieur de St-Just, dû par les hoirs feus Léger et Mathurin Ferron - rente 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, non déclarée par Renée Favereau, veuve François Porcheron (127r-131v).

BV 279 (68r, 101v, 112v, 126r), jardin dit des Servouze, à Jacques Boitie, Denis Laurandeau et Me Nicolas Drouilhard, en comparsonnerie; cimetière de St-Just, ruisseau du moulin de St-Just au moulin de St-Léger; - rente 20 s et 1 d au prieur de St-Just, à la Toussaint, d'après le procureur du prieur, les débiteurs déclarant chacun pour leur part : Boitie 11 s à Noël, Laurandeau 5 s, Drouilhard 2 s 6 d à la saint Michel, ce qui fait en tout 18 s 6 d. Le procureur du prieur déclare d'autre part une rente de 22 d, à la Toussaint, sur un petit jardin qui a également appartenu aux Servouze, touchant au jardin ci-dessus, "le ruisseau entre deux", aux noms de Denis Dupuys, Me Math. Doré et leurs parsonniers (68r). Aucun des susnommés ne déclare pour ce jardin (18v, 20v, 65r-66r).

BV 280 (67r), jardin appelé le Petit Perot, à Me Jacques Moutard, autrefois à Léger Moine; tenant à la maison du moulin de St-Just; - cens 12 d au prieur de St -Just, déclaré seulement par le procureur du prieur.

BV 281 (124r), grand jardin des Mesnagier, au même pour les 2/3; chemin du moulin de St-Just à St-Just, tenant à la maison et au jardin du moulin de St-Just; - rente 20 s à Jean Morault alias Mourault, écuyer, seigneur du Sault et de Boisclerbault, déclarée seulement par celui-ci.

BV 282 (68r, 112v), grand jardin à Jacques Boitie, tenant au cimetière de St-Just et au moulin de St-Just, derrière sa maison (BV 97), le ruisseau entre deux; - cens et rente 4 s au prieur de St-Just, à Noël, d'après Boitie, 4 s 6 d d'après le procureur du prieur.

BV 283 (67v), jardin à Me Jacques Moutard, qui fut à Savin Pouzeoux; joignant le cimetière de St-Just; - 2 s 6 d au prieur d'après le procureur de celui-ci, seul déclarant.

BV 284 (67v), étable au même, près le moulin de St-Just; - 3 s 9 s au prieur, déclarés seulement par le procureur de celui-ci.

 Rue du Marché nord - de la rue du Moulin St-Just à la rue du Berry

BV 285 (67r), jardin au même; - 15 d au prieur d'après le procureur de ce dernier. Jacques Moutard ne déclare que des rentes (4v, 8v-9r, 99r).

BV 286 (67r, 76r), grand jardin appelé Angommois, au même, procureur fiscal de Chauvigny, autrefois à feu Louis de Tongrelou; chemin de la Corne de Cerf à l'église St-Just; le ruisseau descendant des Barrières au moulin de St-Léger sépare ce jardin d'un fondis tenant à une maison du dit Moutard [rue du Berry, BV 104]; - cens 2 s 6 d au prieur de St-Just, pour le jardin - 7 s 6 d au chapitre pour le jardin et le fondis. Le chapitre signale qu'il est en procès avec Moutard, "qui dit n'en rien devoir".

BV 287 (21r, 68r), jardin et grange à François Remigeaud l'Aîné et son fils maître François Remigeaud le Jeune; chemin de la Corne de Cerf à l'église St-Just; par derrière : ruisseau descendant de la fontaine Tallebast au moulin de St-Just; - 10 s au prieur de St-Just, à la saint Michel, d'après les Remigeaud, mais cens 10 s 6 d, à la Toussaint, d'après le procureur du prieur.

Les quatre immeubles suivants, qui sont contigus, sont localisés de façon imprécise dans les déclarations, de sorte qu'on ne voit pas s'ils se situent au nord ou au sud du ruisseau. Nous avons opté pour le sud parce qu'ils sont dans la censive du prieur de St-Just et parce que c'est au sud que se trouve le plus grand espace pour aménager des jardins.

BV 288 (50r, 51v, 64r, 67v), maison à Me Louis Chaigneau, où il demeure, avec jardin; basse ville; - cens 12 d au prieur de St-Just - rente 10 s à messire Jacques Fournier, chevecier de St-Pierre, à la saint Michel - rente 1 bétuze de froment, mesure de la ville, à messire Blais Deshoullières, chapelain de la chapelle du St-Sépulcre en l'église St-Léger, à la saint Michel.

BV 289 (2v, 67r, 129r), maison à Jean Rouhault, sellier, où il se tient, avec jardin derrière; basse ville, ruisseau descendant du moulin des Barrières au moulin de St-Just; - cens 10 d au prieur de St-Just, d'après Rouhault - rente foncière 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à Noël, pour la maison, selon Rouhault, mais par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, pour la maison et le jardin, d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron. Le procureur du prieur déclare collectivement 10 d de cens aux noms de Me René Gilbon, Jean Rouhault, Thomas Aigron et Jean Giraudeau, sur "leurs maisons et jardins où ils résident, en ville". Thomas Aigron et René Gilbon déclarent respectivement 2 d et 4 d, sur les articles BV 290 et 291. Jean Giraudeau n'est pas nommé par ailleurs. Il est probable que Jean Rouhault est le chemier du groupe, parce qu'il déclare les 10 d de l'ensemble.

BV 290 (14v, 67r, 129r), maison à Thomas Aigron, pêcheur, où il demeure, avec jardin; - cens 2 d au prieur - rente foncière 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel.

BV 291 (52v, 67r), maison à Me René Gilbon, où il demeure; par le derrière : ruisseau de la fontaine Tallebast au moulin de St-Just; - cens 4 d au prieur.

Ici hiatus dans les confrontations; les deux immeubles suivants sont au bout de la rue.

BV 292 (67v), maison à messire Louis Pillot, prêtre, chanoine de St-Pierre, où il réside; en ville; - 2 d obole au prieur de St-Just. Il n'y a pas de déclaration pour Louis Pillot.

BV 293 (17v, 122r), petite maison à messire Jean Yvonnet, prêtre; paroisse St-Just, tenant à la maison de messire Louis Pillot et à celle de Marin Citois [rue du Berry, BV 115]; - cens 6 d et rente 5 s aux seigneurs d'Artiges, à la saint Michel, d'après Yvonnet, mais cens et rente 5 s, au même terme, d'après les seigneurs d'Artiges.

 Rue du Marché sud - des jardins du prieuré à la rue de la Paix

BV 294 (36r, 66v), jardin à Jeanne Rivareau ou Riverelle, veuve Jean Girard; rue de la Corne de Cerf à l'église St-Just, devant le puits du dit lieu de St-Just; - cens 4 d au prieur, à la saint Just.

BV 295 (64v, 67v, 93v), jardin aux hoirs feu Gilles Coutant; rue de la Corne de Cerf à l'église St-Just, ruisseau descendant de la Fontaine par derrière les jardins de St-Just, paroisse St-Just; - cens 7 d au prieur de St-Just, plus 2 d pour "une avance faite au dit jardin", déclaré par le procureur du prieur aux noms des hoirs feu Gilles Coutant et Louis Chaigneau - rente foncière 6 l, à la saint Michel, à Jacques et Pierre Mayaud qui déclarent à la charge des "hoirs feu Gilles Coutant, qui sont Joachin Coutant, maître Louis Chaigneau, Louis Mothois et Jean Gardemaud", pour cet article et une chènevière au Champ Balavoine (F 91). Des débiteurs, seul Louis Chaigneau déclare sa part : 3 d au prieur et 40 s à Jacques Mayaud, à la saint Michel, pour 1/3 du jardin et 1/3 de la chènevière.

BV 296 (67v), cellier et jardin à messire Louis Pillot, prêtre, chanoine de St-Pierre, et ses parsonniers; - cens 7 d au prieur de St-Just.

BV 297 (68r), jardin à Louise Porcheron, dame de la Sitière et de Prissec; - 6 d plus 2 d pour "une avance faite au dit jardin", au prieur de St-Just, déclarés seulement par le procureur du prieur.

BV 298, jardin de la cure de St-Just, désigné en confrontations de BV 296 et 297.

BV 299 (39r, 84v), maison à Louis et Madeleine Pillot; rue du logis de la Corne de Cerf à St-Just; - 13 s 4 d au curé de St-Just, à la saint Jean-Baptiste, d'après Jean Pichelon, tuteur et curateur de Louis et Madeleine Pillot, qui font partie d'une rente foncière de 60 s déclarée par le procureur du curé pour cet article et les maisons BV 136 et 137, de la rue de la Paix.

BV 300, maison de la cure de St-Just, appelée chapellenie de St-Just, désignée en confrontations de BV 299, de la maison de Marin Citois sise en face, à l'angle des rues du Berry et du Marché (BV 115) et des maisons voisines BV 136 et 137, de la rue de la Paix.

 Rue du Marché - non localisés

BV 301 (68r), "place" à François Remigeaud; - 2 s 9 d au prieur, déclarés seulement par le procureur du prieur.

BV 302 (67v), jardins à Marin Citois et Jean Dorin; en ville; - cens 6 d au prieur, déclaré seulement par messire Léger Ferron, procureur du prieur.

 Quartier des Barrières

Les immeubles de ce quartier sont presque tous dits "en Barrières" ou "es Barrières" mais leur localisation exacte présente de grandes difficultés à cause de l'imprécision des confrontations; en particulier, la désignation des voies est sommaire et peu claire. Aussi le classement qui suit n'est-il que provisoire. D'autre part, nous joignons à ce quartier la portion de la rue des Barrières en contact avec la rue du Berry, qui était alors hors "des Barrières".

 - de la rue du Berry au bas de la rue des Corderies, à gauche

BV 303 (35v, 40v, 116v), maison à Jean Béguier alias Biguier et sa femme, où ils demeurent, qui fut à feu Laurent Rat; basse ville, rue du four d'Harcourt à la grand rue du querreu (sic) à l'Aumônerie, près le four d'Harcourt, tenant à la maison de Jacques Vassou [rue du Berry, BV 130]; - rente 7 s 6 d à Jean Coutant, chirurgien, à la saint Michel - rente 3 s 4 d au curé de St-Léger, au même terme. Messire Cyprien Rabault, vicaire fermier de la cure de St-Léger, précise que les 3 s 4 d sont perçus à titre de rente ou légat et que les curés sont chargés de dire, tous les dimanches, un répons, versets et collectes des trépassés sur la sépulture des Rat. Me Martial Moutard, procureur des époux Béguier, ne déclare pas ce devoir.

BV 304 (97v), maison à André Cherbonnier, où il se tient; à l'endroit [en face] de la maison de feu Monsieur de St-James; - 7 d 6 d à Jean Coutant, chirurgien - 5 d au curé de St-Léger, pour aider Jean Béguier à payer les 3 s 4 d ci-dessus (BV 303) au dit curé. Jean Coutant ne déclare pas la rente de 7 s 6 d, qui doit porter sur les deux maisons contiguës, qui ont dû appartenir aux Rat.

BV 305, maison à André Chevallier, désignée en confrontations de BV 303 et 304.

BV 306, four d'Harcourt, séparé des maisons précédentes par l'entrée du jardin de Françoise de Tongrelou [situé derrière sa maison de la rue du Berry, BV 121].

BV 307 (3v, 61v, 64r, 97r), petit jardin à Bertrand Voix et Jacques Vassou, couturier; basse ville, rue du four d'Harcourt à la chapellenie des Eglises, rue de la chapellenie des Eglises au four d'Harcourt, devant la chapellenie des Eglises, tenant au four d'Harcourt, joignant au four d'Harcourt, joignant au four à ban du seigneur baron appelé le four d'Harcourt, joignant les murailles de la rue de la Ribauderie, tenant aux murailles du Donjon (sic); - cens 5 d au baron, déclaré par Bertrand Voix - rente 5 s à Me Louis Chaigneau, à la saint Marc, déclarée par Bertrand Voix, sur lesquels 5 s celui-ci récupère 2 s que lui verse Jacques Vassou - rente 12 d à Julien Maulay, sergent royal, et François Chevreul, déclarée par Bertrand Voix, et par les bénéficiaires au nom des héritiers feu Thomas Vergnault. Il est probable que c'est Bertrand Voix qui a hérité de feu Thomas Vergnault; il réside en effet dans une maison ayant appartenu à ce dernier (BV 114). Le jardin, situé en contre-bas de la rue de la Ribauderie, était contigu à un autre, non déclaré, où se trouvait le "puits de l'Age", qui est nommé à plusieurs reprises dans les localisations du quartier des Barrières.

- de la rue du Berry au bas de la rue des Corderies, à droite

BV 308 (29v-30r, 78r, 79r, 130v), grand maison appelée la maison des Allemands, avec appartenances de jardins, verger, chènevière, grange, aux hoirs feu Me François Porcheron, sieur de St-James; paroisse St-Léger; chemin de la maison du curé des Eglises de Chauvigny au carrefour et à la rue qui va à l'Aumônerie et au pont; rue de la maison de Pierre Guillemin aux Barrières; près le four d'Harcourt, "une petite cour entre deux"; ruisseau descendant des moulins des Barrières aux moulins de St-Just et de St-Léger;

- 20 s au chapitre, à la saint Michel d'après Renée Favereau, veuve François Porcheron, à la saint Jean-Baptiste d'après le chapitre, sur une maison tenant à la grand maison - 5 s au même chapitre, à la saint Michel, sur une chènevière "renfermée avec leurs jardins de leur grand maison" - rente foncière 20 s à François Cherpentier, chapelain de la chapelle de Feurtault à l'autel Notre-Dame en l'église St-Cybard de Poitiers, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste.

Le chapelain précise que sa rente est de la fondation de la dite chapelle; Renée Favereau ne déclare pas cette rente. Le chapitre mentionne que sa rente de 20 s est à la charge de dire et célébrer, par chacun an, vigiles, une messe et un libera, le tout en note, légué par feu messire Jean Relyot.

Cette propriété s'étendait entre les rues du Berry et des Barrières et le ruisseau du moulin bas.

- du moulin bas au moulin haut, le long du ruisseau

BV 309 (57r), maison à Jean Meingault, qui y demeure; en ville, joignant à la porte des Barrières et au moulin Millier, une venelle entre deux; - cens 2 d et rente 6 s au baron, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste.

BV 310 (20r-v), petite maison à Denis Dupuys et aux enfants de Julien Maulay et feue Jeanne Guinelle sa femme; es Barrières, tenant au moulin Millier; - cens 7 s au baron, à la saint Michel.

BV 311, tannerie à Louis Mothois alias Mouthois, qui fut à feu Pierre Guivereau, désignée en confrontations de BV 310, 312 et 313. Il n'y a pas de déclaration pour Louis Mothois.

BV 312 (56r, 77v, 129v), maison à Jean Barraud et sa femme Flaive Pasqueteau, qui s'y tiennent; es Barrières; - 10 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel - rente 20 s au chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste. Renée Favereau, veuve François Porcheron, déclare sa rente au nom de Jean Barraud au lieu de feu Jean Cherbonnier. Un fondis qui fut à feue Isabeau Chenolle est signalé en confrontation.

BV 313 (17r, 23r, 57r, 74r, 132r), maison à Jean Meingault dit Gouzat, qui fut à feu Jean Rabiard et aux Bessonnet; es Barrières; - cens 3 d au baron - rente foncière 25 s aux héritiers de feu Jean Rabiard, le 1er mai, soit 12 s 6 d à Gabriel Tiffailleau et 12 s 6 d à Mathieu Audoyer et Mathurine Rabiard sa femme - rente foncière 2 s à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée, et Laurent Delachaussée, à la saint Michel - rente 4 s au chapitre, pour la mense capitulaire, à la saint Jean-Baptiste. Le chapitre mentionne que les 4 s qui lui sont dus ont été distraits d'une rente de 12 s due autrefois par messire Jean Gaschard, prêtre, sur la maison où il demeure, et reportés sur la maison de Jean Rabiard que tient actuellement Jean Meingault. Voir à ce sujet le numéro suivant.

BV 314, maison en fondis à messire François Gaschard, prêtre, nommée en confrontations de BV 313 et 315. François Gaschard déclare seulement comme chapelain de la chapelle St-Eutrope en l'église St-Léger (72v-73r). Il a dû recevoir cet immeuble en héritage de messire Jean Gaschard, au nom duquel le chapitre déclare 8 s de rente, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, pour la mense capitulaire, après déduction de 4 s reportés sur la maison de Jean Rabiard tenue actuellement par Jean Meingault (BV 313) (74r). Les listes du chapitre ne sont pas à jour car messire Jean Gaschard est présenté comme décédé en confrontation de cet article. Une autre maison à "feu messire Jean Gaschard" est également en fondis, rue de Châtellerault est (confrontation de BV 231).

BV 315 (118v), maison à messire Mathurin Bouchet, prêtre, chapelain de la chapelle St-Michel du grand château, autrefois à messire Sauvestre Millon, prêtre; "des Barrières"; - cens 1 d au baron, à la Toussaint.

BV 316 (9r, 109r), maison à Jacques Chilion alias Eschilion, tisserand, qui y demeure; es Barrières; - 7 s 6 d à René Pignonneau, sieur de Beaumarchais, à Noël.

BV 317 (9r, 18r, 29v), maison au même; es Barrières; par le devant : rue des Barrières par laquelle on monte à l'échelle de pierre, au château, rue par où l'on va de l'usset à l'échelle de pierre; par le dessous : cour et logis des Ferron; - rente foncière 7 s 6 d à Me Martial Moutard, à la saint Jean-Baptiste - rente foncière 7 s 6 d à sire Pierre Mayaud, au même terme, ce dernier mentionnant que sa rente est la moitié d'une rente de 15 s dont l'autre moitié est due à Me Martial Moutard.

BV 318 (63v, 98v), maison à Hilaire et Raymond Verdon, autrefois à feu Vincent Verdon; es Barrières, au querreu des Barrières, tenant à l'étang du seigneur baron; - cens 3 s 4 d au baron - rente foncière 10 s aux héritiers de feu Jacques Ferron, qui font partie de 20 s dus pour cet article et une "closure" appelée la Grondine. Le cens est déclaré par Raymond et la rente par Hilaire. Celle-ci est déclarée à leur profit par François Ferron et maître Guy Begaud, greffier de la baronnie, à cause de sa femme (98v).

BV 319 (7v, 108v), maison à Micheau Jolivet; es Barrières, tenant au moulin de Rochereul, une allée entre deux, tenant à l'étang de l'évêque; - cens 4 d au baron - 5 s et 1 chapon à René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais, à la Toussaint.

BV 320 (90r), maison à François Chevreul, qui y demeure; rue publique de l'étang des Barrières à la porte Neuve; - 2 d obole au baron, le jour des défunts.

BV 321 (2v, 10v), maison à Gilles Poisbeau, où il se tient; es Barrières, au lieu des Barrières; - cens 2 d au baron - 15 s à Michelle Doreau ou Doleau, veuve Pierre Gilbon, à la saint Michel.

BV 322 (81v, 98r, 124r), maison et fondis attenant, à Jean Chevreul et aux enfants mineurs de feu Laurent Chevreul son frère; a été à feu messire François Cherfoulot ou Chafrelot; es Barrières, rue de l'étang à la porte Neuve, rue par laquelle on va d'un moulin à l'autre des Barrières; par derrière : petit étang des Barrières; - cens 10 d au baron, à la Toussaint - rente 27 s 6 d au chapitre - rente 1 bétuze de froment à Jean Morault alias Mourault, écuyer, seigneur du Sault et de Boisclerbault, à la saint Michel. Le chapitre déclare sa rente au nom de François Chevreul et mentionne qu'elle a été donnée par Me Etienne Chevreul l'Aîné, à charge de dire et célébrer, chaque année, le 19 novembre, vigiles, messe et libera, le tout en note. La rente en froment n'est pas déclarée par Jean Chevreul. Jean Morault déclare à la suite une autre rente, de deux boicellots de froment, à la saint Michel, au noms des hoirs feu Just Picard, sur une maison tenant à celle de Jean Chevreul. Les confrontations ne mentionnent pas les hoirs feu Just Picard.

BV 323 (57v, 90r, 93r), maison appelée la Seigneurie, à Mathurin Ferron, qui y demeure; es Barrières, séparée de la maison de Jean Chevreul (BV 322) par une venelle commune; - cens 2 d au baron, à Noël - 15 s à Françoise Brissaud, femme de Jean Meingault, à la saint Michel - 5 s à François Chevreul, à la saint Michel d'après celui-ci, à Noël d'après Mathurin Ferron.

BV 324 (90r, 94v), maison à messire Jean d'Arsay, prêtre, qui y demeure; es Barrières, ruisseau descendant du moulin de Rochereou au moulin Millier; - cens 2 d au baron, à la Toussaint - rente 4 s aux héritiers de feu messire Jean de Cherchoirie, prêtre, à la Toussaint d'après Jean d'Arsay, même somme déclarée en sa faveur par François Chevreul.

BV 325, 326, 327 (36r, 59r, 64v, 77v), trois maisons contiguës, respectivement à Léger Rousseau (avec tannerie), Jeanne Rivareau ou Riverelle, veuve Jean Girard (avec tannerie) et Martin Carruault; es Barrières, par derrière : le ruisseau; - cens 1 d au baron, déclaré par Martin Carruault - rente foncière 35 s au chapitre sur l'ensemble : 17 s 6 d pour Léger Rousseau, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, 8 s 9 d pour Jeanne Riverelle, à la saint Jean-Baptiste, et 8 s 9 d pour Martin Carruault, au même terme.

- entre la rue des Barrières et la rue des Trois Rois

L'imprécision des confrontations rend impossible toute localisation quelque peu précise dans ce secteur, où les voies sont désignées selon la fantaisie des déclarants. Il est notamment question d'une échelle de pierre, qui doit être un escalier, mais est-ce la venelle plus ou moins aménagée en escalier qui descend au carroir du four d'Harcourt ou l'escalier situé à l'autre extrémité de l'impasse des Barrières?

BV 328 (77r, 97r), maison à Mathurin Maillaud; es Barrières, joignant la porte Neuve du lieu des Barrières; - rente foncière 10 s au chapitre, moitié à Noël et moitié à la saint Jean, d'après Mathurin Maillaud. Le chapitre déclare une rente de 22 s 6 d, aux noms des hoirs feu André Rouhault et Jean Ragain le Jeune, sur "leurs maisons joignant ensemble", es Barrières, près la porte Neuve, à la charge de dire et célébrer, par chacun an, vigiles, une messe et libera, le tout en note, la rente ayant été donnée et léguée par feu Nicolas Daviau. C'est Jean Ragain l'Aîné qui déclare le complément, soit 12 s 6 d, sur la maison voisine, BV 329.

BV 329 (77r, 106r), maison à Jean Ragain l'Aîné; es Barrières, chemin ou rue du Marché de Chauvigny au moulin Millier, tenant de trois côtés à la maison de feu André Rouhault; - rente 12 s 6 d au chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste. Voir BV 328.

BV 330 (97r-v, 126r), maison à Mathurin Maillaud; d'une part chemin par lequel l'on va au puits de l'Age [impasse des Barrières], d'autre part ruette descendant du château au moulin Millier, tenant à l'autre maison de Mathurin Maillaud (BV 328); - 60 s aux héritiers de feu Me André Blanchard, moitié à la Notre-Dame de la Chandeleur, moitié à la Toussaint, d'après Mathurin Maillaud.

Geneviève Violette, veuve André Blanchard, déclare globalement 65 s de rente foncière, aux mêmes termes, aux noms de Antoine Cleret et Jean Mouton, par moitié, sur deux maisons "appelées les Barrières", l'une appelée la Salle, qui fut de feu Me Jean Mayaud, et l'autre appelée la Grand Maison, tenant à la rue par laquelle l'on descend de la maison de Jacques Pelloquin [inconnue] au moulin Millier et à la maison de feu Me Pierre Guivereau (BV 311). Les 5 s complémentaires sont déclarés par Mathurin Mouton sur BV 331.

BV 331 (72r, 126r), maison à Mathurin Mouton; es Barrières, venelle pour aller au moulin Millier - 5 s aux héritiers de feu Me André Blanchard, à la Toussaint, d'après Mathurin Mouton. Pour cette rente, voir BV 330.

BV 332 (106v), maison à Jean Ragain le Jeune; es Barrières, en face de la maison où se tiennent Jean Barraud et sa femme Flaive Pasqueteau (BV 312), "le chemin entre deux"; - rente 3 s 9 d à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée, à la saint Michel, qui ne la déclare pas (16r-17r).

BV 333 (3r-v), maison à André Ballasson; es Barrières; - rente foncière 20 s au chapelain de l'autel de Ste-Catherine en l'église de St-Pierre-les-Eglises, à la Toussaint. Ce chapelain n'est pas désigné par ailleurs.

BV 334 (69v, 97r), maison à Jacques Bouthet où il demeure; es Barrières, rue de l'étang à la porte Neuve; - cens ou rente 2 d au sieur de la Salle d'Archigny - rente 5 s à François Ferron. Il n'y a pas de déclaration pour le sieur de la Salle d'Archigny.

BV 335, maison au sieur de la Salle d'Archigny, désignée en confrontations de BV 334 et 336.

BV 336 (27r), maison à Louis Caillon, charpentier; es Barrières, rue du lieu des Barrières au château; - rente foncière 6 s au sieur de la Salle d'Archigny, à la saint Michel.

BV 337 (9r), maison à Jacques Chilion; aux Barrières, chemin de l'échelle de pierre à l'étang; - cens 6 s 3 d au sieur de la Salle d'Archigny, à la saint Michel.

Hiatus dans les confrontations

BV 338 (81r, 106v), maison à Jean Ragain le Jeune; es Barrières; - rente 5 s au chapitre, à la Toussaint, pour un légat de feu messire François Chafrelot alias Chafourlot - 2 s 6 d aux héritiers de ce prêtre, à la Toussaint, d'après Jean Ragain seulement. Le chapitre déclare sa rente au nom de Jean Ragain l'Aîné sur la maison où il réside.

BV 339 (3r, 4r), maison à Léger Maupeoux, où il se tient; es Barrières; - rente foncière 37 s à Louis Tillier, à la saint Michel.

BV 340, maison à Mathurin Jallais, désignée en confrontations de BV 339 et 341.

BV 341 (36r, 110r), maison à Roch Bouthet, qui y demeure; es Barrières; - rente 10 s à Me Mathurin Bouchet, prêtre, chapelain de la chapelle St-Maurice en la chapelle St-Maurice des Eglises (sic) - rente 12 s 6 d à la veuve et aux héritiers de François Maurat, à la Toussaint, d'après Roch Bouthet, mais 12 s à la saint Michel, d'après Adrienne Boitie, veuve François Maurat. Il n'y a pas de déclaration pour la chapelle.

BV 342, maison à Me Jacques Moutard, désignée en confrontations de BV 341 et 343.

BV 343 (28r, 109r), fondis à Jean Maupeoux; au lieu des Barrières, chemin des Barrières au château, tenant au château, une ruette entre deux; - rente 5 s au sieur de Beaumarchais, à la saint Michel, d'après Jean Maupeoux, à la Toussaint d'après René Pignonneau.

BV 344 (51v, 106v), maison à Jean Ragain le Jeune; es Barrières; - rente 17 s 6 d au chevecier de St-Pierre, à la saint Michel, déclarée d'autre part par Jacques Fournier, chevecier, au nom de Jean Ragain l'Aîné sur la maison où il réside.

BV 345 (91r), maison à Jean Delaroche dit de l'Age, où il se tient, avec appartenances où il fait son huilerie; es Barrières; - 7 s au baron - 20 s aux héritiers de Jacques Mayaud, à la Nativité de saint Jean-Baptiste, d'après Jean Delaroche. D'autre part, Adrienne Boitie, veuve François Maurat, déclare en sa faveur une rente de 10 s, à la saint Michel, au nom de Jean Delaroche dit de l'Age, sur cette maison, semble-t-il (110r).

BV 346 (77r, 90r), maison qui fut à feu Guillaume Durys, d'après François Chevreul et le chapitre; es Barrières, rue du puits de l'Age à l'échelle de pierre; - 7 s 6 d à François Chevreul - 3 s au chapitre. François Chevreul déclare sa rente au nom de Jean Ragain l'Aîné qui ne mentionne pas ce devoir et le chapitre la sienne au nom des hoirs feu Pierre Caillaud au lieu de feu Guillaume Durys, qui sont inconnus.

Nouveau hiatus dans les confrontations

BV 347 (84v, 96v), maison à Denis Trillonnier alias Couilhonnier, où il se tient; es Barrières; - cens 1 d au baron, à la Toussaint - rente 7 s 6 d au curé de St-Just, à la saint Michel, pour un légat d'après le procureur du curé.

BV 348 (57v, 76v, 98r), maison à Jean Meingault à cause de sa femme Françoise Brissaud; es Barrières, rue de l'étang à l'échelle de pierre; - cens 3 d au baron - rente 6 s au chapitre - rente 10 s aux enfants de François Chevreul. Pour la déclaration du chapitre, voir BV 349.

BV 349 (19v, 76v), maison à Jacques Charet à cause de sa femme Jeanne Chacheugne; es Barrières; - 4 s au chapitre, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste. Le chapitre déclare collectivement 10 s aux noms de Jean Meingault et Françoise Brissaud, Jacques Charet et Jeanne Chacheugne, leurs femmes et à cause d'elles, sur leurs maisons "joignant ensemble".

BV 350 (7r), maison à messire Guillaume Forgier, à lui donnée par Georgette Porcheron; es Barrières; - rente foncière 12 s au sieur de Flins, par moitié à Noël et à la saint Jean-Baptiste, pour lequel il n'y a pas de déclaration.

- entre la rue des Barrières et le chemin de la Fontaine, à gauche

BV 351 (19v, 53r), maison avec verger attenant, à Pierre Meignen, couvreur, à cause de sa femme Jeanne Delauzon, où il se tient; es Barrières, près le grand château; - rente foncière 20 s à Jacques Charet, à Noël.

BV 352 (26r-v, 77r), maison à André Delavau à cause de sa femme Perrette Delauzon, où il se tient; es Barrières; - rente 60 s aux hoirs feu Me François Porcheron, à la saint Michel, non déclarée par Renée Favereau, veuve François Porcheron (127r-131v) - rente 10 s au chapitre, à la saint Jean-Baptiste.

BV 353 (28r, 124v), maison à Jean Maupeoux, qui y demeure; es Barrières, rue publique des Barrières à la Clouterie, chemin des Barrières à la forêt de Mareuille, près la porte Coppin; - cens et rente foncière 25 s et 1 poule, à Noël, à la veuve François Maurat comme tutrice de ses enfants et à Joachin Maurat, d'après Jean Maupeoux, mais rente foncière 20 s et 1 poule, au même terme, d'après Joachin Maurat déclarant pour lui, les enfants mineurs de feu François Maurat, Jean d'Asnières à cause de ses enfants, et Pierre Barbier, demeurant à Adriers, à cause de sa femme Hilaire Maurat.

BV 354 (38r-v, 78v), maison à Gilles alias Giret Meignen, dit Sanglier, qui fut à Denis Coulhonnier; es Barrières; - cens 5 s 1 d au baron, à la Toussaint - rente 7 s 6 d au chapitre, à Noël, d'après Gilles Meignen, mais 3 s 9 d, à la saint Michel, d'après le chapitre, qui déclare une autre rente de 3 s 9 d, à la saint Michel, au nom de Gilles de Champeignac (75r).

BV 355 (11v-12r, 81r, 112r), maison à Louis Loreau, où il demeure, avec jardin attenant; es Barrières, près le four de l'évêque, tenant au four à ban des Barrières; - 12 d au baron, à la Toussaint - rente 12 s 6 d, à Noël, à sire Jacques Boitie - rente 10 s au chapitre à la saint Martial, d'après Louis Loreau, à la saint Mathias d'après le chapitre. Jacques Boitie est en procès avec Math. Bouthet et Sauvage Tricoche au sujet de sa rente.

BV 356 (71v, 76v, 112r), maison à Hiérosme Crespin qui y demeure; es Barrières, tenant au four des Barrières, au four de Monsieur; - rente 4 s au chapitre, à Noël - rente 10 s à Jacques Boitie, à la saint Michel. Le chapitre déclare globalement 8 s pour cet article et BV 357.

BV 357 (45v, 63v, 76v, 81r), maison à Raymond Verdon où il demeure; es Barrières, rue du grand étang des Barrières à la porte Coppin, grand chemin de la ville à la fontaine Tallebast; - cens 2 s 6 d au baron - rente 24 s au chapitre, d'après Raymond Verdon - rente 4 s, à la saint Michel, à Perrette Loreau, femme de Pierre Courtois, non déclarée par Verdon. Le chapitre mentionne 20 s sur cette maison (81r) et 8 s sur BV 356 et 357 (76v), soit en tout 28 s pour les deux maisons.

BV 358, four des Barrières, désigné en confrontations de BV 355, 356 ci-dessus et BV 360 ci-dessous.

- du grand étang à la porte Coppin, à droite

BV 359 (98v), maison et jardin à Geoffroy Archambault à cause de sa femme Flaive Chevreul; aux Barrières, chemin de la porte Neuve à la porte Coppin - cens 3 d au sieur de la Talbâtière, à la Toussaint, non déclaré par Renée Favereau - rente foncière 7 s 6 d à Pierre Louhé demeurant à Poitiers, pour qui il n'existe pas de déclaration. La déclaration pour Geoffroy Archambault est faite par son procureur Jacques Chevreul.

BV 360 (25v, 83v-84r), petite maison à Jean Pasqueteau; en Barrières; grand rue du moulin des Barrières à la Clouterie; chemin du lieu des Barrières à St-Pierre; tenant au four des Barrières, au four de Monsieur de Poitiers appelé le four des Barrières, le chemin entre deux; - cens 3 s au baron, à la Toussaint - rente 5 s aux chantre et chanoines de St-Pierre comme curés de l'église paroissiale de St-Pierre des Eglises lez Chauvigny, non déclarée par Pasqueteau. Le chantre et les chanoines signalent que la rente a été autrefois léguée par les prédécesseurs de Jean Pasqueteau, à la charge de dire, chaque dimanche de l'an, un ne recorderis devant le grand autel de l'église St-Pierre des Eglises.

BV 361 (109v), maisons et jardin; au lieu des Barrières, rue des Barrières à la porte Coppin, tenant au fenil de l'évêque et à l'étang de l'évêque; - devoir noble 30 s à la Toussaint, à René Pignonneau, écuyer, sieur de Beaumarchais, seul déclarant, qui indique qu'il tient ces immeubles noblement et par hommage de Monseigneur l'évêque de Poitiers, à cause de sa baronnie de Chauvigny, au devoir de 5 sols seulement, à muance de seigneur et d'homme, et qui ajoute : "le tout sans préjudice des arrérages précédents ou prendre les choses par puissance de fief". Il déclare la rente aux noms de Jeanne Brissaude et François Delaporte, "en lieu de Giret Chevreul tous tenanciers".

BV 362 (61r, 79v), maison et jardin à François Blouin, fils de feu Mathurin Blouin et de Jeanne (sic); es Barrières; - cens 6 d au baron - rente 12 s 6 d au chapitre, à la saint Michel. La déclaration pour François Blouin est faite par son curateur, Bertrand Blouin. Le chapitre déclare sa rente, au terme de Noël, au nom de Julien Maulay, sergent royal, indique que l'immeuble fut à Me Etienne Chevreul et que la rente a été donnée et léguée par feu Me Jean de Cherchoirie, avec d'autres devoirs, à la charge de dire et célébrer, chaque année, vigiles, messe et libera des trépassés, le tout en note [sans mention de date].

BV 363 (7r), maison à messire Guillaume Forgier, prêtre, chanoine de St-Pierre, où il se tient; es Barrières; - cens 2 s 1 d au baron.

BV 364 (16v), petite maison à Guillemette Sarrazin, veuve Pierre Delachaussée, et messire Laurent Delachaussée, prêtre; es Barrières, tenant au fenil du seigneur baron; - cens et rente 15 s au baron, à la Toussaint.

BV 365, maison à Guillaume Barraud ou Baruaud, non déclarée mais désignée en confrontations par trois déclarants pour BV 367.

BV 366, fenil de l'évêque, désigné en confrontations de BV 361, 364 et 367.

BV 367 (53v, 84v, 90r), petite maison à Pierre Meignen, couvreur, dit Sanglier; es Barrières, tenant au fenil de Monseigneur, à la maison de Monsieur de Poitiers; - rente foncière 2 s au curé de St-Just, à la saint Michel, d'après Pierre Meignen, mais 10 s d'après le procureur du curé - rente foncière 5 s à François Chevreul, à la saint Michel.

BV 368 (89v-90r, 132r), maison appelée la Menotterie, à Catherine Billaud, veuve Louis Robin; es Barr